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L'huile d'olive bientôt en rupture de stock ou impayable ?

L'huile d'olive bientôt en rupture de stock ou impayable ?

© HakanEliacik / 500px

09 août 2022 à 12:30Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

La récolte d'olives est sérieusement menacée par la sécheresse qui fait suer les producteurs de tout le pourtour méditerranéen. Mais il ne faut pas croire que la situation n'est que le résultat de ces dernières vagues de chaleur...

Les prix atteignent des sommets

Elle permettrait d'augmenter notre espérance de vie. Dans les faits, d'après des chercheurs américains, une demi-cuillère à soupe par jour suffirait à réduire le risque de décès cardiovasculaires de 19% chez les moins de 30 ans. Grâce à elle, on pourrait aussi réduire de 29% le risque de développer une maladie neurodégénérative. Elle, c'est l'huile d'olive. Maillon fort du régime méditerranéen, cette matière grasse végétale qui permet de réguler le taux de mauvais cholestérol s'avère hautement recommandée pour rester en bonne santé.

C'était sans compter sur l'explosion de son prix.

Dans un rayon des magasins Tesco au Royaume-Uni, le litre est passé de 2,85 livres à 7,05 livres en seulement quatre semaines.

En France, l'étude A3Distrib publiée par les éditions Dauvers il y a quelques jours révélait les vingt produits de grande consommation les plus inflationnistes depuis le début de l'année. Au sein de ce classement se trouvait l'huile d'olive de la marque Puget, dont le prix de la bouteille d'un litre a flambé de 25%. Comme nous l'expliquait le cabinet NielsenIQ, il ne faudrait pas tomber dans le travers de considérer la guerre en Ukraine ou du changement climatique comme l'explication majeure de cette hausse de prix.

Pourquoi l'huile d'olive coûte plus cher ?

Plusieurs facteurs entraînent cette augmentation de prix.

  • Les Nations Unies et l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture

Il faut davantage regarder du côté des Nations Unies, et précisément de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture afin de saisir des premiers éléments de réponse. Début février dernier, la FAO annonçait que "les prix alimentaires mondiaux ont rebondi en janvier et sont restés proches de leurs niveaux les plus élevés depuis dix ans grâce à un bond de l'indice des huiles végétales et des produits laitiers".

Et de préciser "l'indice des huiles végétales, qui a été le moteur du rebond de ce début d'année a augmenté de 4,2% en janvier en glissement mensuel. Il a ainsi atteint des niveaux record, sous l'effet conjugué de la réduction des disponibilités à l'exportation ainsi que d'autres contraintes liées à l'offre, notamment les pénuries de main-d'œuvre et les conditions météorologiques défavorables. [...] Les cotations de toutes les principales huiles ont augmenté, également sous l'effet de la hausse des prix du pétrole brut".

  • La météo et le changement climatique

En matière de météo, quand il s'agit de parler d'oléiculture, il ne faut pas en effet imaginer que les oliviers sont capables de vivre sous des chaleurs extrêmes. L'espèce apprécie le climat chaud et sec, c'est vrai. Mais cela n'induit pas qu'elle n'a pas besoin d'un peu d'eau pour continuer à donner des fruits. La preuve, dans son bulletin de juin et juillet, l'association française interprofessionnelle de l'olive confie s'attendre à une récolte réduite de moitié. En cause : une sécheresse qui intervient au pire moment, c'est-à-dire à la floraison, et un "manque de pluies hivernales [qui] a fragilisé certaines ressources locales".

  • Les mouches à olives et la bactérie tueuse d'oliviers

Malheureusement, il n'y a pas que cela. France Olive alerte aussi des ravages que peuvent faire les mouches à olive. "Les larves creusent des galeries dans les fruits, entraînant leur chute. De plus, elles piquent les fruits, favorisant l’apparition de la dalmaticose, une maladie fongique pouvant causer des pertes de récoltes importantes" explique l'interprofession. Heureusement, les oléiculteurs disposent d'outils pour contrer les attaques, ce qui n'est pas le cas pour la xylella fastidiosa.

On l'appelle la bactérie tueuse d'oliviers. C'est dire... Elle a été détectée dans le Gard en novembre, ce qui n'était pas arrivé depuis 2020. A ce jour, il n'existe aucun moyen d'éradiquer cette maladie qui provoque le dessèchement et parfois la mort de l'olivier. En France, on a conscience depuis 2015 des conséquences dramatiques de cette contamination que peuvent transporter plus de 70 espèces d'insectes.

L'Italie et l'Espagne tirent la sonnette d'alarme

En Italie, c'est déjà un sujet dans la région des Pouilles qui produit généralement la moitié de l'huile d'olive transalpine. En 2020, le pays avait produit 270.000 tonnes d'huile d'olive, soit 26% de moins par rapport à 2019. La faute à cette bactérie, mais aussi à la sécheresse. L'Italie n'a pas connu une telle situation climatique depuis 70 ans. Les récoltes d'olives italiennes pourraient être réduites de 30% cette année.

En face de la botte, côté ouest, l'Espagne aussi s'alarme de la production d'olives. Le climat n'aurait pas été aussi aride depuis un millénaire, d'après des estimations publiées dans la revue Nature Geoscience. Le contexte est tel que le ministre de l'agriculture espagnol a confié au journal Bloomberg que "la récolte d'olives de cette année pourrait être nettement inférieure aux précédentes". Les fortes chaleurs obligeraient aussi les oléiculteurs à procéder à une récolte plus précoce, ce qui aurait un impact négatif sur la qualité des olives...

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