Ensemble pour la planète

Julien Lesceux, catalyseur de projets de transition écologique

Julien Lesceux est un homme passionné par les transitions personnelles et sociétales. Après avoir vécu d’innombrables expériences à la recherche de sa juste place dans la société qui lui permet de s’épanouir et de contribuer concrètement à un monde meilleur, Julien met aujourd’hui son savoir au service des autres. Que ce soit à l’Institut Eco-Conseil, via ses coachings individuels ou encore à travers le réseau Transition, il accompagne de nombreuses personnes désirant retrouver le sens et la confiance pour agir positivement pour la planète.

Après une enfance paisible dans le Brabant Wallon, en contact permanent avec la nature, Julien entreprend des études de communication à l’IHECS à Bruxelles. "J’avais l’envie de devenir journaliste. Étrangement, après mon bachelier, je me suis plutôt orienté vers la publicité. Avec le recul, je pense que la publicité était quelque chose qui m’intriguait. Je ne comprenais pas ses mécanismes. Comment tout le monde se retrouvait à acheter le même produit, alors qu’on trouvait les publicités si ridicules ? " Inconsciemment, son intérêt pour les changements de comportement se manifeste déjà. "C’était assez difficile comme période, car aux études, nous avions une approche marketing pure et dure, sans aucune réflexion éthique." Avec son incitation à la consommation, la publicité est aux antipodes de la transition écologique. D’ailleurs, Julien prendra un certain temps avant de se réconcilier avec ce terme…

Julien Lesceux

Tout a un sens

Fraîchement diplômé, il se lance dans une première expérience professionnelle en tant que commercial dans la presse. "J’ai alors cru que ma voie était toute tracée. Mais très vite, j’ai ressenti ce besoin de mettre du sens. Sans les identifier, je n’étais pas en accord avec mes valeurs." À 23 ans, il décide de quitter son emploi, sa stabilité et part en voyage itinérant de plusieurs mois à travers l’Amérique du Sud. "C’était la première fois que je prenais une décision personnelle aussi forte. Là-bas, je me suis découvert une fibre sociale. J’ai compris que je voulais apporter quelque chose de positif à ce monde."

Ce voyage est transformateur. De retour en Belgique, Julien suit une formation en coopération et développement et rejoint Enabel, l’Agence belge de développement. "J’ai été sélectionné pour participer au projet dont je rêvais, au Pérou. Durant près de trois années, j’ai accompagné des organisations d’agriculteurs et d’artisans dans leur déploiement commercial et leur transition vers des modes de productions plus durables." Là-bas, il est confronté aux inégalités Nord/Sud face au réchauffement climatique. À savoir que les populations les plus pauvres de notre planète n’émettent que 10% des rejets polluants mais en souffrent le plus. "Au Pérou, j’ai ressenti, dans la population au sens large, une forte conscience des enjeux environnementaux. On me parlait fréquemment de l’enneigement des montagnes qui diminuait d’années en années, de l’augmentation des fortes pluies et inondations d’un côté et des sécheresses de l’autre… C’était en 2008."

Julien Lesceux

Touché par l’impact des changements climatiques bien visibles dans cette partie du monde, il décide de se former aux enjeux du développement durable à l’Institut Eco-Conseil à Namur avant de devenir coordinateur de projets et porte-parole francophone de l’organisation de commerce équitable Fairtrade entre 2012 et 2015.

En 2016, enthousiasmé par le film ‘Demain’ de Cyril Dion, Julien décide de se lancer comme formateur et conseiller en communication. " J’accompagnais le rayonnement de projets et organisations à impact sociétal positif, uniquement ! " C’est à ce moment-là qu’il se réconcilie avec les termes ‘marketing’ et ‘publicité’. "En étant plus proche de ce qui m’anime, j’ai compris qu’on pouvait mettre toutes les techniques pour inciter un changement de comportement au service de causes plus nobles. Comment mettre en place des projets positifs ? Comment donner l’envie de se mettre en mouvement ? Les intentions sont bien différentes, mais les mécanismes sont les mêmes."

En parallèle, il découvre les Villes en Transition initiées par Rob Hopkins. Avec énergie, il parvient à mobiliser une centaine de personnes dans sa commune de Court-Saint-Étienne pour créer le mouvement ‘Transition en Court’.

Julien Lesceux

D’un côté à l’autre du banc

En 2018, alors qu’il est sur le point de faire une consultance pour l’Institut d’Eco-Conseil, Julien intègre pleinement l’équipe comme responsable communication et marketing. "Cet organisme est l’un des pionniers de la transition." Basé à Namur et actif depuis 1989, il a pour mission d’augmenter la capacité d’agir des personnes et des organisations, de faciliter les transitions socio-écologiques et favoriser la résilience en Belgique et à l’international. En plus de 30 ans d’existence, 1.000 personnes y ont déjà été formées et travaillent aujourd’hui dans différentes structures (administrations, entreprises, associations, etc.). "La force de l’Institut est de mêler un apprentissage théorique assez large des enjeux à une méthodologie concrète pour pouvoir accompagner le changement."

Différentes formations y sont proposées, pour tous types d’acteurs. "Il y a des étudiants, des demandeurs d’emploi et même des employés. Ces derniers viennent avec un projet qu’ils portent au sein de leur entreprise. Une à deux fois par semaine, on les forme et les accompagne dans la mise en œuvre de ce projet spécifique."

Academia

Dès septembre 2022 naîtra un nouveau projet au sein de l’Institut Eco-Conseil : Academia, des formations courtes et ciblées, à la carte. "On observe une réelle prise de conscience, au sens large, de la population. Aujourd’hui, il y a un réel besoin d’accompagnement dans ce passage à l’action."  L’objectif de ces formations est de toucher un public encore plus large. Notamment, ‘les décideurs’, ceux qui occupent des postes clés dans les administrations ou entreprises. "Car ce sont des leviers de changement essentiels qu’il faut activer." Academia sera entièrement dévoilé lors du festival Maintenant!, à Louvain-la-Neuve.

Coaching et musique, des projets à n’en plus finir

Riche d’un parcours aux multiples reconversions et débordant d’énergie positive, Julien s’est dernièrement relancé comme indépendant complémentaire. "À côté de mon rôle à l’Institut, j’aide les personnes à être plus en contact avec leurs ressources, leurs potentiels et je les accompagne dans la réalisation de leurs projets professionnels. Aujourd’hui, je me sens à ma place, mais il y a eu beaucoup de changements. Je sais dans mes tripes ce que c’est de ne pas être bien dans un boulot. Et je sais que dans cette situation-là, on a besoin d’être accompagné."

Pour soutenir le passage à l’action, Julien utilise entre autres la musique. "Je me suis découvert une passion pour l’écriture de chansons. J’y raconte ma transition et tous les changements positifs que j’observe au quotidien. Certaines chansons sont plus dures et évoquent la réalité dans laquelle nous vivons, nos émotions, ce qui nous bloque pour passer à l’action." Avec quelques copains, ils forment désormais le groupe ‘Buen Vivir Orchestra’ et ont réalisé une dizaine de chansons. "Je rêve d’insuffler, grâce au pouvoir des mots, des notes et du rythme une énergie libératrice et mobilisatrice pour accompagner les transitions multiples." Leur toute première chanson accompagne d’ailleurs les différentes éditions du festival Maintenant!.

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De nature optimiste

"On a tous quelque chose qui nous anime au fond de nous. On n’a pas nécessairement été encouragé à l’entendre, que du contraire. Mais à un moment, cette voix prend de plus en plus de place et nous invite à l’écouter." Julien conserve un grand espoir quant à notre capacité à bifurquer à grande échelle. "J’observe quotidiennement un nombre croissant de personnes en transition, dans tous les secteurs."  Et même s’il évolue dans un microcosme, il se rassure avec un concept marketing bien connu : la courbe d’adoption des produits nouveaux. "Cette courbe démontre que pour avoir un basculement, un changement de paradigme, il ne faut pas énormément de personnes. 3% peut suffire pour déclencher un changement beaucoup plus large." Pour lui, l’enjeu est d’accompagner ces personnes dans leur élan de transition pour contribuer au basculement d’une masse plus importante de la population. "La peur réside plutôt dans la question suivante : est-ce que ça ira assez vite ?"

Réseau wallon du Développement Rural

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