Cinéma

L'édition 2020 de la Mostra, bilan et pronostics

Quel sera le verdict du jury présidé par Cate Blanchett ?

© TIZIANA FABI - AFP

12 sept. 2020 à 11:00Temps de lecture2 min
Par Hugues Dayez

Premier festival d’envergure à s’être tenu alors que la pandémie est loin d’être derrière nous, la 77e Mostra de Venise a réussi à se dérouler sans anicroche, grâce à des mesures de sécurité très rigoureuses. Était-ce pour autant une belle édition ?

 

En réalité, la Mostra 2020, c’est comme l’image de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine ; tout dépend du point de vue adopté.

L’absence des grands studios hollywoodiens s’est cruellement fait sentir. Pour un festival habitué à recevoir lors de ses éditions précédentes les plus grandes stars (Brad Pitt, Joaquin Phoenix, Meryl Streep, Scarlett Johansson… pour ne citer que quelques grands noms présents l’année dernière), le Lido était, en ce début septembre, très calme. Trop calme. Un tapis rouge séparé des badauds par un mur de sécurité et réservé aux photographes et cameramen professionnels, avec peu de stars pour les fouler, ça ne crée pas une ambiance du tonnerre. Et cette absence de pointures américaines s’est accompagnée d’une totale désaffection de la presse anglo-saxonne pour cette édition. Il y avait énormément de journalistes italiens – et pour cause -, beaucoup de journalistes allemands, peu de Français (mais ça, c’est normal : tout, ici, se déroule en italien et en anglais, un frein pour beaucoup de journalistes de l’hexagone peu polyglottes) et, bien sûr, la presse belge. Mais ça ne suffit pas à remplir les grandes salles, même lorsque seulement la moitié des fauteuils sont disponibles, l’autre moitié étant condamnée pour respecter une certaine distance entre les spectateurs. On l’aura compris, ces différents facteurs n’ont pas aidé à créer l’effervescence typique d’un beau festival.

Cela étant, qu’en était-il du niveau global de la sélection des films ? Sans exagérer, on peut considérer que le patron de la Mostra Alberto Barbera a réussi un petit miracle. Son rival Thierry Frémaux, abominablement frustré de ne pas avoir pu parader à "son" Festival de Cannes pour cause de Covid 19, lui avait pourtant préparé un coup fourré, imposant le label "Cannes 2020" à une cinquantaine de films d’auteur, histoire de les confisquer et de lui couper l’herbe sous le pied. Cette manœuvre mesquine n’aura pas suffi à étouffer la Mostra, et s’il est vrai que tous les films de la compétition de cette année à Venise n’étaient pas mémorables, plusieurs d’entre eux ont malgré tout frappé les esprits, et les femmes cinéastes ont bien été mises en valeur.

Difficile d’établir un Palmarès – et surtout un prix d’interprétation masculine, tant les rôles forts pour les hommes étaient rares cette année… Mais il reste à espérer que le jury présidé par l’actrice Cate Blanchett sorte du lot :

 

Par le passé, la Mostra a toujours révélé des futurs lauréats d’Oscars. Malgré le Covid 19, c’est sans doute encore le cas cette année : il y a fort à parier que "Pieces of a woman" et "Nomadland" vont monter en puissance dans les mois qui viennent.

La Mostra a donc fait bien mieux que simplement sauver les meubles pour sa 77ème édition.

Pieces of a woman

Nomadland

Never gonna snow again

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