Musique

Jérôme Mardaga ressuscite Jeronimo pour quelques concerts : "Je n’étais pas fait pour être au milieu de la scène"

Quelques concerts sont prévus pour les 20 ans du premier disque, mais il n’y aura pas de nouvel album de Jeronimo, selon Jérôme Mardaga.

© Christophe Dehousse

Par Sébastien Cools

Le musicien belge Jérôme Mardaga va redonner une poignée de concerts consacrés à son ancien répertoire de Jeronimo, à l’occasion des vingt ans de la parution du premier album "Un Monde sans moi", sorti en 2002. "C’est une façon de faire un petit clin d’œil à ce répertoire pour lequel j’ai de la tendresse", nous a confié celui dont le projet Thamel est désormais l’activité principale.

Trois concerts avaient déjà été organisés l’an dernier "confidentiellement", sous cette même formule, seul à la guitare, pour des versions revisitées, à la Rock’s Cool de Namur, l’école où le guitariste donne cours. "Ça avait fait plaisir au public, qui n’avait plus entendu les chansons depuis un certain temps déjà. D’où l’idée d’en refaire quatre ou cinq cette année", nous a expliqué Jérôme Mardaga la semaine passée par téléphone.

Solo électrique

"Je n’avais pas trop le temps et l’énergie de remonter un groupe rien que pour faire une poignée de dates. Ça avait été envisagé, mais c’était tout de suite beaucoup plus lourd au niveau timing et logistique. Ça gâchait un peu le côté impromptu et direct de l’idée", justifie Jérôme. "Je voulais des effets, je voulais pouvoir utiliser un archet, de la reverb, du delay. Ce n’était possible qu’à la guitare électrique, qui est l’instrument avec lequel je suis vraiment à l’aise", poursuit le musicien. "J’ai une guitare acoustique dans un coffre et qui en sort une fois tous les trois ans", rigole-t-il.

À voir en juin

Quatre concerts de Jeronimo sont confirmés ce mois-ci, la première date arrivant pas plus tard que ce vendredi 9 juin, aux Deux Ours, à Vierset-Barse (Modave). Suivront le Mosaik Festival à L’Os à Moelle de Schaerbeek (15 juin), le K-Hot Music Festival à Flémalle (23 juin) et la Fête de la Musique à Marchin (24 juin). Là, Jérôme jouera aussi de la basse au sein de Bandits, proposant un spectacle pour enfants inspiré de la musique western. D’autres dates de Jeronimo pourraient suivre en septembre.

Ni prolongations ni album

Pour Jérôme Mardaga, la démarche est claire : jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, oui, mais verser dans la nostalgie, non. "Ça doit rester un peu 'one shot'. Déjà, je n’avais pas prévu d’en refaire, après ceux de l’année dernière. Ensuite, il y a d’autres projets qui attendent pour lesquels il va y avoir des choses à faire", insiste l’artiste, toujours impliqué aussi dans le groupe Everyone is Guilty, dont un album est prévu fin septembre. Il n’y a pas d’agenda caché et il n’y aura pas de nouvel album de Jeronimo, assure-t-il : "Ce n’est pas du tout le but de la manœuvre".

Mondes oubliés

L’album "Raid aérien", publié sous son vrai nom après quatre opus sous son fameux sobriquet, ne fera pas partie de la setlist des concerts de Jeronimo. "'Raid aérien' reste ce truc en trio, qui va très fort, qui est très instrumental et très sombre", recadre Jérôme Mardaga, pourtant content de cette tournée-là, clôturée juste avant la pandémie. Une suite à cet album était dans les cartons mais a été abandonnée. "Je n’ai jamais retrouvé le frisson que j’avais. Ça a été une frustration, mais parfois ça arrive : on se dit que ça va aller, que ça va être facile, et en fait, il ne se passe rien. Je ne trouvais pas ça vraiment digne d’intérêt", admet-il.

Besoin de découverte

Dans son autre projet personnel, Thamel, d’un genre très différent, l’inspiration ne manque pas. Deux albums sont prêts à sortir. "Thamel, c’est un projet qui me tient fort à cœur depuis quelques années et que j’enrichis de façon très régulière. C’est facile, dans le sens où les synthétiseurs sont toujours prêts. Je peux bosser au milieu de la nuit sans gêner personne. C’est comme une espèce de journal des études que je fais avec les synthétiseurs modulaires", expose Jérôme Mardaga. "C’est sur le principe de la découverte, mais qui est sans cesse renouvelée, ce que ne m’apporte plus vraiment la musique pop-rock en général. Peut-être que c’est dû à l’âge, aussi. Ça aurait pu être le jazz, mais en l’occurrence c’est plutôt la musique électronique, ambient et modulaire. C’est ça qui me fournit ma dose de découverte et d’inconnu, que je n’ai plus vraiment avec le rock", confesse le musicien.

Les mots de côté

S’il n’écrit plus vraiment de paroles, Jérôme Mardaga anime régulièrement des résidences sur l’écriture de textes, notamment au Canada. "Peut-être que ça reviendra, mais j’ai l’impression que ça relevait plutôt du phénomène de l’impulsion, à l’époque de Jeronimo, et pas d’un travail en longueur. Je pense que je reste un instrumentiste avant tout, et pas un parolier, pas un auteur", analyse l’artiste.

Une scène sans lui

En évoquant avec Jérôme ses autres projets récents et à venir, on se rend compte de l’importance pour lui de varier les collaborations, sources d’épanouissement. "Je me suis détourné de Jeronimo parce que je prenais beaucoup plus de plaisir dans les autres projets, avec Freaksville, avec Mark Gardener (de Ride), avec Hugo Chastanet, … Jeronimo, quand on est au milieu d’un projet tel que celui-là, qui marchait un petit peu, à l'époque, il y avait quand même pas mal de pression. C’est quelque chose qui ne me plaisait pas trop", finit-il par avouer. "J’ai assez vite compris que je n’étais pas fait pour être au milieu de la scène, derrière le micro, avec une lumière sur la tête, devant des gens. Je pense que ça explique un peu le parcours de Jeronimo, qui s’est arrêté comme ça, parce que je pense que ce n’était pas vraiment mon truc. J’ai essayé, pour voir ce que ça faisait", conclut le musicien.

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