RTBFPasser au contenu
Rechercher

Monde Europe

Italie : Cesare Battisti maintenu à l’isolement carcéral, la justice a tranché

Cesare Battisti
09 sept. 2020 à 20:48Temps de lecture2 min
Par AFP

La justice italienne a définitivement validé ce mercredi le régime d’isolement carcéral de Cesare Battisti contre lequel l’ex-activiste d’extrême gauche condamné en Italie à la perpétuité pour quatre meurtres commis dans les années 1970 avait annoncé la veille commencer une grève de la faim.

Cesare Battisti, âgé de 65 ans, est à l’isolement, sans contact ni activité, depuis la mi-janvier 2019 dans la prison de haute sécurité d’Oristano, en Sardaigne.

Estimant que ce régime de haute sécurité n’a aucune justification le concernant, les faits pour lesquels il a été condamné remontant à plusieurs décennies, Cesare Battisti s’est lancé dans une bataille judiciaire pour obtenir un assouplissement de ses conditions de détention.

Grève de la faim

Mais la Cour de cassation italienne, la plus haute juridiction pénale de la péninsule, a confirmé l’arrêt de la cour d’appel de Milan de 2019 et débouté l’ex activiste, ont rapporté les agences.

Cette décision intervient au lendemain de la publication d’un courrier de Cesare Battisti à son avocat dans lequel il annonce cesser de s’alimenter et refuser les soins médicaux.

Le système pénitentiaire italien répartit les détenus en catégories et certains ne peuvent être en contact qu’avec des détenus de la même catégorie. Or Cesare Battisti est le seul de sa catégorie (classement AS2 pour terroriste) dans sa prison, a indiqué à l’AFP son avocat Davide Steccanella.


►►► Lire aussi : qui est Cesare Battisti, l’homme que l’Italie attend après une longue cavale ?


"Il ne parle donc qu’avec ses gardiens et rarement avec sa famille, la Sardaigne c’est loin, il faut prendre l’avion", a ajouté son défenseur.

L’écrivain, auteur de polars à succès, réclame également son transfert vers une prison où il pourrait plus facilement voir ses proches.

40 ans de cavale

Ex-militant d’extrême gauche réfugié en France pendant 15 ans, puis au Brésil, il avait été capturé en janvier 2019 en Bolivie, après près de 40 ans de cavale, et extradé vers l’Italie.

Quelques semaines après son incarcération, il avait reconnu devant un magistrat, pour la première fois, sa responsabilité dans les meurtres ainsi que l’erreur de la lutte armée.

Pendant son séjour en France de 1990 à 2004, Cesare Battisti avait bénéficié de la protection du président socialiste de l’époque, François Mitterrand, qui s’était engagé à n’extrader aucun militant d’extrême gauche acceptant de renoncer à la lutte armée.

Mais en 2004, le gouvernement du président Jacques Chirac avait décidé de mettre fin à la "jurisprudence Mitterrand" et d’extrader Battisti. Celui-ci s’était alors enfui au Brésil sous une fausse identité avec, selon lui, l’aide des services secrets français.
 

Articles recommandés pour vous