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Jean-François Denis (CDH, Verviers) : Pierre Demolin président des socialistes verviétois, c'est de la vieille politique

Jean-François Denis
07 août 2020 à 15:53 - mise à jour 07 août 2020 à 15:53Temps de lecture5 min
Par François Braibant

Les socialistes verviétois se réorganisent sous le regard de leurs adversaires politiques. Pierre Demolin, l'ancien directeur général (secrétaire communal) de la Ville de Verviers va reprendre la présidence de l'Union Socialiste Communale. L'arrangement ne convient pas au CDH Jean-François Denis qui dénonce un "mélange des genres" : Pierre Demolin est toujours nommé à la Ville. Il est seulement en congé. Le CDH lui propose de démissionner.

Nous en avons profité pour questionner Jean-François Denis sur les divisions internes au CDH de Verviers. Une moitié des humanistes (lui-même et Cécile Ozer) avaient décidié de participer au pouvoir avec Muriel Targnion. L'autre moitié (Marc Elsen et Claude Orban) s'y opposaient. Les tractations entre les deux parties ont d'ailleurs contribué à retarder la mise sur pied de la majorité de Muriel Targnion et ont contribué à donner le temps au PS de ramener ses brebis perdues à la bergerie. Les humanistes de Verviers se disent maintenant réconciliés. D'accord pour aller au pouvoir et d'accord pour y aller sans Muriel Targnion comme bourgmestre précise Jean-François Denis.

 

Nous avons appris que Pierre Demolin devenait président des socialistes de Verviers, donc par la même occasion, il va certainement mener les négociations pour le PS verviétois. Et quand on sait qu'à côté, il est directeur général de la Ville de Verviers, certes en congé, mais il peut revenir quand il veut, ça nous pose un petit problème. Il y a clairement un mélange des genres. Donc : soit il démissionne de son mandat à la Ville de Verviers, soit il devient président d'une section de parti politique. Là, je pense vraiment qu'on est dans la vieille politique. Il n'y a rien qui change. Ce n'est pas un bon signal pour l'électeur.

En disant ça, vous n'allez pas faciliter les négociations de votre parti avec le PS pour former une nouvelle majorité communale à Verviers ! 

Bin oui, mais bon voilà. Pour l'instant il y a plusieurs choses qui sont en train de bouger au PS. Des choses interpellantes qui se mettent en place, des arrangements, des bricolages antidémocratiques. A un moment donné, il est de notre devoir de le dénoncer. [Jean-François Denis fait allusion aux systèmes imaginés pour permettre à des échevins qui refuseraient le poste de bourgmestre de rester échevins malgré la loi électorale.]

Le CDH n'est pas candidat à aller au pouvoir à Verviers avec le PS ?

Nous ne disons pas ça, mais il y a des choses qui nous dérangent. Et donc avec le cartel MR - NV - CDH, on n'est pas prêts non plus à accepter tout. Par exemple la solution où on veut installer Jean-François Istasse qui est septième sur la liste du PS, qui a fait un peu plus de cinq cents voix, et où on va nous demander de signer des motions de méfiance contre Hasan Aydin et Sophie Lambert, qui n'a rien à se reprocher, ça va vraiment nous poser un problème et nous ne participerons pas à ce subterfuge. Dans ce cas de figure-là, nous ne signerons pas. 

Malik Ben Achour réalise, lui, un bien meilleur score que Jean-François Istasse et que Sophie Lambert en 2018. Avec lui comme bourgmestre, ça marcherait ? 

Les échos que nous avons, c'est que pour le moment, il n'est pas candidat. Je pense qu'il se plaît bien comme député fédéral. Maintenant, nous entendons aussi qu'il est peut-être bien en embuscade pour mettre dans un premier temps Jean-François Istasse comme bourgmestre jusque 2023 et lui succéder ensuite pour mener les élections pour 2024.

Qui est en train de me répondre ? C'est Jean-François Denis ou c'est tout le CDH de Verviers ?

C'est tout le CDH de Verviers, mais nous sommes aussi sur la même longueur d'onde que les autres membres du Cartel, le MR et le Nouveau Verviers.

Votre parti, jusque récemment, a été très divisé à propos de la participation au pouvoir avec Muriel Targnion. 

C'est vrai qu'on est dans un moment assez compliqué. Mercredi, on a eu l'occasion de se retrouver pour une mise au point. On s'est mis d'accord sur tous les gros dossiers. Maintenant, au CDH, nous parlons d'une seule voix.

Vous parlez d'une seule voix dites-vous, mais c'est pour aller au pouvoir sans Muriel Targnion ? 

C'est ce qui est ressorti de la négociation [interne] au CDH. La gestion de Muriel Targnion à la tête de la Ville posait problème à plusieurs membres du bureau et des élus CDH. Nous sommes arrivés à un consensus : oui dans les prochaines négociations politiques, Muriel Targnion ne sera plus [proposée comme] bourgmestre. 

Pourtant, vous, vous en étiez partisan.

Je veux être très clair. C'est vrai qu'il y a peut-être eu des dérives de Muriel Targnion sur certains autres dossiers. On a beaucoup parlé d'Enodia / Publifin, mais je trouve que dans ce dossier-ci - mais ça n'engage que moi - il y avait un problème de personnes au collège, il y avait quand même sept membres du collège qui étaient contre le président du CPAS Hasan Aydin, qui ont signé une motion contre lui, Muriel Targnion s'est engagée à défendre la voix de ses sept collègues, et finalement ça se retourne contre elle. Je trouve qu'ici le PS national a saisi l'occasion pour la supprimer de ses plans politiques.

Vous comptez arriver au pouvoir à Verviers dans les prochains jours ou les prochaines semaines ? Si oui, avec quels partenaires politiques ?

Il y a plusieurs scénarios sur la table, dont un scénario sans le PS. Le Cartel pourrait s'associer avec Ecolo et des indépendants, mais c'est vrai qu'il y a aussi un autre modèle où le Cartel s'accorderait avec le PS officiel. Nous n'avons pas encore entamé les pourparlers. Nous sommes dans une position de force et nous ne nous laisserons pas dicter n'importe quoi par qui que ce soit. 

Si le PS a explosé, c'est qu'il y a des dissidents de l'autre côté et vu les relations très tendues pour le moment, je ne pense pas que les dissidents voteront avec le PS officiel, et donc nous pourrons tabler sur trois membres dissidents : Muriel Targnion, Alexandre Loffet et Laurie Marechal. 

Si vous vous engagez dans cette voie, vous risquez alors de perdre Claude Orban et Marc Elsen !

Ah non, c'est différent ! Muriel Targnion ne mènerait plus la barque de la Ville. Mais techniquement, elle pourrait nous appuyer comme conseillère indépendante.

Et dans ce cas, c'est Maxime Degey qui serait bourgmestre ?

Dans ce scénario où le Cartel s'associe à Ecolo et des indépendants, oui c'est Maxime Degey qui deviendrait bourgmestre. 

D'après les contacts que la RTBF a pu avoir ces cerniers jours avec les uns et avec les autres, ce dernier schéma sera difficile à mettre en place. Pour obtenir une majorité au conseil communal de Verviers, il faut réunir 19 conseillers. 6 MR + 4 Nouveau Verviers + 4 CDH + Bernard Piron, ça fait 15. Avec les Ecolos, ça ferait 19. C'est très juste comme majorité pour assurer la stabilité d'un collège composé de quatre partis et écartelé entre gauche et droite. Y ajouter les trois socialistes dissidents de Muriel Targnion permettrait d'atteindre 22 sièges, mais travailler avec l'actuelle bourgmestre et ceux qui ont décidé de pousser Hasan Aydin dehors risque bien de ne pas convenir aux écologistes verviétois.

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