Economie

Isabelle Ferreras : "Le néolibéralisme nous prive de solutions face aux dérives du capitalisme"

Déclic - Le Tournant

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Dans le 4ème épisode du PODCAST " Déclic – le Tournant ", nous nous intéressons au néolibéralisme. A l’heure où de nombreux gouvernements dénoncent les dérives du marché énergétique, certains se demandent si le néolibéralisme tel qu’incarné politiquement depuis les années 80 n’est pas en train de mourir. Nous avons notamment posé cette question à la professeure en sociologie du travail à l’UCLouvain, Isabelle Ferreras.

Pour la chercheuse, qui s’intéresse depuis très longtemps à ces questions, "Si aujourd’hui nous avons une économie qui épuise les ressources et les humains, ce n’est pas à cause du néolibéralisme, mais le néolibéralisme a accentué le problème parce qu’il nous prive de capacité d’agir face à ces dérives."

Certains se demandent si le néolibéralisme tel qu’incarné politiquement depuis les années 80 n’est pas en train de mourir. Nous avons notamment posé cette question à la professeure en sociologie du travail à l’UCLouvain, Isabelle Ferreras.
Certains se demandent si le néolibéralisme tel qu’incarné politiquement depuis les années 80 n’est pas en train de mourir. Nous avons notamment posé cette question à la professeure en sociologie du travail à l’UCLouvain, Isabelle Ferreras. RTBF

Isabelle Ferreras développe son raisonnement : "Le problème c’est que nous sommes dans un modèle de développement que je qualifierais d’extractif, au sens très large du terme. Au sens premier, lorsque nous allons chercher, dans le sol, des ressources comme le charbon ou le pétrole… mais le capitalisme fait la même chose avec l’humain : tirer le maximum de ressource, d’énergie, de moyens pour les tirer à son propre profit. De ce point de vue-là, pour moi, l’institution phare du capitalisme ce n’est pas le marché, c’est la 'société anonyme'. C’est-à-dire la construction d’une institution qui permet à certains d’aller chercher les ressources d’autrui pour pouvoir s’approprier des profits qui sont construit au départ des travailleurs et de la planète."

Pour celle qui est aussi l’actuelle présidente de l’Académie Royale de Belgique, "face à cela, il faudrait que nous puissions agir, en tant que citoyens, en tant qu’État ! Or le néolibéralisme a pris le chemin, lui, de donner plus de place au marché en réduisant la possibilité pour l’État de s’emparer des enjeux communs. Donc le néolibéralisme nous prive de solutions et en cela, il fait partie, pour moi, du problème."

Retrouvez toute l’interview d’Isabelle Ferreras mais aussi les regards croisés de Bertrand Henne (RTBF), de l’économiste Bruno Colmant, et de Kenneth Bertrams (professeur d’histoire de l’économie à l’ULB) dans ce nouveau numéro du PODCAST hebdomadaire " Déclic – Le Tournant ". Bonne écoute !

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