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"L'été des lucioles", un conte signé Gilles Paris

Gilles Paris - L'été des lucioles chez Eloïse d'Ormesson

© copyright David Ignaszewski Koboy

Rencontre avec Gilles Paris

 

Il y a une patte Gilles Paris, on retrouve dans ce dernier roman, le mode de la fable, et une ambiance surnaturelle.. comme dans "Autobiographie d'une courgette" ?

J'aime bien le mot conte, parce que j'avais envie de faire un roman plus léger que grave et c'est l'empreinte de chacun de mes romans. De la légèreté avec un été qui fasse penser à nos vacances, quand on était petit. J'avais envie d'y installer la magie, parce que Victor, le narrateur, dit à la fin du roman : "La vie sans magie c'est juste la vie". La magie rend la vie plus belle et c'est ce que je voulais dire à travers ce roman.

 

La luciole, la première fois, ça laisse une trace ?

J'ai des souvenirs d'enfance extraordinaires, et c'est ma grand-mère qui me les a faites découvrir dans le sud de la France. Aujourd'hui elles sont moins présentes, à cause de la pollution, et des chemins trop éclairés, mais les lucioles sont magiques.

 

Les enfants grandissent plus vite que les adultes dans votre livre ?

L'idée qui me séduit chez l'enfant de neuf ans, c'est qu'il ne juge pas et qu'il essaie de comprendre. En grandissant on a des avis de plus en plus tranchés, et je n'échappe pas à la règle. Et si on arrivait à garder le fait de ne pas juger, on grandirait aussi vite que les enfants.

 

Ce sont des personnages très forts, très contrastés. Ce père est un marginal, qui refuse les contraintes malgré les conséquences. C'est un beau personnage qui sort du temps ?

Je pensais à cette parité dont on parle beaucoup en ce moment, et pour moi les femmes ont pris le devant et les hommes ont un peu reculé. On a beaucoup parlé des papas poules et j'avais envie d'un père un peu largué, inconséquent, qui a le syndrome de Peter Pan, et c'est vrai que cet homme refuse de grandir pour des raisons qu'on comprendra plus tard. Et en même temps il est attachant.

 

Victor découvre l'amour, mais aussi deux personnages importants qui sont les jumeaux ?

Oui ils sont importants dans l'histoire, ils sont même la clé du roman, mais ça on le découvrira au fur et à mesure. Je me suis inspiré de jumeaux qui existent vraiment. Ils portent leurs prénoms et sont des bloggers adolescents, Tom et Nathan, et ils m'ont beaucoup aidé à construire mes personnages de jumeaux dans le livre.

 

La Baronne j'ai eu le sentiment de la voir dans une longue robe blanche avec une ombrelle. Elle émane de la littérature romantique ?

C'est le personnage le plus romanesque du roman. C'est une femme blessée, elle a perdu son mari et ses deux enfants et au fond elle détient les clés du secret de famille, qu'elle confiera à Victor. Et j'aimais beaucoup l'idée que Victor lui rende la pareille. A la fin du livre, à sa manière il va lui faire un des plus beaux cadeaux qui soient.

 

Ce décor du sud-est de la France, avec le sentier des Douaniers et les villas de Roquebrune, c'est un lieu que vous affectionnez ?

Oui aujourd'hui il s'appelle la promenade Le Corbusier. C'est à Roquebrune-Cap-Martin et c'est un endroit magnifique, que j'aime beaucoup. Les villas sont devenues des palais, mais elles sont plongées dans la végétation. Ce décor se fond parfaitement avec le mystère de l'histoire, et lorsque l'on se promène sur ce sentier, on a l'impression que le temps s'est arrêté. Il y a un côté désuet, un peu années 1930, avec des senteurs incroyables et des espèces végétales qui ont été importées dans le 18ème siècle. Ce côté désuet m'a beaucoup plus.

Christine Pinchart

"L'été des lucioles" de Gilles Paris est paru chez Eloïse d'Ormesson.

 

 

"L'été des lucioles" de Gilles Paris
"L'été des lucioles" de Gilles Paris © Eloïse d'Ormesson

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