L'histoire mythique de l'Union Saint-Gilloise (4/4) : Nouveau propriétaire et retour des ambitions
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L'histoire mythique de l'Union Saint-Gilloise (4/4) : Nouveau propriétaire et retour des ambitions

09 juin 2022 à 11:59Temps de lecture3 min
Par Pascal Scimè

    Tony Bloom, propriétaire de la Royale Union Saint-gilloise depuis 2018.
    Le coach Felice Mazzù et sa danse traditionnelle d'après-match.

    "La première chose que tu ressens quand tu endosses le maillot de l’Union, c’est l’histoire qu’il y a derrière ce grand club et peu importe la division dans laquelle le club évolue" cette définition est signée Ignazio Cocchiere, 34 ans, "bomber unioniste" de 2012 à 2016. Arrivé un peu par hasard à l’Union (il était en stage au Parlement européen), cet ancien coéquipier de Leonardo Bonucci et Mario Balotelli avec la Primavera de l’Inter a disputé près d’une centaine de matches pour le club bruxellois inscrivant une trentaine de buts dont un précieux et inespéré qui aujourd’hui encore reste dans les mémoires des supporters. "Celui inscrit à la 94e qui nous a sauvés de la relégation" explique-t-il avec un brin de timidité. Dès lors qui mieux que l’idole absolue des fans unionistes pour aborder le renouveau du club et la ferveur de ses supporters pas comme les autres ? "Si je dois garder quelque chose de mon passage au club, ce n’est pas un moment précis mais bien l’ensemble de mon expérience et même l’après…" Aujourd’hui encore, le stade entonne son chant à la gloire de l’attaquant italien :

    "Il préfère le stoemp aux pâtes au pesto, viva Ignazio !"

    "Moi, j’aime bien les 2 ! (il rit) Après 9 années passées à Bruxelles, je peux dire ça."
     

    Spectateur régulier des matches de l’Union, Ignazio a vu les tribunes du Parc Duden se remplir depuis l’accession à la Division 1A.

    "À l’époque, je me disais qu’il y avait quelque chose à faire avec ce club. Que le potentiel était là mais il y avait une grande marge encore entre les autres clubs et l’Union. L’arrivée des investisseurs anglais, Tony Bloom et Alex Muzzio, a tout changé !"

    Depuis le changement de propriétaire, le club a grandi sportivement, finissant champion de D1B après avoir survolé la saison 2020-21.

    Dans la foulée, le public a suivi aussi. A tel point qu’il faut s’armer de patience et avoir pas mal de chance pour occuper l’une des 8500 places du bucolique stade Marien.

    "Les fans étaient déjà présents et fervents à mon époque. On avait 3 à 4 fois plus de spectateurs que les autres et sur les gros matches, une à deux fois par an, on arrivait même à le remplir en partie. A l’époque, on trouvait cela magique mais alors le voir sold-out lors de chaque rencontre cette saison, c’est génial. Et puis l’ambiance…"

    Souvent le terme "famille" est utilisé à tort et à travers dans le sport et plus précisément dans le football mais si l’on en croit l’avant-centre italien, ce n’est pas le cas à l’Union, "Lorsque je reviens au stade, je me sens chez moi. Je n’ai pas besoin de m’annoncer ou d’organiser mon déplacement. Tout se fait naturellement. C’est ce qui fait la différence avec les autres clubs. Ici je retrouve ma famille et les nouveaux supporters ont bien compris l’esprit qu’il règne ici. Idem pour les joueurs, ils savent où ils ont mis les pieds." Il y aurait donc une transmission du lourd héritage, de ce que signifie "être unioniste". Anciens et nouveaux fans réunis autour de valeurs communes.

    Ignazio, supporter de l'Union

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    Les supporters de la victoire et de la défaite

    Feux de Brengale, chants et bonne humeur dans les tribunes du Parc Duden.
    Casper Nielsen entouré de supporters.

    "Dans ce stade, il y a une énergie, quelque chose de fort, de magique où la tradition, le poids de l’histoire et le côté familial se mélangent… Toutes ces générations qui se côtoient et partagent cela, c’est juste parfait", nous détaille Natacha, 42 ans, "Union ghirl " depuis cinq ans.

    Des "anciens" qui ont dû apprendre à partager leur club avec les supporters récents attirés par l'ambiance et la hype autour du phénomène. "Avant on connaissait tout le monde. Maintenant c’est plus compliqué. Cette magie-là, on ne la retrouve plus que lors des déplacements. Mais après, tous ces nouveaux supporters, ça reste très positif ! S'il y a des bobos ? Oui et alors, on s'en moque. Tout le monde est le bienvenu. Et puis, on sent aussi que le regard des autres sur nous a changé. Au début, on nous trouvait bien sympas maintenant que l’équipe joue les premiers rôles, on l’est un peu moi, (elle sourit), mais c’est normal. Ça fait partie du jeu. On l’assume."

    Ces anciens souhaitent véhiculer leurs valeurs, leur façon d'être supporters, de supporter l'Union. Ici, pas de place pour les injures envers l'adversaire. "Oui ça chambre mais ça reste bon enfant, dans l'esprit de la zwanze", nous précise Philippe. L'esprit "union" c'est aussi une ambiance chaleureuse que l'équipe gagne ou perde. "Au final, ça ne change rien. On soutient l'équipe quoi qu'il arrive. On préfère chanter pour notre équipe que de se soucier de l'adversaire".

    "L'Union ? C'est le retour du football d'antan avec une atmosphère familiale et populaire qu'on ne trouve nulle part ailleurs", expliquait un journaliste espagnol. Difficile de lui donner tort.

    Et comme, ils le répètent tous à l’unisson "Tout le monde est bienvenu à l’Union… Tous les âges, toutes les classes sociales, toutes les ethnies. L’Union est cosmopolite comme Saint – Gilles !"

    Dans l’histoire du football belge, la Royale Union Saint-Gilloise a été comme la belle au bois dormant, trop longtemps endormie qui n’attendait qu’une chose : le baiser d’un prince charmant, en l’occurrence un milliardaire anglais, pour la sortir de sa torpeur et la faire rayonner à nouveau.

    La RUSG n'a pas remporté le titre mais elle a écrit de très belles pages de sa nouvelle histoire. Une histoire loin d'être terminée.

    Victoire ou défaite, les supporters de l'Union chantent toujours pour leur club
    La joie des joueurs de l'Union qui célèbrent un but.

    Natacha, supportrice de l'Union

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