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Jeshi, East London State of Mind

01 juin 2022 à 12:33Temps de lecture2 min
Par Guillaume Scheunders

Il compte parmi les plus grands espoirs du hip-hop britannique : le rappeur Jeshi vient de dévoiler son premier album Universal Credit. Évoluant à contre-courant de la scène hip-hop londonienne actuelle faite de grime et de drill, le natif d’East-London présente tout de même un rap moderne, dépeignant le quotidien d’une génération, d’un quartier, d’une famille et même plus particulièrement d’un jeune homme de 26 ans qui constate, comme beaucoup, que le monde ne tourne plus très rond.

À l’instar de bon nombre de jeunes à cheval entre la génération Y et Z, Jesse Greenway a grandi parallèlement avec le hip-hop, voyant se développer autour de lui le style grime, popularisé pendant les années 2000 par des Lethal Bizzle, Wiley ou Dizzee Rascal et conférant à la scène hip-hop de la capitale britannique ses lettres de noblesse. Il a environ 12 ans lorsqu’il commence à écrire et poser sa voix sur des instrus envoyées en bluetooth par ses amis. Par la suite, il continuera son petit bonhomme de chemin, enregistrant quelques titres de manière artisanale dans sa chambre. En 2017, les choses sérieuses commencent puisqu'il enregistre une session Colors, mais c’est en 2020 qu’il émerge véritablement avec son EP Bad Taste. Deux années et quelques singles plus tard, il passe à l’album, qu’il vient de dévoiler.

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"Generation f*cked up"

Comme un tas de rappeurs issus des banlieues de Londres, Jeshi grandit dans un milieu précaire, ce qui lui a inspiré en grande partie ce disque. Ce terme "Universal Credit" est en quelque sorte le synonyme du "Revenu d’Intégration Sociale" ici en Belgique et Jeshi espère changer les mentalités qui l’entourent. Dans une interview pour le magazine Dazed, il explique : "Pendant la pandémie, la plupart des gens recevaient ce revenu. Ils étaient en congé et recevaient forcément de l’argent du gouvernement pour une situation qui allait au-delà de leur contrôle. Mais ils n’acceptent pas que certaines personnes en aient besoin même en dehors de la pandémie. C’est à ce moment-là que l’on entend des gens dire 'trouvez un job', ou 'profiteurs', quand en réalité, la personne qui dit cela n’a aucune idée de leur vie ou de ce qu’ils traversent." Jeshi décline cette thématique, évoquant les inégalités sociales ou économiques, la drogue, la politique et surtout dépeignant sa génération qui ne se reconnait plus dans une société où les écarts sociaux augmentent exponentiellement.

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Mixant ses influences de hip-hop conscient des années 90 avec la vitalité du rap d’aujourd’hui, Jeshi parvient à trouver une place dans la scène britannique aux côtés d’artistes comme Little Simz, Loyle Carner ou Kae Tempest, dont la démarche moderne et engagée rejoint celle du rappeur d’East London. On note d’ailleurs la présence d’Obongjayar, qui avait collaboré avec l’interprète de Venom sur son dernier album Sometimes I Might Be Introvert, sur Protein - sans doute le meilleur morceau de l’album – et sur Violence. Avec Universal Credit, le natif de Newham ne manque pas son passage au grand format grâce à une recette mêlant honnêteté, revendication et fierté. Lui qui a tourné quelque temps avec Slowthai n’a toujours pas annoncé beaucoup de dates cet été mais ne devrait pas tarder à mettre une tournée en place pour présenter cet album en live.

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