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Kate Bollinger, la pop-folk rêveuse et sans limite

Kate Bollinger, la pop-folk rêveuse et sans limite
21 mai 2022 à 13:056 min
Par Diane Theunissen

Dotée d’un sens aigu de la chanson, d’une plume de poète et d’une voix qui réchauffe le cœur, l’auteure-compositrice-interprète Kate Bollinger a toujours su naviguer entre le rêve et la réalité. Après deux EPs délicieusement pop, l’artiste américaine revenait le 22 avril dernier avec Look at it in the Light, un projet de 6 titres aux allures de journal intime qui laisse place à l’expérimentation, au doute et à l’introspection. Rencontre.

Salut Kate ! Il y a quelques semaines, tu sortais ton troisième EP Look at it in the Light. Comment te sens-tu par rapport à cette sortie ?

Ça me fait vraiment du bien de l'avoir sorti. Les chansons me semblent si vieilles à ce stade, simplement parce que nous les avons enregistrées il y a environ un an et qu'elles ont été écrites il y a encore plus longtemps ! C’est vraiment super de les savoir là, présentes dans le monde. 

Comment s'est déroulé le processus de création de ce projet ? Comment les chansons sont-elles nées ?

Toutes les chansons ont suivi un processus différent. Pour certaines d'entre elles, j'ai écrit seule sur ma guitare, dans mon appartement, puis je les ai apportées au producteur, j'en ai parlé au groupe, etc. Et puis j'en ai écrit quelques-unes avec mon producteur John, avec qui j'écris beaucoup de chansons. Si je me souviens bien, l’une des chansons a également été co-écrite avec mon ami Chris qui joue de la guitare dans mon groupe. C'est juste un gros mélange de différentes façons de faire de la musique, ce qui est ma façon préférée de faire les choses. Nous avons enregistré tous les EPs dans un studio près de Richmond, à la campagne en Virginie. Le studio est dans une ferme. C'est un endroit tellement idyllique pour faire de la musique et l'enregistrer, c'est vraiment bien. On adore cet endroit. 

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On t’a longtemps décrite comme une artiste de bedroom pop, mais avec cet EP, on dirait que tu te diriges vers quelque chose de plus folk. Qu’en penses-tu ?

En effet, je pense que je prends une direction plus folk. J'ai grandi en écoutant beaucoup plus de folk que de R&B et de jazz, et quand j'ai commencé à jouer avec le groupe et à écrire avec John, je pense que mon son a commencé à pencher un peu plus vers le jazz et le RnB. Parce que les musiciens avec lesquels je joue sont tous des musiciens de jazz, et John a travaillé avec beaucoup d'artistes hiphop dans le passé. Il y a donc ce gros mélange de toutes nos influences. Je pense qu'au fur et à mesure du temps, j'ai pris de l'assurance et j’ai désormais une meilleure idée de la façon dont je veux que les choses sonnent. Ça devient un peu plus “moi”. Après, c'est toujours un projet de collaboration mais je pense que j'ai une vision plus forte et que je peux mieux guider les musiciens. Mais oui, j'ai écouté plus d'artistes folk ces deux dernières années, c'est probablement pour cela. 

Y a-t-il un ou une artiste folk qui t’a particulièrement inspirée ?

Récemment, j'ai été très attirée par une artiste folk nommée Elyse Weinberg. Il y a cet album que j’adore, enregistré en 1969, le titre Greasepaint Smile est dessus. Elle faisait partie de la scène folk californienne des années 60. Si tu n'en as jamais entendu parler, je te conseille d’aller écouter ! 

En 2020, tu sortais ton deuxième EP A word becomes a sound. Comment ta musique a-t-elle évolué en deux ans ?

Je pense que j'ai beaucoup changé, surtout au cours des deux dernières années. Je suppose que j'ai réalisé certaines choses. La plupart des chansons de Look at it in the Light parlent de ce conflit intérieur entre le désir de se sentir réconforté par les situations familières et le besoin de changer certaines choses dans ma vie. J'ai commencé à me sentir mal à l'aise dans certaines situations mais aussi à m'y adosser parce que c'est ce qui m'est le plus familier. J’ai beaucoup écrit là-dessus quand je travaillais sur l’EP. Maintenant qu'il est sorti, c'est drôle de regarder en arrière parce que j'ai l'impression d'avoir accepté beaucoup de choses que je ressentais en écrivant ces chansons. Je pense que j'ai beaucoup changé depuis que j'ai commencé à écrire l'EP. 

La musique a-t-elle des bienfaits thérapeutiques selon toi ? 

Absolument, et il en a toujours été ainsi pour moi. 

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Tu navigues entre plusieurs genres. Quelle est ta signature sonore ?

Sans doute le refus de s'engager dans un seul son. Je pense que c'est parce que j'ai tellement d'influences différentes, et je ne veux pas vraiment en suivre qu’une seule. Je veux juste faire quelque chose qui soit une combinaison parfaite de toutes ces influences. Beaucoup d'artistes suivent toujours une chose spécifique, et je pense que c'est plus intéressant de combiner un tas de choses différentes.

Dans ton premier EP I Don’t Wanna Lose, tu as inclus une chanson en français : “Je Rêverai à Toi”. Est-ce que c’est quelque chose que tu comptes refaire ?

J'aimerais bien, j'ai adoré écrire cette chanson mais mon français n'est pas très bon (rires). Je ne sais pas si j'ai envie d'écrire en français. Cela dit j'aime beaucoup d'artistes français, et je pense qu'au lieu d'écrire une autre chanson en français, je vais probablement reprendre une chanson de Françoise Hardy ou quelque chose comme ça. À l’époque, je sortais avec quelqu'un qui vivait à Montréal, donc c'est une sorte de chanson d'amour à distance et c'est la raison pour laquelle elle est en français. 

Ton producteur, les membres du groupe et toi-même êtes basés à Richmond en Virginie. Est-ce que cette ville a eu une influence sur ta créativité et ton travail ?

Oui, sans aucun doute. La plupart d'entre eux sont de Richmond – ou viennent de près de Richmond –, ils ont tous suivi un programme de jazz à l'école de musique de Richmond. Elle est assez petite, mais la scène musicale est très importante ici – en partie parce qu'il y a un si bon programme de musique. Je n'ai pas rencontré autant de gens que je l'aurais voulu, principalement parce que j'ai déménagé juste avant la pandémie (je suis de Charlottesville et j'ai déménagé à Richmond il y a un peu plus de deux ans). Mais je pense que si j'avais déménagé ici à un autre moment, j’aurais une plus grande communauté musicale. Mais il y a vraiment beaucoup d'artistes de Richmond que j'admire profondément. 

Richmond est-il très différent de Charlottesville ?

Je pense que Charlottesville a plus de folk et de jam bands, alors que Richmond est un peu plus une ville de jazz. 

Tu choisis le meilleur des deux mondes !

Oui (rires)

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Tu as fait une tournée aux côtés de Real Estate et Faye Webster. Quel impact cette expérience a-t-elle eu sur ta carrière ? 

Je pense que voir Real Estate et Faye Webster et le groupe L'impératrice avec lequel j'ai tourné plus récemment, ça m’a apporté beaucoup. Ils sont tous si différents, c’était vraiment cool de ne pas seulement tourner avec un artiste indépendant, un autre artiste indépendant, et un autre artiste indépendant. J'ai l'impression d'avoir pu tourner avec des groupes de genres différents et de voir les différentes façons de monter un spectacle, c'était vraiment cool pour moi. Surtout avec L'Impératrice, ils s'amusent tellement sur scène. Le premier soir de la tournée, j'ai eu une sorte d'expérience émotionnelle en les regardant parce qu'ils s'amusaient tellement et que le public semblait si heureux de les voir, c'était très puissant à regarder. Faire une tournée avec eux a été l'une des plus grandes expériences que j'ai vécues. 

Dans ta musique, on trouve un côté très fantasmagorique, presque rêveur. Est-ce que le rêve et l’inconscient font partie intégrante de ton projet ?

Je suis ravie que tu penses cela ! Je me sens vraiment très liée à mes rêves. Pendant quatre ans, j’ai tenu un journal dans lequel j’écrivais mes rêves. J’ai toujours dit qu'écrire des chansons ressemblait beaucoup à un rêve pour moi. Parce que ce sont deux expériences subconscientes. Souvent, quand j'écris une chanson, je n'ai pas l'impression d'être nécessairement celle qui écrit, j'ai l'impression que quelque chose se passe dans mon subconscient et que c’est cette chose-là qui écrit la chanson à ma place.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

En juin, je vais faire une tournée de deux semaines sur la côte Est, ainsi qu'à Toronto et à Montréal. Ensuite, j'ai un peu de temps libre que je vais utiliser pour écrire et travailler sur d'autres morceaux. Je vais probablement prendre quelques mois pour faire ça. Ensuite, on va essayer de planifier une tournée aux États-Unis pour l'automne. J'espère revenir en Europe plus tard dans l'automne, on y travaille actuellement ! J’ai dû annuler la tournée et c'était vraiment décevant, mais on essaye d’avoir de nouvelles dates dès que possible. Je veux vraiment faire une tournée en Europe. 

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