Les belges aux JO

JO Tokyo 2020 : Marten Van Riel 4e du triathlon, le titre pour un Blummenfelt exceptionnel

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Marten Van Riel a terminé à la quatrième place du triathlon des Jeux Olympiques de Tokyo. Il a dû s’incliner devant un Kristian Blummenfelt exceptionnel qui a su repousser les limites de la souffrance pour décrocher les jeunes pépites Alex Yee et Hayden Wilde et remporter l’or à l’Odaiba Marine Park.

Van Riel voulait faire mieux qu’à Rio (6e), mais il rêvait surtout de podium. Son visage une fois la ligne franchie trahissait une déception certaine. Pourtant Marten a fait la course parfaite : devant en natation, à l'attaque à vélo avant de gérer et à son niveau à pied. Il n’y a pas de honte à s’incliner contre plus fort que soit quand on a tout donné. Peut-être qu’il aurait pu tenter d’accrocher la locomotive norvégienne quand elle s’est mise en branle. Mais peut-être aussi qu’il aurait payé cet effort par la suite.

"La déception est assez grande", a-t-il déclaré. "J'ai fait tout ce que je pouvais et je n'ai pas grand-chose à me reprocher. La différence avec les trois premiers est assez grande, mais ça fait mal de finir quatrième. Je pense vraiment que les trois autres étaient trop forts. Ce sont trois coureurs de haut niveau. Ils sont peut-être moins forts dans les autres disciplines, mais je n'ai pas eu assez de soutien dans ces disciplines pour faire la différence. Ensuite, ça se joue à la course à pied et c'est le pire scénario pour moi."

Rien ne semblait en mesure de stopper Big Blu. A la classe insolente de Yee et Wilde, il a opposé sa volonté de fer. Ce titre olympique, il travaille pour depuis dix ans. Cette médaille d’or, il la voulait sans doute plus que ces deux derniers adversaires. Son accélération a été phénoménale. Mélange de détermination et de rage, elle a assommé les deux gamins. Dans son style énergique, il s’est rué vers l’arrivée dans un sprint fou. 1,5 kilomètre à se battre avec lui-même, avec ce corps qui demandait pitié. Mais pas question de lui octroyer le moindre repos avant la ligne. Le cri de victoire du viking a déchiré la baie d’Odaiba. Entre joie et libération. Emmêlé dans le ruban qu’il venait de brandir, couché sur le sol, Blummenfelt a savouré et enfin laissé son corps en paix.

Avant ce finish, le Norvégien a mené la chance pour boucher le retard accumulé au cours du 1,5 km de natation dans une eau à 30 degrés et revenir sur un groupe de dix où figuraient Van Riel, Luis, Schoeman, Schomburg, Milsawchuk, Reid ou Jonathan Brownlee. Il a aussi ramené avec lui les gazelles Yee et Wilde, pour mieux les croquer à pied. Le Suisse Salvisberg, échappé sur la fin des 40 kilomètres de vélo, n’a pas tenu longtemps tête une meute affamée en quête de médailles.

L’écrémage a commencé sous l’impulsion de Yee et de sa foulée aérienne. Luis, le double champion du monde, Milsawchuk, vainqueur du test event, ou encore un Coninx trop présomptueux, un à un les triathlètes ont sauté. A la moitié de la course à pied, ils ne sont déjà plus qu’une poignée. Ils sont six : Van Riel, Brownlee, McDowell, Blummenfelt, Yee et Wilde. Puis trois. Puis un. Blummenfelt a d’abord gagné la guerre psychologique avec ses deux derniers rivaux. Il leur a fait comprendre qu’il ne craquerait pas et que rien n’allait entraver sa course triomphale vers l’or olympique. Le regard que lui a jeté Yee une fois la ligne franchie en disait long. Wilde a accueilli sa médaille de bronze avec le sourire du devoir accompli. Une trentaine de secondes plus tard, Van Riel a réglé Brownlee et McDowell pour une médaille en chocolat qui ne suffisait pas à son bonheur. Il signe pourtant le meilleur résultat d'un Belge dans un triathlon olympique, l'une des plus belles perfs de sa carrière. Mais aux Jeux, seul le podium compte. Surtout quand il a semblé si proche.

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