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Julie Allemand, la meneuse des Belgian Cats : "La Belgique a sa place à la Coupe du Monde"

JULIE ALLEMAND, LE MOTEUR DES BELGIAN CATS, VISE UNE DEUXIEME QUALIFICATION EN COUPE DU MONDE

© PHOTO BELGA – DIRK WAEM

10 févr. 2022 à 11:34Temps de lecture5 min
Par Pierre Capart

Les Belgian Cats vont tenter de valider leur ticket pour les Championnats du Monde qui se dérouleront au mois de septembre en Australie. Pour cela, les Cats doivent bien négocier leur tournoi qualificatif qui démarre ce jeudi à Washington. Notre équipe nationale de basket va affronter Porto Rico ce jeudi, les Etats-Unis vendredi et enfin la Russie dimanche. La Belgique a de fortes chances pour atteindre cet objectif dans la mesure où les USA, médaillés olympiques et champions du monde en titre, sont déjà qualifiés.

Un succès pour commencer contre les Portoricaines pourrait déjà suffire. Pour Julie Allemand, la meneuse belge, les Cats ont tout en main pour participer à un deuxième Mondial d’affilée. A 25 ans, la Liégeoise, qui évolue en club à Lyon, a acquis une autre dimension. Elle s’apprête d’ailleurs à franchir un nouveau palier en WNBA avec le Chicago Sky, champion en titre. Julie Allemand, qui est donc devenue une valeur sûre des Belgian Cats, s’est confiée juste avant ce tournoi qualificatif…

Julie, on sait que vous avez connu une période un peu compliquée récemment mais vous semblez malgré tout heureuse de retrouver les Belgian Cats pour participer à ce tournoi qualificatif ?

" Franchement, cela me fait vraiment plaisir de revenir en équipe nationale et de jouer pour mon pays. Je pense même qu’il était temps. Il faut dire que les dernières semaines n’ont pas été faciles pour moi. Comme je l’ai confié sur les réseaux sociaux, j’ai tout d’abord été en burn out après les jeux olympiques de Tokyo. J’étais un peu en dépression et j’avais même perdu l’envie de jouer. J’ai ensuite contracté le Covid il y a quelques semaines. Je n’ai pas eu de symptômes particuliers, si ce n’est une grosse fatigue. Heureusement, ça va beaucoup mieux maintenant même si je n’ai pas encore retrouvé mon meilleur niveau mais je sens que je suis sur la bonne voie et le plaisir est en train de revenir. Il y a aussi un petit manque de rythme avec les matches reportés du championnat de France. Ce tournoi tombe donc à pic. J’ai hâte de renouer avec la compétition et je compte bien tout donner pour aider les Cats à décrocher une nouvelle qualification pour le Mondial. "

Les Belgian Cats ont une belle carte à jouer dans ce tournoi, d’autant que les Etats-Unis sont déjà qualifiés. Le premier match contre Porto Rico pourrait donc être déjà décisif ?

" Oui, c’est clair et net. La victoire est indispensable face à Porto Rico. Nous devons remporter ce match qui nous mettrait en confiance pour la suite et pourrait peut-être même déjà nous qualifier avant de disputer les deux autres rencontres. On sait que le match contre les Etats-Unis n’aura peut-être pas d’importance sachant qu’ils ne joueront pas contre la Russie. On va donc se focaliser tout d’abord sur Porto Rico et ensuite sur la Russie car on ne peut pas tout contrôler."

Le fait de devoir disputer le dernier à Saint-Domingue ne fait pas vraiment vos affaires ?

" Alors là, pas du tout et nous l’avons fait clairement savoir à la FIBA. Nous ne sommes pas d’accord avec cette décision mais malheureusement nous n’avons pas vraiment le choix. On va donc devoir s’envoler samedi vers la République dominicaine avec deux matches dans les jambes, disputés aux Etats-Unis alors que le Russie n’aura joué qu’une seule rencontre et sera déjà sur place où elle aura eu le temps de s’acclimater. C’est donc clairement un avantage pour l’équipe russe "

Malgré ce contretemps, les Belgian Cats ont de fortes chances de se qualifier ?

" Absolument. Comme je l’ai dit, nous devons tout d’abord battre Porto Rico ainsi peut-être que la Russie et nous serons qualifiées pour ces championnats du monde. Nous devons donc croire en nos chances avec cette équipe belge qui depuis cinq ans a enchaîné tous les grands tournois."

Nous ne sommes plus la petite Belgique, nous sommes quand même 6èmes au ranking mondial 

Les Belgian Cats poursuivent donc leur belle aventure avec en point de mire une deuxième participation d’affilée à une Coupe du monde. Ce serait fantastique pour un pays comme la Belgique ?

" Oui, ce serait fantastique mais nous en avons les moyens donc ce serait pour moi une réelle déception si on ne parvenait pas à se qualifier. C’est ainsi que nous devons voir les choses. Ce serait historique, c’est vrai, mais je pense que nous avons notre place au Mondial. Nous ne sommes plus la petite Belgique comme on n’arrête pas de le dire. Nous sommes quand même 6es au ranking mondial et on se doit d’être à Sydney au mois de septembre."

Cette équipe belge aura toutefois un autre visage avec quelques changements dans l’équipe. Cela ne va pas nuire à la cohésion ?

" Je ne pense pas. On travaille dans la continuité mais c’est vrai que l’équipe est en pleine mutation avec un nouveau coach, Valéry Demory, qui amène ses principes et ses idées, mais aussi quelques nouvelles têtes comme Hind Ben Abdelkader avec qui j’ai joué en sélections chez les jeunes. Je la connais bien et je suis convaincue qu’elle va nous apporter beaucoup, surtout offensivement. Il faudra peut-être un peu de temps mais elle va vite s’intégrer et c’est un atout de plus pour l’équipe belge. Il y a aussi des jeunes joueuses qui ont rejoint le groupe pour remplacer les joueuses parties. Nous devons créer ensemble cette alchimie et surtout avoir confiance en nos moyens."

Quelles sont les principales forces de cette équipe belge ?

" C’est avant tout le groupe. Même s’il y a des individualités, c’est le collectif qui fait la force des Belgian Cats. C’est aussi l’énergie déployée par les joueuses. Avec la foi qu’il y a dans ce groupe, on peut soulever des montagnes. On doit garder cet enthousiasme pour développer notre jeu qui a fait ses preuves ces dernières années et j’espère que ça va continuer de la sorte en nous qualifiant pour une nouvelle Coupe du Monde et pourquoi pas viser plus loin avec les JO de Paris en 2024."

Enfin, à titre personnel, vous allez disputer une deuxième saison en WNBA avec une nouvelle franchise, celle de Chicago Sky, championne en titre. C’est un nouveau palier, et quel palier..., dans votre carrière ?

" La nouvelle a été officialisée il y a quelques jours. Après Indiana Fever, je vais en effet poursuivre l’aventure en WNBA à Chicago. Je suis vraiment excitée et contente pour plein de raisons. J’apprécie tout d’abord le coach qui n’est autre que le mari de la Directrice Sportive de Montpellier où j’ai joué l’an dernier. Je suis sûre qu’il va me faire progresser. Ensuite, c’est une équipe performante qui a été championne la saison passée. Le challenge sera de décrocher un nouveau titre et d’aller chercher cette fameuse bague qui fait rêver. En plus, je serai un peu en pays de connaissance avec Ann Wauters, la nouvelle assistante-coach de l’équipe, et peut-être Emma Meesseman dont le nom est cité avec insistance. Bref, je me réjouis et j’ai bien sûr hâte d’y être même si avant cela il y aura d’autres objectifs à atteindre avec mon club de Lyon et bien sûr les Belgian Cats. A commencer par ce tournoi qualificatif à Washington."

Le tournoi qualificatif des Belgian Cats sera à suivre cette semaine sur les médias de la RTBF : Belgique – Porto Rico jeudi à 22h30 (sur Tipik et Auvio), Belgique – USA samedi matin 0h30 (sur Auvio) et Belgique – Russie dimanche 21h30 (sur Tipik et Auvio).

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