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L'euro à son plus haut niveau depuis deux ans, le cap de 1,2 dollar en vue : quel impact pour les consommateurs ?

L’euro à son plus haut niveau depuis deux ans, le cap d’1,2 dollar en vue : quel impact pour les consommateurs ?
01 sept. 2020 à 11:06 - mise à jour 01 sept. 2020 à 11:06Temps de lecture3 min
Par RTBF avec Belga

Le taux de change de l’euro a augmenté face au dollar, mardi, pour atteindre son plus haut niveau depuis mai 2018. Le cap de 1,2 dollar est en vue. La monnaie unique européenne a brièvement augmenté à 1,1997 dollar, avant de redescendre à 1,1990 dollar. L’impact de cette hausse du taux de change de l’euro face au dollar pourrait avoir un impact positif pour le consommateur de la zone euro en ce qui concerne les prix de l’énergie et pour le pouvoir d’achat mais inutile de se réjouir trop vite.

L’euro est à la hausse depuis un certain temps par rapport au "billet vert". Après une chute en mars, à l’entame de la crise sanitaire provoquée par le coronavirus où l’euro s’échangeait contre 1,0636 dollar, la monnaie européenne tend à augmenter depuis mi-mai. Le dollar s’est, en outre, affaibli ces derniers jours, à la suite de changements dans la politique monétaire de la banque centrale américaine.

Quel impact pour votre portefeuille ?

Cet euro fort, serait-il plutôt un avantage pour les consommateurs belges et dans la zone euro ? A priori, la réponse est oui car une monnaie forte accroît le pouvoir d’achat pour les acquisitions de biens et services facturés dans des monnaies plus faibles. Une marchandise achetée aujourd’hui en dollars coûte donc moins cher à celui qui la paie en euros.

À titre d’exemple, si vous souhaitez acheter un iphone XS Max à 600 dollars, cela vous coûte actuellement 501 euros. En mars de cette année, l’euro s’échangeait alors contre 1,09 dollar, vous auriez alors payé le même produit au même prix affiché en dollars, pour environ 548 euros. Soit une économie de 47 euros.

Autre exemple mais dans la même logique, les prix affichés dans les grands magasins pourraient baisser. La grande distribution qui achète une partie de sa marchandise en Chine et qui la vend en Europe est avantagée par une monnaie forte face au Yuan, car l’importation des produits lui revient moins chère. Cela permet donc de tirer les prix de ces produits à la baisse avec un impact potentiel pour le portefeuille des consommateurs.

Par ailleurs, cet euro fort face au dollar est un avantage sur le marché de l’énergie.

Le pétrole se négociant en dollars, une monnaie américaine faible tire les prix de l’énergie fossile à la baisse. Le marché de l’énergie étant encore fortement dépendant de cette énergie fossile, ce sont les prix de l’ensemble du secteur qui vont suivre cette tendance baissière. Avec des diminutions de prix attendues sur les factures des entreprises et des ménages pour les consommateurs qui paient au final dans une devise qui se renchérit vis-à-vis du dollar.

Des avantages, oui mais…

Ces bonnes nouvelles pour le portefeuille des consommateurs de la zone euro sont pourtant à nuancer.

Tout d’abord en ce qui concerne le pouvoir d’achat, les gains pour les consommateurs qui achètent des biens et des services en dollars ne durent généralement pas dans le temps. Un euro fort, ça représente des avantages mais cela rend l’économie moins compétitive face aux concurrents étrangers.

En effet, produire une voiture en zone euro dans un contexte d’une monnaie forte va coûter plus cher à produire. Cela va créer de la tension et cela peut se répercuter sur le marché de l’emploi qui va être mis sous pression et peut entraîner des licenciements ou des délocalisations.

En ce qui concerne les prix de l’énergie, si l’impact sur le prix de base est positif, l’avantage est néanmoins plutôt limité.

Lorsque vous payez votre facture de gaz ou de l’électricité, vous payez non seulement l’énergie mais aussi pour la prise en charge les coûts du réseau et les redevances. À cela s’ajoute la TVA, pour les particuliers. Au final, le prix de l’énergie compte pour environ 20% de la facture finale, selon la CREG.

Les factures des consommateurs ne varient donc au final pas énormément, si seule cette partie du coût baisse.

Enfin, un habitant de la zone euro qui détient des actions libellées en dollars, et qui voit le cours de cette action bondir de 10%, se dit a priori qu’il est en train de gagner de l’argent. Sauf que s’il veut revendre à ce moment-là et "encaisser son gain", il devra "in fine" le convertir en euro. Si le dollar a perdu 10% par rapport à l’euro, il n’aura en définitive rien gagné du tout.

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