Roland Garros - Tennis

Justine Henin et Carlos Rodriguez, un duo improbable...

Le 7 juin 2003, Justine Henin  remportait le premier de ses sept titres en Grand Chelem. C'était à Roland-Garros.

17 ans plus tard, jour pour jour, Benjamin Deceuninck et Raffaela Raschella  nous proposent, ce dimanche, sur la Deux, à partir de 14 Heures, un documentaire de 90 minutes, intitulé : " J'espère que t'es fière de moi, maman." 

Tout au long de cette semaine, nous sommes revenus sur quelques-uns des thèmes abordés par Justine pendant cet entretien.

Rien d'un long fleuve tranquille...

" Carlos était le garant de cette confiance que je n'avais pas toujours en moi. Quand je vascillais fort, il n'y avait que lui qui savait me prendre la tête hors de l'eau. C'était le seul. Il a été, pour moi, un grand coach tennistique mais surtout sur le plan mental, il me montrait qu'il croyait en moi."

Justine n'a que quatorze ans lorsqu'elle entame sa collaboration avec Carlos Rodriguez. La joueuse et le coach ne se quitteront plus jusqu'à la fin de sa carrière. Impensable, aujourd'hui !

La collaboration entre les deux personnes n'a pas toujours été un fleuve tranquille mais elle s'est toujours passée dans un respect mutuel. L'Argentin n'a jamais laissé jamais Justine dans sa zone de confort.

Elle se souvient du débriefing qui a suivi son huitième de finale remporté face à Kuznetsova, après avoir sauvé deux balles de match. " Nous avons eu une discussion à la sortie de ce match. Je me suis fait sonner les cloches. Il fallait une réaction, c'est clair!"

Autre flash-back en 2004, Justine s'incline au second tour contre l'Italienne Tathiana Garbin et en conférence de presse, Carlos est volontairement provocateur dans ses propos :" Ca fait du bien de prendre de temps en temps une claque pour revenir les pieds sur terre." Des messages durs que Justine acceptait même si parfois, c'était un peu compliqué. " Carlos utilisait ces moyens-là pour me faire réagir. Il m'a parfois lancer de petites vacheries, il savait qu'il allait me piquer. Ca faisait partie du coaching."

Aujourd'hui, avec le recul, Justine apprécie encore davantage cette collaboration avec son coach et elle comprend aussi le secret de cette longévité exceptionnelle. " Ca a été une chance dans ma vie de rencontrer quelqu'un qui m'a fait confiance sur le chemin. Le message, le plus fort qu'il m'ait transmis, c'était son engagement à mes côtés. Il a fait beaucoup de sacrifices familiaux, il croyait en moi. Il voulait m'aider à réaliser mes rêves, mes objectifs. Il le faisait aussi pour lui. Nous avons construit une relation de confiance. Tout n'a pas été facile. J'étais très jeune, j'étais dans une situation familiale complexe à l'époque. J'étais fort seule dans ma vie et c'est quelqu'un qui est devenu une partie de ma famille. Je suis la marraine de son deuxième enfant, c'est une partie de ma famille."

Les questions matérielles n'ont jamais pollué leur relation. " Il n'y a jamais eu de relation d'argent entre nous, jamais, jamais...Tout a toujours été fluide parce que nos priorités étaient toutes autres. Développer cette relation, grandir ensemble, apprendre l'un de l'autre, c'était quelque chose d'important."

Après la fin de sa carrière, Justine a créé son Académie  ensemble mais comme associés, ils avaient des divergences de vue et ils ont préféré ne pas insister.

" En tant qu'amie, il fait partie des personnes qui me connaissent le mieux parce que j'ai accepté aussi que tout ne serait pas parfait dans notre relation, que tout ne serait pas facile et je suis partie du principe qu'il était là pour mon bien. Et l'histoire m' a prouvé que j'avais raison, que cette confiance n'a pas été trahie. C'était un duo très fort et beaucoup de personnes ont pensé que Carlos avait une influence sur moi. C'était vrai mais quand je regarde tout ce que cela m'a apporté et indépendamment des résultats tennistiques, je n'ai aucun regret de m'être engagée, d'avoir construit une relation dans laquelle on a grandi tous les deux."

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