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L'échevine Ecolo de la Ville de Bruxelles Zoubida Jellab fustigée par son ex-chef de cabinet

L'échevine Ecolo Zoubida Jellab en est à son quatrième chef de cabinet en 4 ans

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01 sept. 2022 à 17:00Temps de lecture3 min
Par Philippe Carlot

En mai de cette année, nous faisions écho à des témoignages relatifs au comportement de l'échevine (PS) de la Culture à la Ville de Bruxelles, Delphine Houba.

Progressivement nous sont parvenues des informations en provenance d'ancien.nes collaborateurs.trices de l'échevine Ecolo de la Propreté publique et des Espaces verts, Zoubida Jellab. Il était question de remarques blessantes ou humiliantes, de personnes rabaissées, d'une insatisfaction permanente de l'échevine face au travail fourni. 

Trois chefs de cabinet en quatre ans

Depuis qu'elle est devenue échevine, en décembre 2018, Zoubida Jellab en est à son quatrième chef de cabinet. Le troisième vient de démissionner et un vent favorable nous a fait parvenir le courrier adressé à son ex-patronne. Morceaux choisis : 

"Je démissionne car travailler pour vous c’est accepter la non-empathie, c’est défendre le culte du " non-droit à l’erreur ". Combien de personnes avez-vous licenciées car celle-ci montraient des signes de fatigue, de maladie (burn-out)? Combien de personnes se sont échappées de votre cabinet ? Pour leur santé, physique, mentale ?"

L'ex-chef de cabinet poursuit : "Je démissionne car vous poussez les membres de votre cabinet à la politique du " marche ou crève". J’ai décidé de ne plus marcher. Je démissionne car j’ai décidé de ne pas crever. Je démissionne car vos dysfonctionnements multiples sont générateurs de maladies, de burn-out, d’épuisement. Vous n’arrivez pas à l’entendre, vous ne souhaitez pas vous remettre en question. C’est de votre responsabilité, vous en prenez le droit. Mais c’est aussi le droit de tout travailleur de dire " STOP " et de ne plus subir." (sic)

Pas un cas isolé

Nous n'aurions pas rédigé cet article s'il s'était agi du cas isolé d'un collaborateur soucieux de régler ses comptes avec son ex-patronne. Mais d'autres anciens du cabinet Jellab nous ont tenu, à quelques détails près, le même discours. Sans aller jusqu'à employer le terme de "harcèlement", nous sommes ici en présence de souffrance au travail. 

Nous avons longuement rencontré Zoubida Jellab pour recueillir ses explications. Concernant ses trois chefs de cabinet, l'échevine parle d'un "enchaînement de choix malheureux". Elle n'a pas vraiment choisi son premier chef de cabinet, qui lui a été proposé par Ecolo, son parti. Le courant n'est pas passé entre eux et elle s'en est séparé après neuf mois. Un collaborateur d'un autre échevin Ecolo de la Ville s'est alors proposé pour lui succéder. Le concernant, Zoubida Jellab a des mots durs, évoquant des fautes - dont une grave - ayant conduit à son licenciement. Quant au troisième, l'auteur de la lettre, l'échevine affirme avoir fait preuve à son égard de patience, d'indulgence et de compréhension face à ses problèmes privés et à ses manquements professionnels, réfutant en bloc les accusations contenues dans la lettre de démission. 

Ces explications pourraient convaincre. Mais si ces collaborateurs étaient incompétents, pourquoi ont-ils été tous les trois embauchés dans d'autres cabinets Ecolo après leur départ - volontaire ou forcé? 

Un job difficile

Zoubida Jellab adopte une autre ligne de défense : elle a dû apprendre le métier d'échevine sur le tas, elle n'avait aucune formation en matière de ressources humaines et de gestion d'équipe. Ecolo lui a bien offert quelques heures de coaching, mais ce n'était pas suffisant et Zoubida Jellab explique avoir payé de sa poche des séances supplémentaires. 

Emue, elle évoque aussi des soucis d'ordre privé, qui ont pu - reconnaît-elle - affecter son comportement mais elle réfute toute espèce de harcèlement, de manque d'empathie ou d'humiliations envers ses collaborateurs. "Je suis exigeante, j'aime le travail bien fait. C'est le respect dû au citoyen", explique-t-elle en nous montrant des projets d'affiches pour une campagne de sensiblisation au respect de la propreté qu'elle a refusées parce qu'inadaptées au public-cible. 

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