Judo

Judo : Matthias Casse en quête du doublé « Je dois prouver que je suis encore le meilleur du monde »

Loading...

Il s’est envolé vers Tachkent pour défendre son titre. Direction l’Ouzbékistan, pays organisateur de la 39ème édition des championnats du monde du judo. Matthias Casse combattra dimanche pour tenter de rééditer l’exploit en -81kg. L’an dernier, à Budapest, l’Anversois est devenu le 1er judoka belge masculin à devenir champion du monde. Une performance historique que même Robert Van de Walle n’avait pas réussi avant lui.

Aujourd’hui, Matthias Casse a la ferme intention de conserver le dossard rouge, le signe distinctif du champion du monde dans chaque catégorie.

"C’est chouette d’y aller avec le titre. Avec le dossard rouge. Mais ça ajoute un peu de pression supplémentaire" déclare Matthias Casse. "J’essaie de me concentrer sur moi-même. J’ai fait tout ce que je pouvais pour être en top forme, pour battre tout le monde. Je ne vois aucune raison de ne pas le faire encore une fois. Un an s’est écoulé. Maintenant, c’est à moi de prouver que je suis encore là et que je suis encore le meilleur du monde".

Matthias Casse est fin prêt à défendre son titre aux mondiaux de judo à Tachkent
Matthias Casse est fin prêt à défendre son titre aux mondiaux de judo à Tachkent © Tous droits réservés

Pour relever ce défi, le tenant du titre a fait beaucoup de volume, beaucoup de stages. Aux Pays-Bas, au Portugal, en Autriche mais aussi en Italie. Il a combattu face à des judokas venus du monde entier pour être le mieux armé pour les mondiaux. Un rendez-vous tellement relevé qu’il est parfois plus difficile de devenir champion du monde que champion olympique.

Le volume et la qualité sont plus élévés aux mondiaux qu’aux JO

"Les championnats du monde, c’est chaque année. Il y a plus d’opportunités que pour les JO, mais les règles sont un peu différentes" explique le médaillé de bronze des JO de Tokyo. "2 Japonais, 2 Géorgiens, 2 Azéris, 2 Français,… peuvent combattre dans chaque catégorie. Donc, le volume des participants et la qualité sont plus élevés ici que pendant les Jeux Olympiques".

Nouveau coach, nouveau challenge

Et depuis quelques semaines, l’Anversois travaille avec un nouveau coach au palmarès prestigieux. Udo Quellmalz, double champion du monde et champion olympique à Atlanta en 1996. Un judoka allemand qui a entraîné précédemment les judokas britanniques et autrichiens avant de rejoindre Judo Vlaanderen cet été.

Après le bronze à Barcelone, l’Allemand Udo Quellmalz a décroché le titre olympique aux JO d’Atlanta en 1996.
Après le bronze à Barcelone, l’Allemand Udo Quellmalz a décroché le titre olympique aux JO d’Atlanta en 1996. © Belga

"Comme athlète et comme coach, il a fait une finale olympique. Il a une énorme expérience" ajoute le numéro 2 mondial. "Je suis heureux qu’il puisse la partager avec nous. Il reste très calme, mais il a encore le feu en lui. Je suis sûr qu’il est capable de donner des petits conseils au bon moment pour me calmer, me donner un peu plus de confiance et me donner un petit pourcentage supplémentaire pour gagner".

Vainqueur à Almada et Tel Aviv en début de saison, Matthias Casse est aussi devenu vice-champion d’Europe pour la 2ème année consécutive. Udo Quellmalz est sous le charme de son nouvel élève.

C’est un rêve pour un coach d’entraîner un athlète si complet

"Matthias est très professionnel. Très concentré. C’est un modèle pour beaucoup de judokas dans l’équipe" analyse le coach allemand. "C’est vraiment difficile de le critiquer parce que c’est quelqu’un qui s’entraîne très fort. Il a une telle variété de techniques. A droite, à gauche. Des mouvements vers l’avant, vers l’arrière. C’est vraiment un rêve pour un coach d’avoir un athlète si complet. D’un point de vue technique judo, il est incroyable".

4 médailles belges à l’Euro, combien aux mondiaux ?

Matthias Casse ne sera pas le seul Belge engagé dans ces mondiaux. La Belgique envoie 9 judokas à Tachkent. 5 hommes, 4 femmes. Du lourd pour briguer des médailles dans cet événement qui rassemble 5 continents, 87 pays participants et 584 judokas sur les tatamis.

"On a vraiment une belle équipe" souligne Cédric Taymans, directeur technique de la fédération francophone belge de judo. "Quand on voit nos individualités, on a la possibilité de faire des résultats. Sur papier, on a quand même pas mal de tête de série. Jorre Verstraeten est numéro 3 mondial, Sami Chouchi, 7ème du ranking mondial, Matthias Casse, numéro 2 mondial,… Il y a de quoi faire mais il faudra répondre présent le Jour J".

Et dès ce jeudi, Ellen Salens (IJF38/-48kg) et Jorre Verstraeten (IJF3/-60kg) entrent en lice. Pour le Louvaniste de 24 ans, il s’agit de sa 4ème participation aux championnats du monde. Vainqueur du Grand Chelem de Budapest début juillet, le Belge a parfaitement démarré les qualifications olympiques pour Paris 2024. Après 3 podiums consécutifs à l’Euro, il rêve d’un premier podium mondial.

"J’ai hâte de combattre" explique le triple médaillé de bronze à l’Euro. "Je pense que j’ai beaucoup évolué les dernières années. Et après, les Jeux Olympiques, on a eu un peu de repos. J’ai eu une blessure. J’ai vraiment utilisé ce temps pour progresser. Et avec la maturité, c’est un peu logique aussi. On a fait du bon travail. Et je pense que je n’ai jamais été aussi fort".

Jorre Verstraeten durant la dernière phase de préparation avant les mondiaux de judo
Jorre Verstraeten durant la dernière phase de préparation avant les mondiaux de judo © RTBF

Même constat pour Mina Libeer (IJF12/-57kg). La Gantoise, également en bronze à l’Euro réalise la meilleure saison de sa carrière. La judokate affiliée au club de Merelbeke a remporté 3 médailles cette année. Après des podiums à Sofia, Zagreb et Coimbra, Libeer combattra vendredi avec l’ambition de monter sur la boîte. Comme lors de sa 3ème place aux mondiaux junior en 2017.

Samedi, ce sera la grande première de Malik Umayev (IJF137) dans un championnat du monde senior. Le Liégeois a fait le choix de redescendre en -73kg. Sa vitesse et son explosivité pourraient faire des ravages dans cette catégorie. Le garçon de 22 ans affirme ses ambitions. Sans complexe. "L’objectif quand je pars en compétition, c’est de tout gagner !".

Dans la catégorie reine des -81kg, ils seront deux à viser le podium le 9 octobre. Matthias Casse (IJF2) , le tenant du titre mais aussi Sami Chouchi (IJF7). Le Bruxellois affiche des stats excellentes en 2022. 4 tournois, 3 médailles. Le bronze à chaque fois ! Au Grand Chelem de Paris, à Tel Aviv et aussi à l’Euro de Sofia. Chouchi participera pour la 5ème fois de sa carrière aux mondiaux. Un rendez-vous qui le motive depuis toujours.

"Sami a fait une grosse préparation" détaille Cédric Taymans. "Il s’est vraiment donné les moyens. Il y a un vrai professionnalisme qui s’est mis en place lui. Et il sait où il veut aller. Il l’a souvent dit… 'Moi, c’est champion du monde !' Maintenant, on verra. C’est bien de l’avoir en tête parce que celui qui me dit qu’il ne veut rien faire aux championnats du monde, je pense que c’est un loser. Et Sami, c’est un winner ! Il a 29 ans. Je crois qu’il a pris vraiment possession de tous ses moyens. Sami, c’est le feu ! Je pense qu’il peut vraiment mettre le feu sur un championnat et on attend beaucoup de lui".

Sami, c’est le feu ! C’est un winner !

Deux Liégeoises seront aussi du voyage à Tachkent. Gabriella Willems (IJF41) en -70kg et Sophie Berger (IJF55) en -78kg. Point commun ? Elles reviennent toutes les deux d’une grave blessure au genou. Après sa longue revalidation, Gaby Willems a repris la compétition à l’occasion de l’Euro. Aujourd’hui, elle poursuit son come-back avec une 3ème participation aux championnats du monde.

Retour aussi pour Sophie Berger. A 25 ans, la double championne de Belgique vient de terminer 3ème de l’Open d’Oberwart en Autriche. Un tournoi de préparation pour les mondiaux après une opération et 10 mois sans judo.

"10 mois sans judo, ça a été long" explique la Liégeoise. "C’est déjà la 2ème fois que ça m’arrive. Donc, je suis contente de reprendre sur les tapis de compétition. A ma première compétition, j’ai été agréablement surprise. Je n’ai pas eu trop de stress. J’étais bien. Je vais essayer d’avoir le même état d’esprit même si c’est un grand championnat. C’est sûr que je ne vais pas là pour me balader".

Le 11 octobre, Toma Nikiforov (IJF8/-100kg) fera son entrée dans le tournoi. Le Bruxellois a très bien entamé la saison avec un succès prestigieux au Grand Chelem de Paris. La suite, c’est une blessure aux côtes qui l’a privé de l’Euro de Sofia. Aujourd’hui, les petits bobos sont derrière lui, même si la fin de sa préparation a été un peu perturbée par des douleurs à l’épaule. Le Belge compte déjà 2 médailles mondiales à son palmarès. Le bronze décroché en 2015 malgré de terribles crampes aux bras lors d’un duel épique face au Français, Cyrille Maret. Et l’argent après avoir perdu en finale des mondiaux toutes catégories en 2017 contre… Teddy Riner. En 2022, il va retrouver Tachkent. Une ville qui lui rappelle de bons souvenirs.

"C’est là-bas que j’ai gagné le premier Grand Chelem de ma carrière l’an dernier" se rappelle le double champion d’Europe. "Les Ouzbeks vont m’attendre de pied ferme parce que j’ai eu une petite altercation avec un Ouzbek là-bas. La concurrence va être rude, c’est sûr. Mais ça reste un gros objectif à atteindre parce que j’ai vraiment envie d’être champion du monde".

Matthias Casse devient le premier Belge champion du monde

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous