Transmission

Karine Deshayes et Blandine Coulon, la rencontre de deux voix centrales et agiles

© Karine Deshayes (c) Amber De Vos/Patrick McMullan via Getty Images – Blandine Coulon (c) Martin Roux

04 oct. 2022 à 08:38Temps de lecture3 min
Par Brigitte Mahaux et Paula Floch

Cette semaine dans "Transmission", place à la voix de "mezzo-soprano" avec Blandine Coulon et Karine Deshayes ; elles se sont rencontrées à l’occasion des représentations des Huguenots de Meyerbeer, la saison dernière à la Monnaie. La grande Karine Deshayes incarnait Valentine, et la prometteuse Blandine Coulon chantait une Dame d’Honneur de la Reine : des rôles qui entrent en résonance avec la rencontre de ces deux voix centrales et agiles, et de ces deux générations d’artistes.

C’est à La Monnaie que Blandine Coulon développe sa passion pour le chant, d’abord dans les chœurs, puis en intégrant la MM Soloist Academy, qui permet aux chanteurs de demain de faire leurs premiers pas de soliste sur la scène de l’Opéra. Elle construit sa technique et développe sa personnalité artistique avec Benoît Giaux à l’IMEP. Blandine Coulon s’y démarque par un univers musical affirmé et original. Elle partage avec nous son interprétation des mélodies de Lorie Laitman, compositrice américaine, et son projet de récital autour d’Emilie Dickinson. Elle raconte aussi ses premières musiques avec un papa joueur de banjo, qui lui fera chanter à 4 ou 5 ans, Sympathique de Pink Martini. Elle découvrira ensuite que c’est d’un poème d’Apollinaire que cette chanson un rien " subversive " s’inspire. Ces mêmes vers qui ont donné à Poulenc l’envie de composer Hôtels. Son rapport affectif à la poésie, les expériences théâtrales de Blandine Coulon sculptent son profil de chanteuse. Sa curiosité, son caractère bien personnel, et sa capacité de travail lui donnent envie de projets qu’elle peut générer elle-même. C’est dans cet esprit aussi qu’elle désire retourner à la racine de la pratique vocale baroque : elle intègre cette année la classe de Stéphane Fuget au CRR de Paris. Mozart, Bellini rythment aussi son répertoire ; Rossini, elle veut être plus loin encore sur son parcours pour s’y frotter…

Rossini, un compositeur qui sied à merveille à la chanteuse d’envergure internationale qu’est Karine Deshayes, qui a pris le train depuis Paris, spécialement pour accompagner Blandine. Aux yeux de la mezzo-soprano française, généreuse et humaine, la transmission, ça a du sens… Elles échangent sur cette particularité de la voix, et mezzo, et soprano, sur ce moment de justesse où une voix (et une voie) se dessine…

Karine Deshayes a, au cours de sa carrière d’artiste lyrique et avec ses trois Victoires de la Musique classique, incarné tous les rôles phares. Depuis ses débuts à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Lyon, une des dernières troupes du genre qui ait existé et dans laquelle elle estime avoir forgé le socle de son parcours, la vocalité des héroïnes rossiniennes lui tombe dans la voix. Et le côté " bon vivant " du compositeur lui va très bien aussi… Une de ses premières suggestions musicales dans Transmission, est d’ailleurs un air de Rossini, extrait de la Cenerentola et chanté par son ami le ténor belcantiste Juan Diego Flores. L’Opéra français occupe aussi une place de choix dans son répertoire. Gounod, Massenet, Meyerbeer : tout le relief dramatique de leurs mélodies s’épanouit dans la voix, la diction et la présence de Karine Deshayes. Son dernier enregistrement était d’ailleurs consacré aux Airs d’opéras français " Une Amoureuse Flamme " chez Klarthe, récompensé d’un "Diamant Opéra" par Opéra Magazine. Cette évolution de répertoire, qui s’élargit, s’assombrit et gagne en ambitus lui vaut récemment le rôle-titre de Norma au Festival d’Aix en Provence, l’opéra qui lui a donné l’envie de chanter…

La voix s’étoffe avec le temps donc, et construire un répertoire demande de la patience : c’est un des "petits secrets" que Karine Deshayes transmettra à Blandine Coulon.

 

Karine Deshayes est une merveilleuse Médée, dans l’Opéra Thésée de Lully, interprété par les Talents Lyriques sous la direction de Christophe Rousset. Un opéra que vous pourrez découvrir à Bruxelles le 12 mars 2023 à 17h à BOZAR.

Transmission

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