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Kiwi Jr. dévoile "Chopper", atterrissage réussi pour ce 3ème album

16 août 2022 à 07:56Temps de lecture3 min
Par Aline Glaudot

Annoncé depuis quelques semaines déjà, les Canadiens de Kiwi Jr. sortaient ce vendredi 12 août leur troisième disque, "Chopper". Souvent (et à raison) comparés aux New-Yorkais des Strokes ou de Parquet Courts, ils livrent ici dix nouveaux titres un brin plus sombres et mélancoliques auxquelles viennent s’inviter le 7e Art et les synthés.

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Il est 13h à Toronto et 19h à Bruxelles quand on parvient à décrocher quelques mots à Jeremy Gaudet, chanteur et guitariste de la formation canadienne. Nous sommes à quelques jours de la sortie de "Chopper" et notre homme se dit anxieux : "Nous avons fini l’album en novembre, ça fait déjà un moment. Donc oui je suis aussi anxieux et soulagé que les gens puissent enfin l’écouter". Il faut dire que les attentes sont grandes pour celui qui succédera au remarquable "Cooler Returns", second opus du quatuor sorti en janvier 2021 et qui fera entrer Kiwi Jr. dans la grande famille du légendaire label Sub Pop, aux côtés de Beach House, Tv Priest ou encore Rolling Blackout Costal Fever.

13 titres hypnotiques comme autant de tubes qui, s’ils ne révolutionnent pas le rock indé, illuminent de leur incroyable efficacité en nous replongeant dans le meilleur du genre des années 90, début 2000.

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Atterrissage nocturne

Sorti en mai 2022, le single "Night Vision" offrait déjà plusieurs précieux indices quant au pédigré de ce troisième disque : le titre pour commencer, "vision nocturne",  thème récurrent qui colorera le reste de l’album. Thème incarné également par l’hélicoptère militaire jaune vif sur fond de ciel menaçant, pièce maîtresse de l’artwork.

"Chopper" survole et s’invite ainsi dans les méandres des récits plus sombres tout droit sortis de la tête du leader et conteur d’histoire, Jeremy Gaudet. Le clip, sorte de court-métrage, sert le propos et suit les déambulations nocturnes de son protagoniste comme tout droit sorti d’un vieux polar américain.

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"Dans ce disque, il y a clairement pas mal de références à différents films et différents acteurs. Ce n’est pas vraiment quelque chose qu’on a cherché à faire consciemment mais c’est arrivé pour une raison ou une autre. Pendant la pandémie on est resté pas mal à la maison à mater des films à la télé et on écrivait nos morceaux en même temps. Certains de ces films ont glissé dans nos morceaux probablement à cause de notre consommation excessive !"

"There’s gotta be another man in the house who’s spending all the money, Someone down in the laundry room keeps shrinking all my shirts", peut-on entendre dans "Parasite II", référence au film du même nom. 

A propos du morceaux "The Extra Sees The Film", Jeremy explique encore: "Il s’agit d’une chanson sur le fait que vous soyez ou non le héros de votre propre histoire ou d’une petite partie de quelque chose de plus grand. C’est se vanter d’être dans un film et d’inviter tous vos amis et votre famille, mais au moment de la projection, vous êtes en fait à peine un figurant."

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Musicalement, et plus que jamais sur Night Vision, le parallèle avec l’illustre quatuor new-yorkais de Julian Casablancas s’avère encore une fois incontournable: "Il y a définitivement énormément de l’influence des Strokes sur ce disque et sur "Night vision" en particulier." Et de nous rappeler sans aucun doute les années "Room on fire".

Un élément en particulier vient cependant s’ajouter à ce rock 90’ à guitares : l’omniprésence des synthétiseurs, magnifiée par le travail du producteur Dan Boeckner (Arcade Fire). De manière plus ou moins dosée, ils apportent un nouveau souffle à ces compositions, contrebalançant parfois certains récits plus tourmentés.

Fort de la confiance acquise avec un brillant deuxième disque, ce nouvel opus conforte le quatuor sur leur lancée. S’ils ne réinventent en aucun cas le genre, Kiwi Jr. passe avec mention le cap du "troisième disque" un poil différent mais réussi.

Les Canadiens seront au Botanique le 21 septembre prochain.

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