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L'avocate et figure féministe Gisèle Halimi est décédée à l'âge de 93 ans

Décès de Gisèle Halimi

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28 juil. 2020 à 11:15 - mise à jour 28 juil. 2020 à 11:22Temps de lecture1 min
Par AFP, Belga, K.D.

L'avocate et ancienne députée Gisèle Halimi, qui a consacré sa vie à la cause des femmes et au droit à l'avortement, est décédée mardi, au lendemain de son 93e anniversaire, a annoncé sa famille. 

"Elle s'est éteinte dans la sérénité, à Paris", a déclaré à l'AFP l'un de ses trois fils, Emmanuel Faux, estimant que sa mère avait eu "une belle vie".

Grande figure féministe

Particulièrement connue pour avoir fondé aux côtés de Simone de Beauvoir et Jean Rostand le mouvement "Choisir la cause des femmes", qui a milité en faveur de la dépénalisation de l'avortement, Gisèle Halimi s'était également engagée pour l'indépendance de son pays natal, la Tunisie. 

Mais Gisèle Halimi fut surtout une avocate de renom, en obtenant notamment en 1972 la relaxe pour Marie-Claire, une jeune fille de 16 ans qui avait avorté après un viol. La défense médiatisée qu'elle mène auprès de deux jeunes femmes victimes d'un viol collectif en 1978 contribue également à l'adoption d'une nouvelle loi, deux ans plus tard, définissant le viol et l'attentat à la pudeur comme des crimes, et non plus comme des délits.


A lire aussi : Hier encore, le combat des femmes (4/4) : le "procès du viol" pour faire changer la honte de camp


Élue à l'Assemblée nationale de 1981 à 1984, elle n'a eu de cesse de dénoncer un "bastion de la misogynie". Son passage en politique pousse les députés à adopter un amendement instaurant la parité aux élections en 1982. Amendement mis en échec par le Conseil constitutionnel, qui le considère comme une entrave à la liberté du suffrage et à la libre expression de la souveraineté nationale.

L'avocate Gisèle Halimi, responsable du mouvement féministe "Choisir", donne une conférence de presse à Toulouse, le 17 mars 1978
L'avocate Gisèle Halimi, responsable du mouvement féministe "Choisir", donne une conférence de presse à Toulouse, le 17 mars 1978 JEAN-CLAUDE DELMAS - AFP

Mère de trois garçons, dont Serge Halimi, directeur de la rédaction du Monde diplomatique, elle a confié qu'elle aurait aimé avoir une fille pour "mettre à l'épreuve" son engagement féministe.

Dans une longue interview accordée au journal Le Monde en septembre 2019, la nonagénaire s'étonnait encore que "les injustices faites aux femmes ne suscitent pas une révolte générale".

L'avocate franco-tunisienne avait été promue commandeur de l'ordre de la Légion d'Honneur en 2013.

Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Gisèle Halimi en 1970 à Paris
Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Gisèle Halimi en 1970 à Paris - - AFP

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