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Jeff Wall photographie et réalité augmentée

Jeff Wall, Event (détail), 2020 Courtesy the artist and Galerie Greta Meert

© Jeff Wall

Pas besoin d’app de RA pour contempler les images de Jeff Wall, immense photographe qui squeeze le quotidien avec ses photos "quasi documentaires". Une réalité augmentée de mystère. L’ouverture de l’exposition Jeff Wall à la Galerie Greta Meert s’inscrit dans le Brussels Gallery Weekend. L’événement qui lance la rentrée des galeries bruxelloises. 60 espaces au total.

Deux hommes en smoking, en grande conversation dans ce qui semble être le couloir d’un grand hôtel... Agrandissons l’image et examinons les détails, imprégnons-nous de l'atmosphère que dégage la situation.

eff Wall, Event, 2020 Courtesy the artist and Galerie Greta Meert
eff Wall, Event, 2020 Courtesy the artist and Galerie Greta Meert © Jeff Wall

Deux hommes méditerranéens... ou peut-être viennent-ils du Moyen-Orient. C'est certain, la conversation est tendue. Sont-ils parents ou collègues ? L’un a-t-il autorité sur l’autre ? Sommes-nous dans une fête de famille - un mariage peut-être – ou dans un séminaire professionnel ? Le "réprimandé" baisse les yeux : est-ce une marque de mépris ou de soumission ? Le décor reste équivoque : chic mais suranné. À première vue, les deux hommes sont devant un miroir… Qui se révèle être un couloir. La perspective est faussée. Et c’est bien tout l’art de Jeff Wall : fausser la réalité, rajouter du mystère, inoculer de l’incertitude dans notre regard.

Jeff Wall, Mask maker, 2015 Courtesy the artist and Galerie Greta Meert
Jeff Wall, Mask maker, 2015 Courtesy the artist and Galerie Greta Meert © Jeff Wall

Jeff Wall ne nous aide pas beaucoup avec ses titres qui sont eux d’une objectivité totale : Event pour les deux hommes dans le couloir : un événement (commercial, personnel, professionnel, caritatif ?). Mask maker pour le jeune homme – sans doute un sans-abri – qui décore son masque en cherchant son reflet dans la vitrine. Un reflet qui n’existe pas. Un citoyen invisible que, paradoxalement, le masque rendra visible. Encore une histoire de regard.

Dans cette image titrée "Nacre", la perplexité est totale... ignorance de l'objet, à moins que cela ne soit du dégout. Courtesy the artist and Galerie Greta Meert
Dans cette image titrée "Nacre", la perplexité est totale... ignorance de l'objet, à moins que cela ne soit du dégout. Courtesy the artist and Galerie Greta Meert © Jeff Wall
Jeff Wall présente ses images dans des formats imposants - Une des salles de la galerie Greta Meert
Jeff Wall présente ses images dans des formats imposants - Une des salles de la galerie Greta Meert © Galerie Greta Meert

Jeff Wall produit de grands formats qui produisent l’effet d’une imposante réalité. Plus grande que nature. Des images composées avec un soin maniaque. Dans l’exposition, un grand diptyque intitulé Pair of interiors montre un couple, manifestement en crise, assis dans les divans d’un salon bourgeois. Le photographe a mis en scène deux moments : l’homme aux pieds de la femme puis chaque personnage à l’extrémité du divan. La distance physique et émotionnelle est doublée par la taille des images, habilement mises côté à côte.

Jeff Wall appelle ses photographies des "poèmes en prose" et pense que "dans cet état de suspension, le spectateur éprouve du plaisir." Un plaisir subtil, loin de l’angoisse générée par la profusion de manipulations d’images et autres deep fakes.

Jeff Wall, Listener, 2015 -156 x 233 cm Galerie Greta Meert
Jeff Wall, Listener, 2015 -156 x 233 cm Galerie Greta Meert © Jeff Wall

En pratique :

Jeff Wall

Galerie Greta Meert

09.09.22 au 05.11.22

Jeff Wall, Monologue, 2013 - 240 x 282,3 cm Galerie Greta Meert
Jeff Wall, Monologue, 2013 - 240 x 282,3 cm Galerie Greta Meert © Jeff Wall

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