JO d'hiver - Pékin 2022

JO-2022/Ski alpin: Marchant, skieur du plat pays qui soulève les montagnes

Le Belge Armand Marchant, qui espère briller dans le slalom des JO-2022 mercredi malgré une cheville douloureuse, peut déjà se targuer du titre olympique de la résilience après près de cinq ans d'un combat titanesque pour revenir au plus haut niveau après une grave blessure.

Armand Marchant est un miraculé. Celui qui, depuis sa plus tendre enfance, a tout sacrifié pour devenir un skieur de haut niveau a failli voir ses rêves s'effondrer un jour maudit de janvier 2017.

Un mauvais trou dans une manche d'entraînement de slalom lui a détruit le genou gauche. Rotule en compote, ménisque en mille morceaux, ligaments déchirés et plateau tibial multi-fracturé.

Même les plus optimistes auraient abandonné. Même ses parents ont douté de le revoir marcher normalement un jour.

Et pourtant, quatre ans plus tard, le Liégeois rêve à 24 ans de gloire olympique. D'une rédemption, même.

Le seul Belge de l'histoire à avoir inscrit des points en Coupe du monde (avec notamment une 5e place à Zagreb en 2020) a déjoué tous les pronostics. Avec un caractère et un optimisme qui forcent l'admiration.

D'autant que la malchance l'a rattrapé avec une déchirure partielle d'un tendon de la cheville fauche fin janvier lors du slalom de Schladming (Autriche), qui est venue contrarier un peu plus ses plans et l'a obligé à déclarer forfait pour le super-G, puis le géant des Jeux de Pékin.

Porte-drapeau

"C'est dommage, car j'étais franchement impatient et excité par ces JO. En 2018, pas encore rétabli de ma blessure au genou, j'avais manqué les Jeux de PyeongChang en Corée du Sud. Or, les JO pour un sportif, c'est le graal. C'est un vrai objectif. C'est quelque chose dans une carrière !", déclare-t-il à l'AFP.

"Les Jeux, c'est le rêve d'un gamin. Sans parler de résultat, je veux y sortir mon meilleur ski. Montrer mon meilleur visage. (...) Le sport de haut niveau, cela se joue tellement à rien. Quelques centièmes perdus ci et là. Mais j'espère bien sûr un bon résultat. Ma discipline de référence est le slalom (10e aux derniers Mondiaux, ndlr)", rappelle le porte-drapeau de la délégation belge lors de la cérémonie d'ouverture le 4 février dernier.

La carrière de Marchant a bien failli prendre fin très prématurément.

"Cela a été terrible. A 18 ans, je venais de marquer mes premiers points en Coupe du monde. Le 11 décembre 2016, en prenant la 18e place du slalom de Val d'Isère, je devenais le premier skieur belge à marquer des points en Coupe du monde. Et un an plus tard, je 7 janvier 2017, je m'explose le genou", raconte-t-il.

"Le Belge qui fait du ski"

"J'étais dans un sale état. Les chirurgiens doutaient de me voir retrouver mes capacités. Quand ma maman, vétérinaire, a vu les radios de ma jambe gauche, elle a eu un choc. Elle s'est même demandée si je pourrais remarcher un jour normalement", avoue celui qui devra encaisser sept opérations en moins de trois ans.

Mais la volonté a surmonté la détresse.

"C'est une fierté de se dire qu'un Belge peut arriver à se hisser parmi les meilleurs athlètes olympiques", assure Marchant qui a découvert le ski à deux ans et demi en famille.

Il se fait rapidement un nom dans les compétitions de jeunes, en terminant notamment 9e du slalom des Mondiaux juniors en 2016.

"Quand j'ai fait mes premières courses en France, j'étais +le Belge qui fait du ski+. C'était cliché. Puis, peu à peu, à force de bons résultats, j'ai gagné en respect", sourit-il.

"Même si on n'a pas les infrastructures dans notre pays, s'il n'y a pas de montagnes chez nous, si on travaille dur, on peut faire de belles choses", conclut le meilleur skieur belge de l'histoire. Sans aucun doute le plus motivé aussi.

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