Culture & Musique

"Joan Miro, l'essence des choses passées et présentes", une expo qui modifie le regard porté sur l’artiste catalan au Bam Mons

Miro, Figures devant la lune

© successio Miro/Sabam Belgium

Le Musée des Beaux-Arts de Mons présente jusqu’au 8 janvier 2023 une exposition Joan Miro (1893-1983) qui modifie le regard porté sur l’artiste catalan. L'essence des choses passées et présentes rend perceptible la démarche du créateur qui recherche l’essentiel du trait. Miro n’est pas un peintre au style enfantin et au geste spontané qui projette sur la toile des formes abstraites. L’art de Miro teinté d’onirisme n’est ni impulsif, ni abstrait. Il atteint la substantifique moelle de la forme en gommant tout élément superflu. Miro est un calligraphe de la forme qu’il conduit à la limite de la dissolution sans jamais perdre l’identité de la figure à représenter.

La formation

Joan Miro associé au mouvement surréaliste a reçu une formation académique à Barcelone marquée par le fauvisme et le cubisme. Le Catalan international a poursuivi l’expérimentation à Paris. Peintre, sculpteur, graveur et céramiste, il est parti à la conquête de la matière et de l’espace où le rêve rejoint le réel.

Miro, Portrait d'une danseuse espagnole 1921
Miro, La Plage à Cambrils, 1917
Nature morte au couteau, 1916.scal Goffaux
Miro, Sans titre, 1973
Miro Intérieur hollandais 17e siècle
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Les sources

L’œuvre est ancrée dans l’art du passé. Les sources se dévoilent dans un parcours thématique qui sonde les influences de Miro : l’art pariétal, le primitivisme, l’art roman, la Renaissance flamande, la Renaissance italienne et l’âge d’or hollandais du XVIIe siècle. Les influences extra-européennes étonnent : d’une part, la calligraphie japonaise et La Grande Vague de Kanagawa de Hokusai et d’autre part, l’expressionnisme abstrait américain. Miro expérimente le dripping et emprunte les grands formats de Jackson Pollock au début des années 60.

La transformation

Des dispositifs numériques permettent de pointer quelques œuvres de l’histoire de l’art dont Miro extrait des figures qui lui inspireront des esquisses qu’il intégrera dans ses travaux. Le Jardin des délices de Jérôme Bosch et La Fornarina de Raphaël livrent une éloquente démonstration. Le passé et le présent nourrissent le travail d’un créateur respectueux de l’histoire et du patrimoine qui s’est exercé à " assassiner la peinture ", la brûler ou la trouer, pour la rappeler à son essence et son exigence profonde et l’irriguer d’un feu intérieur.

 

Xavier Roland, directeur du BAM, au micro de Pascal Goffaux.

Juan Miro, au BAM à Mons

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