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Jamioulx : le bourgmestre fera fermer la prison si des travaux ne sont pas entrepris

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08 déc. 2022 à 08:44 - mise à jour 08 déc. 2022 à 08:47Temps de lecture2 min
Par Nicolas Rondelez

Bourgmestre depuis 20 ans à Ham-sur-Heure-Nalinnes, Yves Binon visite régulièrement la prison de Jamioulx, sur le territoire de sa commune. Tout simplement pour se tenir informé. La dernière visite s’est tenue le 17 novembre dernier. Et elle lui reste en travers de la gorge : "la prison se détériore de plus en plus", a-t-il constaté. Le bourgmestre était accompagné du Chef de Corps de la Police et d’un officier de la Zone de Secours Hainaut-Est. Il y a exactement 4 ans, des manquements importants avaient été soulevés au niveau des mesures anti-incendie. "J’avais déjà pris un arrêté de fermeture, à l’époque, rappelle Yves Binon. Ici, on a constaté que des portes coupe-feu et des exutoires de fumées ont été placés, mais ils ne sont pas raccordés !"

Au niveau de la salubrité, ce n’est pas mieux. Dans certaines douches, il n’y a plus aucun carrelage et le béton fissuré laisse apparaître les structures métalliques. "Dans certaines cellules, de l’eau coule du plafond parce qu’elles se trouvent sous des douches. Il y a de l’humidité partout et des champignons qui poussent. Les fenêtres sont privées de vitres. Il y a de simples rectangles de plexiglas qui laissent passer l’air froid. Sans parler de la surpopulation dans l’établissement. Il n’y a tout simplement pas assez de cellules. Certaines avaient été conçues pour un seul détenu. Ils sont au minimum deux par cellules. Certains prisonniers sont incarcérés dans les cachots". Construite au début des années 70, la prison de Jamioulx était prévue pour l’accueil de 285 détenus. Une capacité élargie à 385. Le 21 novembre, ils étaient 415 prisonniers, à Jamioulx. Yves Binon exige dorénavant que le nombre strict de 385 détenus maximum soit respecté.

Deux ultimatums posés au nom de la dignité humaine et pour la sécurité

"Certains diront que les détenus ne sont pas des enfants de chœur. La question n’est pas là. Ce sont des êtres humains et il est normal de leur assurer des conditions de détentions correctes. On parle de dignité humaine", clame Yves Binon. "C’est dans des conditions pareilles que la tension monte et que l’on voit éclater des mutineries". Ce fût d’ailleurs le cas en mars 2020. Différents feux avaient été boutés dans le préau et aux abords du bâtiment, enfumant les différentes ailes de la prison. Il avait fallu l’intervention de la zone de police locale et de la zone de secours. Le bourgmestre avait été sur le point de faire évacuer la prison.

Tous ces éléments ont poussé Yves Binon à poser deux ultimatums. Dès ce mois de décembre, il exige que le nombre maximum strict de 385 détenus soit respecté. Faute de quoi, il usera de son pouvoir de réquisition de la police fédérale pour effectuer le transfert des détenus excédentaires vers d’autres établissements pénitentiaires.

Le second ultimatum concerne les nécessaires travaux du système anti-incendie et des douches, pointés lors de la dernière visite. Yves Binon laisse 5 mois à la Régie des bâtiments. Si rien ne bouge, il promulguera une ordonnance de police pour fermer purement et simplement la prison de Jamioulx le 1er mai prochain. "J’ai accueilli Mathieu Michel – NDLR le secrétaire d’Etat en charge de la régie des bâtiments – que j’ai conscientisé à la situation. Il semblait sensible, mais rien ne bouge. Mais je pense que le délai que je laisse est suffisant. Même s’il faut faire jouer des marchés publics. Et puis, si lorsqu’un premier carrelage est tombé, on l’avait remplacé, on n’en serait pas là ! Avant de construire du neuf, il s’agirait sans doute d’entretenir correctement ce qu’on a". Outre à Mathieu Michel, Yves Binon a adressé son arrêté au Premier ministre, aux ministres de la Justice et de l’Intérieur et au gouverneur de la Province de Hainaut, entre autres.

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