Football

Khalilou Fadiga par rapport aux pressions contre la CAN : "c’est une insulte, il faut arrêter de nous prendre de haut"

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07 janv. 2022 à 09:30Temps de lecture3 min
Par Lancelot Meulewaeter

Khalilou Fadiga est un témoin privilégié du football africain. Membre de la Confédération Africaine de Football (CAF), équivalent de l’UEFA, il contribue au rayonnement du football africain dans le monde. A l’aube d’une Coupe d’Afrique des Nations très attendue, pour laquelle le Sénégal fait partie des favoris, il dresse un bilan des remous qui ont émaillé la préparation de cette compétition. Elle débutera dimanche.

"Une CAN, c’est le Graal pour un joueur africain"

Ces dernières semaines, plusieurs clubs européens ont tenté de retenir leurs joueurs africains, afin de les empêcher de représenter leur pays durant la CAN. Une situation qui énerve l’ancien joueur du FC Bruges. "C’est une insulte. Quand tu achètes un joueur, tu l’achètes avec sa nationalité, non ? S’ils achètent ces joueurs, c’est parce qu’ils leur trouvent des qualités. Il faut bien se rendre compte d’une chose : ces clubs ne disent jamais rien quand leurs joueurs européens partent en sélection. Si c’est une fierté absolue pour un joueur de représenter son pays, pourquoi ce le serait moins pour un Sénégalais ? Il faut absolument que ces clubs arrêtent de polémiquer et de nous prendre de haut. Au contraire : la CAN aura bien lieu, et il y en aura beaucoup d’autres à l’avenir." Fadiga est également très clair au sujet de la FIFA, dont le président Gianni Infantino a voulu postposer la CAN à une date ultérieure. "Que la FIFA s’occupe de la Coupe du monde, nous nous occupons de la CAN. Un point, un trait."

Lui-même ancien Lion de la Teranga, avec qui il a disputé la finale de la CAN 2002 (perdue aux tirs au but face au Cameroun), il constate l’évolution positive du niveau du football africain. En tant que membre de la CAF, il est mandaté pendant le tournoi pour dresser des rapports sur les équipes, les entraîneurs et le niveau de jeu général. Cette année, l’organisation peut compter sur plusieurs grandes têtes d’affiche (Mahrez, Salah, Mané) pour rendre l’ensemble encore plus chatoyant. "On a pu se rendre compte des efforts qui ont été consentis par les équipes africaines, notamment au niveau des infrastructures. Auparavant, on entendait encore des équipes avoir des problèmes de règlement de primes… Désormais, les équipes sont carrées. Elles se sont professionnalisées. Elles se collent au référent que sont les équipes européennes. Au niveau du jeu, on voit qu’il y beaucoup de joueurs africains qui évoluent sur le continent européen et qui font partie des meilleurs joueurs du monde."

Le Sénégal, favori ? "Oui, mais…"

Le Sénégal se rendra au Cameroun avec l’étiquette de favori sur les épaules. En 32 éditions, le pays d’Afrique de l’Ouest n’a pourtant jamais remporté la compétition. Une tache dans l’histoire d’un pays fou de football, qui a par ailleurs déjà brillé en Coupe du monde (quart de finale en 2002). "On a l’effectif le plus onéreux de tout le continent africain. Edouard Mendy est l’un des meilleurs gardiens du monde, Kalidou Koulibaly est régulièrement cité parmi les meilleurs défenseurs du globe et Sadio Mané est tout simplement l’un des meilleurs joueurs. Il y a aussi Gana Gueye ou Bouna Sarr. Il y a des joueurs exceptionnels dans toutes les lignes. On espère que ce sera la bonne année pour notre sélection car tous les dirigeants du pays se sont mobilisés pour mettre les joueurs dans de bonnes conditions." Au jeu des pronostics, Fadiga reste cependant prudent. Dans l’histoire, des favoris sont déjà passés à côté de leur tournoi et il n’est pas rare de voir des nations surprises émerger, comme lors de la CAN 2012 où la Zambie avait triomphé. "C’est simple : il n’y a plus de petites équipes. Il y a des équipes que l’on attend comme le Ghana, le Maroc, l’Algérie, l’Egypte et le Cameroun, qui jouera à domicile… Mais à côté de cela, il faudra respecter tout le monde car le plateau est très relevé. De toute manière, il faudra battre tout le monde."

Il reste une chose certaine : le Sénégal va vibrer pour la Coupe d’Afrique des Nations. "L’adage vaut également pour notre pays : ici, il y a 17 millions de sélectionneurs. Et autant de Sénégalais fiers de voir leur nation prester à un haut niveau.

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