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Politique

Karine Lalieux : "Je veux une réforme des pensions positive : on incite, on aménage le temps de travail, mais on ne punit pas"

L'invitée de Matin Première : Karine Lalieux

La réforme des pensions, un des grands dossiers de 2022

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31 janv. 2022 à 08:312 min
Par A. Lo. sur base d'une interview de Thomas Gadisseux

Le dossier de la réforme des pensions est un des grands défis du gouvernement Vivaldi. Pour en parler ce lundi, Karine Lalieux, ministre des Pensions et de l’Intégration sociale, sur le plateau de la matinale de La Première.

Point important de cette réforme, proposée en septembre 2021 par la ministre : plus que l’âge de départ de la pension, ce sont les années de travail qui comptent. "C’est une question de justice sociale, on doit calculer le nombre d’années travaillées", insiste la socialiste.

Partir en pension à l’âge 60 ans après 42 ans de travail, ça concerne "quelques milliers de travailleurs" selon Karine Lalieux. "Mais nous voulons soutenir l’emploi, et dire : 'Si vous avez 42 ans de carrière, vous pouvez partir'. Mais faire en sorte, s’il y a les capacités physiques et psychologiques, de travailler plus longtemps, et ils seront récompensés par un bonus pension, qu’ils pourront cumuler pour avoir une pension plus haute."

Ce bonus s’élèverait à "deux euros bruts par jour presté". Reconnaissant que ce n’est pas très incitatif, la ministre veut aller vers "un bonus qui soit plus élevé pour qu’il soutienne plus l’emploi".

"Ce que je veux, c’est une réforme positive : on incite à travailler, on aménage le temps de travail, mais on ne punit pas. Aujourd’hui, le travail n’est pas assez rémunéré dans le cadre de la pension. C’est pour ça que je veux généraliser le deuxième pilier."

Pension minimum et incitation à l’emploi

Cette réforme doit suivre plusieurs grands principes : soutenabilité sociale et financière, justice sociale, et égalité femme/homme : ce dernier point est important, car la question du montant minimum des pensions concerne beaucoup les femmes. Karine Lalieux soutient dix ans de carrière pour une pension minimale, tandis que les libéraux eux, veulent vingt. "Je veux bien entendre vingt ans de travail effectif, mais regardons les chiffres. 65% des gens qui ont aujourd’hui accès à cette pension minimum seront exclus. Et dans ces 65%, une proportion de 70% des femmes."

 

Et de reconnaître que les pensions en Belgique ne sont pas suffisantes. Mais comment favoriser l’emploi afin de soutenir ces pensions ? "Avec plus d’emplois", notamment du côté des personnes pour lesquelles le monde du travail est actuellement peu adapté. "Je vois des personnes handicapées qui me disent, si on aménageait un peu mon environnement de travail, et ma carrière, je pourrais travailler. Si on laisse toutes les personnes en situation de handicap sur le côté, on n’arrivera pas à 80% de taux d’emploi."

"Je travaille également sur le parcours d’intégration. Mais là aussi, l’employeur doit faire confiance à quelqu’un qui est passé par le CPAS parce qu’il a eu un accident dans sa vie, qui a été dans un chômage de longue durée parce qu’il a eu des difficultés."

"Ce que j’espère c’est que la réforme soit effective le 1er janvier 2024." Soit avant la fin de la législature. "Avec les partenaires sociaux, le premier tour de table est fait. Nous avons fait les projections financières et l’impact de genre."

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