Politique

Jan Jambon devant le Parlement flamand : "Le processus que le gouvernement a traversé n’était pas beau à voir"

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29 sept. 2022 à 14:14Temps de lecture3 min
Par Belga

Le ministre-président flamand Jan Jambon a procédé, jeudi après-midi, avec quatre jours de retard à la lecture de la déclaration de septembre de son gouvernement, celui-ci n’ayant pas réussi à se mettre d’accord à temps sur le budget et les mesures relatives au pouvoir d’achat en début de semaine. Les ministres du CD&V ont exigé en vain que le paquet de croissance, l’ancienne allocation familiale, soit lié à l’index. La N-VA et Open Vld ne voulaient rien savoir de cela.

"Ces derniers jours ont été tout sauf une belle image sur la manière dont nous voulons gouverner la Flandre, mais le gouvernement flamand dispose d’un paquet incroyablement fort au bénéfice de nos familles et de nos entreprises".

Le ministre-président faisait allusion à l’enveloppe de 4 milliards d’euros, à laquelle s’ajoute 1 milliard d’euros de prêts et de garanties pour soutenir les entreprises flamandes.

Dans son discours, Jan Jambon a évoqué à plusieurs reprises les difficultés rencontrées par son équipe au cours de la semaine écoulée. "Vous avez devant vous un homme humble", a-t-il dit, "car je me rends compte que le processus que nous avons traversé en tant que gouvernement n’était pas beau à voir. Nous devons en tirer des leçons".

Le ministre-président flamand a qualifié de douloureuse la prestation de lundi, reconnaissant que son "ego en a pris un coup".

"Ce que j’ai dû endurer ici lundi était douloureux. Douloureux parce que je me suis rendu compte que je devais alors décevoir le peuple flamand. Mais le lendemain, on se relève et on recommence à se battre. C’est ce que j’ai fait", a déclaré Jan Jambon.

C’est un des moments où le ministre-président a été applaudi sur les bancs de la majorité, à l’exception notoire de plusieurs élus CD&V.

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M. Jambon a également admis que des "mots durs et des reproches" avaient été exprimés y compris envers sa personne. "Certaines déclarations étaient insultantes et humiliantes. Chacun choisit le style qu’il utilise, je ne vais pas me rabaisser à cela", a-t-il commenté.

Dans ce contexte, le ministre-président s’est enfin "inquiété de la dégradation des mœurs politiques".

"Triste spectacle"

Les formations de l'opposition n'ont pas manqué l'occasion de critiquer le gouvernement flamand N-VA-CD&V-Open Vld tant sur le fond de l'accord budgétaire intégré dans la déclaration de rentrée du ministre-président flamand que sur la forme -lisez les circonstances de son accouchement prolongé.

"Qu'est-ce que le spectacle de la semaine dernière a apporté au Flamand? Rien", a réagi la cheffe du groupe Vooruit au parlement flamand, Hannelore Goeman, lors du débat qui a suivi l'allocution de Jan Jambon en séance plénière. Selon elle, les mesures prises par le gouvernement flamand sont nettement insuffisantes. 

 "Ce que je me demande, c'est ce que le Flamand ressentira immédiatement dans son portefeuille à la suite de ce paquet de mesures", a argumenté la cheffe du groupe socialiste.

Selon elle, la Flandre continue à "faire des économies sur les enfants et les  familles". Le fait que les allocations familiales ne soient pas liées à l'indice de santé est incompréhensible.

La Flandre continue à faire des économies sur les enfants et les  familles.

Dans le même temps, "le gouvernement flamand continue à faire du cash sur les factures élevées payées par les Flamands". 

"Le triste spectacle des derniers jours n'a finalement pas apporté grand-chose de plus aux Flamands, si ce n'est quelques jours de faux espoir et une plus grande méfiance à l'égard de la politique", a surenchéri le chef de groupe Groen Björn Rzoska.  

Le gouvernement flamand a accepté que les allocations familiales puissent augmenter de 2 % par an, revenant ainsi sur une réduction décidée précédemment par le ministre du CD&V de l'époque, Wouter Beke. "Avec cela, la Flandre riche est maintenant à la traîne derrière Bruxelles et la Wallonie, qui augmentent les aides aux familles lorsque la vie devient plus chère", a encore  dénoncé Björn Rzoska. 

La Flandre riche est maintenant à la traîne derrière Bruxelles et la Wallonie, qui augmentent les aides aux familles lorsque la vie devient plus chère.

Le chef du groupe écologiste estime que le gouvernement en fait également trop peu pour le climat. "La politique de l'autruche du gouvernement Jambon en matière de climat est à couper le souffle. Nous savons que l'impact de la crise climatique ne cessera de croître. Qu'elle ne fasse pas le nécessaire pour en protéger la Flandre est une omission coupable."

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