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"J’ai peur des ambulances, des voitures…" : l’importance de l’aide psychosociale après le drame de Strépy-Bracquegnies

02 juin 2022 à 15:17Temps de lecture1 min
Par Pierre Wuidart avec Martin Caulier

Grégory D’Andrea a perdu son frère lors du drame de Strépy-Bracquegnies, le 20 mars dernier, qui a fait six morts et une trentaine de blessés. "Je n’étais pas sur place ce matin-là. Je suis arrivé dix minutes après. Mais j’ai des séquelles, des névroses. J’ai peur des ambulances, j’ai peur des voitures, j’ai une fille de 18 ans et je l’aide à traverser : ce n’est pas logique, c’est une névrose suite à ces événements".

Très vite pris en charge par les secours de première ligne, Grégory a par la suite bénéficié d’une aide psychologique via l’asbl montoise Résilience. "La psychologue nous permet de ne pas tomber, ne pas rester choqué par cet événement".

Une quarantaine de victimes suivies

Ils sont une quarantaine de victimes ou de proches de victimes de cet accident à recevoir une aide gratuite auprès de Résilience. "On leur consacre un équivalent temps plein", explique Laurence Libert, coordinatrice de l’asbl. "Il s’agit d’aide sociale, qui consiste par exemple à accompagner une personne perdue dans ses papiers administratifs, ou d’aide psychologique, régulière ou ponctuelle".

Côté judiciaire, Grégory D’Andrea ne s’est pas encore porté partie civile pour le moment. "Je ne suis pas prêt". Mais lorsqu’il le souhaitera, il pourra s’adresser à la Maison de justice de Mons et Tournai, explique sa directrice, Naïma Achaari : "On organise le service d’accueil aux victimes. Ce service accompagne les victimes qui portent plainte tout au long de la procédure judiciaire, il explique les rouages de la justice et assiste les victimes lors de moments clés."

Bientôt un référent unique pour les victimes

Pour faciliter la vie des victimes ou proches de victimes de catastrophes, un projet de décret est sur la table du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il doit notamment permettre aux victimes de situations d’urgence collective d’avoir une personne de référence, un accompagnant qui les aiderait dans leurs démarches, les informerait et les orienterait proactivement.

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