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L'effondrement d'un glacier en Italie : nouveau bilan de sept morts, un événement lié au réchauffement climatique, affirme Mario Draghi

04 juil. 2022 à 04:10 - mise à jour 04 juil. 2022 à 14:08Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par Estelle De Houck

Le corps d'une septième victime a été retrouvé lundi matin, au lendemain de l'effondrement du glacier de la Marmolada dans les Alpes italiennes, a annoncé la police de la ville de Trente. Les autorités craignent que le nombre de victimes n'augmente encore, tandis qu'une quinzaine de personnes sont encore portées disparues.

Un énorme bloc s'est détaché dimanche après-midi du glacier de la Marmolada, qui culmine à 3343 mètres, provoquant une avalanche qui a fait au moins sept morts et huit blessés.

Les opérations de recherche ont été temporairement interrompues lundi en raison des mauvaises conditions climatiques. Elles ne reprendront que demain, mardi.

Le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, devait se rendre sur place dans la matinée, mais son hélicoptère n'a pu atterrir en raison de ces mauvaises conditions météo et il a été détourné vers Vérone. Il est arrivé sur place dans l'après-midi. L'effondrement du est lié au réchauffement climatique, a-t-il déclaré. L'événement est lié à "la dégradation de l'environnement et de la situation climatique". Le Premier italien a exprimé son "soutien" aux familles des victimes.

15 disparus

Le nombre de personnes qui se trouvaient à ce moment-là sur la montagne n'est pas connu mais 15 personnes sont encore portées disparues. Seize voitures, dont les propriétaires n'ont pas encore été retrouvés, ont été dénombrées sur le parking qui se trouve au pied du massif montagneux et d'où partent les sentiers d'ascension.

"Nous n'avons toutefois pas encore déterminé si les voitures appartiennent à des personnes décédées ou disparues, ou à des personnes qui n'ont rien à voir avec l'accident", a déclaré Maurizio Fugatti, président de la région de Trente.  

AFP or Licensors

Un miracle

"C'est un miracle que nous soyons en vie", a expliqué Stefano Dal Moro, un ingénieur qui se trouvait sur le glacier avec un ami israélien. "Il y a eu un bruit sourd, et c'est à ce moment qu'une mer de glace a déferlé. Il est inutile de courir, tout ce que vous pouvez faire est de prier", a-t-il raconté au Corriere della Sera.

Le glacier s'est effondré près du lieu-dit Punta Rocca, le long de l'itinéraire normalement emprunté pour atteindre son sommet.

Des images filmées depuis un refuge voisin de la catastrophe montrent la neige mêlée de roches dévaler les pentes de la montagne dans un bruit fracassant. D'autres images prises par des touristes sur leur portable montrent de loin la langue grisâtre de l'avalanche emporter tout sur son passage, ne laissant aucune chance aux alpinistes se trouvant sur sa trajectoire.

Episode de chaleur précoce

La tragédie "est la conséquence des conditions météorologiques actuelles, c'est-à-dire un épisode de chaleur précoce qui coïncide avec la problématique du réchauffement climatique", a expliqué à l'AFP le professeur Massimo Frezzotti, du département des sciences de l'université Roma Tre.

"La fonte s'est accélérée dans les Alpes. Nous avons connu un hiver extrêmement aride, avec un déficit de précipitations de 40 à 50%. Les conditions actuelles du glacier correspondent à la mi-août, pas à début juillet", selon le chercheur.

"En raison de ces températures très élevées, une accumulation d'eau s'est malheureusement formée sous le glacier, ce qui a provoqué l'effondrement", a déclaré à l'AFP Paolo Talmon, 56 ans, propriétaire de l'auberge du glacier Marmolada. "Je vis ici depuis 50 ans et c'est la première fois que je vois ça."

Le glacier de la Marmolada, surnommé "la reine des Dolomites", est le plus grand glacier de ce massif montagneux du nord de l'Italie, faisant partie des Alpes. Situé dans le Trentin, il donne naissance à la rivière Avisio et surplombe le lac de Fedaia.

Selon le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) paru le 1er mars, la fonte des glaces et neiges est l'une des 10 menaces majeures causées par le réchauffement climatique, perturbant les écosystèmes et menaçant certaines infrastructures.

Le Giec indique que les glaciers en Scandinavie, en Europe centrale et dans le Caucase pourraient perdre 60 à 80% de leur masse d'ici à la fin du siècle.

 

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