Retour aux sources

Israël et la Terre Promise dans Les coulisses de l'Histoire

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Elodie De Selys revient sur la question de la Terre promise, un état indépendant où les Juifs pourraient enfin être chez eux. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, parmi les mille et un problèmes que les Alliés vainqueurs doivent résoudre, celui du destin des Juifs ayant survécu à l’Holocauste se pose avec acuité. Entassés dans les camps de personnes déplacées disséminés en Allemagne, près de 70 000 rescapés refusent de retourner dans leur pays d’origine et sont en quête d’une terre d’asile pour refaire leur vie.

 

"Israël Merci Moscou (Les coulisses de l'Histoire)" à voir dans "Retour aux sources" le samedi 24 septembre à 22h35 sur la Trois. 

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Fonder un état indépendant où les Juifs pourraient enfin être chez eux.

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Mise en sommeil durant le conflit, la question de la création d’un État juif en Palestine revient sur le devant de la scène. À la tête du mouvement sioniste, David Ben Gourion, saisit l’opportunité. Devant l’opinion mondiale, il réclame à grand cris que les survivants puissent librement émigrer en Terre Promise ou quelques 500 000 de leurs coreligionnaires comptent sur leur arrivée pour donner du crédit à la nécessité de fonder un état indépendant où les Juifs pourraient enfin être chez eux. C’est sans compter l’opposition farouche de la puissance anglaise qui gouverne alors le territoire palestinien. Soucieux de préserver leurs intérêts dans la région et de se concilier l’amitié des pays arabes, les Britanniques y exercent une politique migratoire drastique. Une posture qui indispose peu à peu les Américains qui supportent quasiment seuls le poids de la gestion des camps de personnes déplacées ; aussi, les relations entre les deux Alliés de toujours s’enveniment.

Profitant de ce climat de tensions, Moscou entre alors dans la partie pour mettre de l’huile sur le feu. Contre toute attente, bien qu’ayant persécuté depuis toujours les sionistes de son pays, Staline favorise le projet de Ben Gourion en permettant aux centaines de milliers de Juifs d’Europe centrale de franchir les frontières de l’Allemagne afin d’aiguiser le problème en submergeant les camps de déplacés. Lâchés par les Américains, croulant sous un afflux d’immigrants clandestins et confrontée à une campagne d’attentats terroristes meurtriers, l’Angleterre jette l’éponge et fini par s’en remettre à l’ONU pour trouver une solution. Staline qui ambitionne secrètement d’expulser l’Angleterre de son bastion du Moyen-Orient pour y prendre sa place, s’oriente dès lors dans un soutien sans faille aux sionistes. Forte de son influence sur les pays frères, elle pèse d’un poids considérable sur le vote qui partage la Palestine en deux états indépendants, l’un juif et l’autre arabe. Mais à peine né, le jeune État hébreu est confronté à la guerre sans merci que lui livrent les états arabes qui l’entourent. Là encore, c’est Moscou qui lui apporte une aide décisive, notamment par le biais des armes que la Tchécoslovaquie livre à Israël sur injonction du Kremlin. Un arsenal qui permet aux Juifs de triompher sur leurs assaillants et d’assurer leur indépendance dans un territoire en grande partie débarrassée de sa composante arabe, dont Moscou toujours fidèle, s’opposera au retour.

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