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L'échevine de la Culture de la Ville de Bruxelles, Delphine Houba, harcèle-t-elle des membres de son cabinet?

L'échevine Delphine Houba est accusée de maltraiter ses collaborateurs

Depuis qu'elle a prêté serment comme échevine de la Culture, du Tourisme et des Grands Evénements de la Ville de Bruxelles, fin 2018, Delphine Houba (PS) fait face à un important turn-over de collaborateurs et de collaboratrices au sein de son cabinet. Une source interne nous a communiqué une liste d'une douzaine de personnes ayant cessé de travailler pour l'échevine, à laquelle nous avons encore pu ajouter deux noms. 

Des faits de harcèlement moral?

Parmi les démissionnaires, on trouve deux chefs de cabinet, six attaché(e)s de presse ou responsables des réseaux sociaux, des conseillers culturels et une secrétaire. Sur la dizaine d'ex-collaborateurs contactés, un seul nous a répondu ne pas être concerné par un problème de harcèlement ou de souffrance au travail. Les autres ont tous requis un strict anonymat. 

"Delphine a toujours raison, ce n'est jamais de sa faute et elle sait tout sur tout", commence notre témoin. "Elle nous fait douter tout le temps de nos compétences, elle nous explique comment notre job fonctionne alors que nous connaissons a priori notre travail", poursuit cette ex-collaboratrice de l'échevine socialiste. 

Une autre enchaîne : "il y a un double discours dans le chef de l'échevine et c'est ça qui est difficile. Il y a une bienveillance, un féminisme et une approche pour la semaine de quatre jours de travail en apparence, et dans la réalité concrète, c'est l'inverse.  (...) Je me suis retrouvée à travailler 75-80 heures/semaine, ça a été assez intense. Bon, au début, on veut se faire bien voir, je suis encore jeune, donc on essaie de faire bonne impression et puis, par après, je me suis vite rendu compte que ça n'irait jamais."

Nous demandons à une troisième personne comment s'est déroulé son passage au cabinet de Delphine Houba. La réponse fuse : "Horriblement mal, je n'ai pas d'image d'expérience professionnelle qui se passe plus mal que ça". Cette ancienne collaboratrice a aussi vu le chef de cabinet de l'échevine se faire littéralement "casser" selon son propre terme. Casser comment? 

"Humainement, moralement. Elle l'humiliait devant nous en réunion d'équipe, tout le temps, même quand il n'était pas là, elle le critiquait, elle avait du mépris pour lui. C'était impressionnant. Et puis, après lui, c'est tombé sur moi et sur la secrétaire et on est parti, un à un..."

"Ta vie privée passe après ma vie publique"

Les femmes ne sont pas les seules à se plaindre du comportement de l'échevine. Tout en souhaitant rester anonyme, cet ancien collaborateur accepte de parler. "J'ai tenu 1 an et demi avant de craquer. Je ne peux plus traverser la Grand-Place aujourd'hui sans avoir des bouffées de chaleur. (...) Delphine Houba est obsédée par son image, je la photographiais à longueur de journée. J'étais sur les nerfs tout le temps, c'était H24. Quand je partais en vacances, elle me faisait bien comprendre que j'avais intérêt à assurer à mon retour". 

Et le témoin de raconter cette anecdote : "elle m'a dit que ma vie privée passait après sa vie publique. Un jour où je devais m'absenter pour aller chercher mon fils à l'école, elle m'a répondu : "oui, moi aussi je dois m'occuper de mon poisson rouge".

Réaction de Delphine Houba

Ne souhaitant pas nous accorder d'interview, Delphine Houba nous a annoncé qu'elle réagirait par écrit. Dans un souci de transparence, nous lui avons soumis le texte du présent article avant publication. Voici sa réaction : 

"Je prends pleinement la mesure de la teneur des propos que vous me relayez.

A aucun moment, je n’ai souhaité blesser qui que ce soit.

Le travail politique, et surtout au niveau local, demande un investissement personnel important. Cela était précisé dans les profils de poste au moment du recrutement.

Face à cette crise sans précédent, nous avons redoublé d’énergie et de disponibilité pour accompagner - tant que faire se peut - les secteurs en souffrance. Ma volonté a toujours été d’être à la hauteur des besoins des Bruxellois.es, d’apporter autant de soutien que possible aux secteurs à travers le travail le plus qualitatif possible.

Je comprends les difficultés que cela a pu représenter pour mon équipe. Si j’ai manqué d’alléger la charge de travail ou la pression qu’elles.ils ont pu ressentir, je le regrette sincèrement. Je présente donc mes excuses aux personnes que j’aurais pu heurter.

L’épanouissement et la bienveillance dans le cadre professionnel sont essentiels à mes yeux. J’entends tout mettre en œuvre pour assurer un tel cadre de travail."

 

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