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Jeux vidéo coopératifs et confinement : “Un moyen de garder le contact”

Martin, chef scout jouant en ligne avec son staff.
29 avr. 2021 à 06:34Temps de lecture3 min
Par Jérôme Koninckx

Avec le confinement, vous vous êtes peut-être mis à jouer aux jeux vidéo, ne sachant quoi trop faire au vu de toutes les mesures sanitaires. Et ce qui fonctionne très bien dans cette période, ce sont les jeux vidéo coopératifs. lls sont un véritable moyen de garder le contact avec son entourage, depuis chez soi.

Des jeux coopératifs en ligne, il en existe tout un tas, et ce depuis des années. Qu’ils soient compétitifs ou simplement ludiques, le principe reste le même ; il faut communiquer et échanger : "Ça reste un biais par lequel on rentre en relation" nous indique Arnaud Zarbo, psychologue au centre Nadja asbl où il est notamment spécialisé dans le jeu vidéo. Avec le confinement, ces jeux coops ont gagné en popularité pour diverses raisons mais notamment parce que le besoin de retrouver un contact humain semble primordial. Quelques jeux en particulier ont plutôt l’air de bien fonctionner depuis le début de la pandémie, comme par exemple Among us.

C’est un petit jeu très simple d’utilisation qui fonctionne un peu comme le jeu de société du loup-garou. L’objectif est de trouver le ou les imposteurs ; il faut donc user de stratégies d’argumentation lors de débats épisodiques survenant tout au long de la partie. Arnaud Zarbo explique pourquoi ce genre de jeu fonctionne bien : "Ça fonctionne un peu sur des principes narratifs comme dans le loup-garou. Une fois qu’on a installé le cadre, on connaît la musique et ça roule. Donc ça permet donc à des gens qui ne sont pas vraiment familiers de la culture vidéoludique de rentrer dedans parce que ça fonctionne un peu comme des jeux de société."

Par exemple, Hugo, étudiant, n’avait pas vraiment l’habitude de jouer, mais avec le covid, il a décidé de s’y mettre de temps à autre pour retrouver ses amis : "J’y joue uniquement avec mon groupe d’amis. C’est un moyen d’être avec eux, de garder un contact. C’est donc pour ça que je ne vais pas dans des parties où je ne connais pas la moitié des personnes. Même si j’aime bien le jeu, ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Je cherche avant tout un moyen de me réunir avec mes proches."

Une alternative aux activités en présentiel

À l’instar des activités sportives, théâtrales et divers hobbies, le jeu vidéo coopératif demeure un moyen de se retrouver en communauté : "Les gens ont besoin d’être ensemble, de se divertir, de s’échapper. Et le jeu, au sens strict du terme, est un excellent moyen d’apprendre sur soi et de découvrir autrui. Donc jouer à des jeux comme Among us, c’est un excellent moyen d’en apprendre un peu plus sur les autres, de comprendre comment fonctionne un groupe, etc. En fait, c’est un bon compromis entre le fait de vouloir respecter les règles sanitaires en voyant très peu de monde et le fait de vouloir, paradoxalement, sortir de chez soi pour en voir. Ça permet un peu de remplacer les activités qu’on ne peut plus faire à cause des contraintes sanitaires."

Martin est chef scout à la 7e Légia, et avec son staff, ils ont trouvé un moyen de remplacer les réunions en présentiel au travers d’Among us notamment : "Vu qu’on ne pouvait plus sortir à cause du covid, on a fait une réunion avec les scouts en ligne où on a fait quelques jeux, comme on le ferait si on pouvait être en présentiel. La réunion terminée, il restait encore quelques scouts disponibles et on leur a proposé de jouer à Among Us. Ils ont accepté et ça a super bien marché. Et ça a tellement été le cas qu’une fois qu’on a pu ressortir en présentiel, on a continué à leur proposer de jouer en ligne le soir et du coup garder le contact avec eux."

Néanmoins, même si le jeu vidéo peut être un bon moyen de garder le contact avec ses proches, Hugo et Martin attendent patiemment la reprise des activités extérieures. Arnaud Zarbo va d’ailleurs dans ce sens en précisant que cet engouement risque de diminuer lorsque la situation sanitaire permettra plus de libertés : "Le jeu vidéo reste quand même un moyen de conserver des contacts et des activités qu’on ne pouvait pas faire autrement que derrière son écran. Mais quand les terrasses, les festivals ou autres activités reprendront ; il y aura de nouveau d’autres moyens de se retrouver. Le jeu vidéo ne sera donc qu’un de ces éléments-là et c’est très bien, parce qu’il ne faudrait pas qu’il soit la seule manière de relationner."

Il existe effectivement des dépendances et problèmes liés à l’usage des jeux vidéo, souvent considérés comme le bouc émissaire de tous les problèmes. Le Centre Nadja asbl s’occupe par ailleurs de cette thématique, comme bien d’autres. Pour plus d’infos rendez-vous sur leur site ou page Facebook.

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