Retour aux sources

Israël, merci Moscou… La Belgique connaîtra certains problèmes suite à la naissance de l’État juif

29 novembre 1947, Tel Aviv, Palestine : le peuple juif célèbre la partition de la Palestine donnant naissance à Israël.

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Lors des deux soirées du premier week-end de septembre, " Retour aux sources " diffusait les épisodes du documentaire " Munich 1972 : les jeux de la terreur ". Ce samedi 24 septembre, avec " Israël, merci Moscou ", Élodie de Sélys se penche sur l’implication de l’URSS dans le processus de création de l’État juif.

Les 74 années d’existence d’Israël sont loin d’être un long fleuve tranquille. Il est vrai que sa naissance est due à la partition de la Palestine en deux états, l’un arabe, l’autre juif. Le plan est voté par l’ONU le 29 novembre 1947, la guerre civile entre les deux populations éclate le lendemain ; de son côté, la Grande-Bretagne, contrôlant la Palestine depuis 1917, se retire…

8 et 9 mai 1972 : détournement du vol 571 de la Sabena.

Parmi les problèmes rencontrés par Israël, il y a la création de " Septembre noir ", en 1970. C’est ce groupe terroriste palestinien qui prendra en otages les athlètes israéliens et les assassinera, lors des Jeux olympiques de 1972… Mais qui se souvient que quelques mois plus tôt, des individus émanant de ce même groupe détournaient le vol 571 de la Sabena, entre Vienne à Tel Aviv ?

Le Boeing 707 de la Sabena, victime du détournement de 1972…
Le Boeing 707 de la Sabena, victime du détournement de 1972… © Tous droits réservés.

Ce lundi 8 mai 1972, le Boeing 707 de la Sabena décolle de l’aéroport de Vienne-Schwechat pour rallier Tel-Aviv-Lod. Dix personnes constituent l’équipage de bord : les hôtesses Nicole Decraene, Alice Hahergel, Monique Leroy et Edith Willems ; les stewards sont François Van der Veken – le chef de cabine – et Hubert Van Reckem. Deux techniciens font partie du voyage : Camille D’Hulster, exceptionnellement accompagné de Georges Tacquin qui doit effectuer des contrôles. Le 1er officier se nomme Jean-Pierre Herinckx, l’équipage étant sous le commandement de Reginald Levy qui fête ce jour-là ses 50 ans, raison pour laquelle son épouse Dora se trouve dans les passagers, afin de fêter ce jubilé à Tel-Aviv.

Passagers et équipage sont loin d’imaginer que, parmi eux, se trouvent quatre terroristes de Septembre noir : deux hommes, Abed al-Aziz Atrash, Ahmed Awad, et deux femmes, Theresa Khalsa et Rima Tannous. Ils ont réussi à embarquer beaucoup d’armes : révolvers en pièces détachées, grenades à main, ceinture d’explosifs et deux sacs cachant des charges explosives !

Alors que l’appareil survole Sarajevo, un terroriste entre dans la cabine de pilotage et signale qu’il prend le contrôle tandis que les trois autres maîtrisent les passagers et le reste de l’équipage. Peu de temps après, c’est Herinckx qui signale à Tel-Aviv que l’avion est détourné. L’équipage demeure dès lors en contact avec la tour de contrôle de l’aéroport de Lod, aujourd’hui connu sous le nom de Ben Gurion

C’est sur la piste 33 de l’aéroport, situé à quelques kilomètres à l’est de Tel-Aviv, que l’avion se pose. Entretemps, le ministre israélien de la défense, Moshe Dayan, a pris la tête d’une cellule de crise, installée dans la tour de contrôle. Dayan sera en contact permanent, tant avec les Palestiniens que Golda Meir, Premier ministre.

Le groupe terroriste revendique la libération de 317 camarades emprisonnés non loin de Tel-Aviv. À défaut de voir leurs demandes rencontrées, ils feront exploser l’appareil… À bord, Levy et Herinckx proposeront au chef des pirates de l’air de transmettre, par radio, le nom des prisonniers demandés, ce qui sera fait par Tacquin qui, ayant vécu au Maroc, possédait l’indispensable accent arabe.

Vers midi, Reginald Levy propose de se faire le porte-parole des terroristes. Il est autorisé à descendre, emportant un spécimen des explosifs se trouvant à bord, afin de prouver la crédibilité des risques courus par les passagers du Boeing.

Une fois mis à l’écart de l’aéroport, pour éviter que l’appareil ne redécolle, les pneus de l’avion avaient été dégonflés et le liquide des freins vidangé. Moshe Dayan promettra au commandant de faire réparer les trains d’atterrissage tout en faisant acheminer les prisonniers revendiqués et mettre en place un avion pour les embarquer… ce qu’il ne comptait absolument pas laisser faire !

Les pirates de l’air accepteront les propositions ramenées par Levy. Dix-huit techniciens, en combinaisons blanches, seront donc envoyés. Les fedayin demanderont à Levy et Tacquin de fouiller les hommes pour être certains qu’ils n’étaient pas armés… parmi eux se trouvent des futurs ministres et Premier ministre d’Israël : Benjamin Netanyahu et Ehud Barak, qui commande le commando. Malgré les révolvers cachés sous les combinaisons, les terroristes ne se rendront pas compte qu’il s’agit de militaires…

À l’issue de la prise d’otages, le Président israélien Zalman Shazar félicitant Benjamin Netanyahu.
À l’issue de la prise d’otages, le Président israélien Zalman Shazar félicitant Benjamin Netanyahu. © GettyImage.

À 16 heures, les seize hommes entrent dans l’avion par toutes les issues, tuent les deux hommes et blessent l’une des femmes. La dernière sortira sauve de l’appareil. L’assaut n’aura duré qu’une minute et demie ! Trois passagers seront blessés : une femme qui s’était levée pendant la fusillade au lieu de se coucher sera touchée par une balle à la tête et mourra quelques jours après et deux autres en quittant l’avion.

Une partie de l’équipage : Reginald Levy, Jean-Pierre Herinckx, Edith Willems, Camille D’Hulster et François Van der Veken.

Alors qu’il évacuait le poste de pilotage par une trappe, le 1er officier Herinckx sera ciblé par Ehud Brak, pensant qu’il s’agissait d’un terroriste. Heureusement, celui qui était alors militaire ratera sa cible ! Le gouvernement israélien avait donc réussi un coup de maître en refusant d’obtempérer aux revendications de Septembre noir. Pour remercier l’équipage de son sang-froid, quelques jours plus tard, Golda Meir conviera à un dîner officiel, avant que les dix héros ne ramènent, à vide, l’avion à Bruxelles.

À voir dans " Retour aux sources ", le documentaire " Israël, merci Moscou " de Paul Le Grouyer et Saada Philippe, le samedi 24 à 20h35 sur La Trois, suivi de l’entretien avec Aurélie Didier, responsable éditoriale monde de l’info RTBF et Joël Kotek, historien et docteur en sciences politiques de l’ULB. Et aussi, à revoir sur Auvio !

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