RTBFPasser au contenu
Rechercher
Icône représentant un article audio.

Déclic

L'Open VLD veut limiter l'accès aux logements sociaux en Flandre

20 janv. 2022 à 16:39Temps de lecture1 min
Par Le point de vue de Baptiste Hupin

Face à la pénurie de logement sociaux en Flandre, les libéraux flamands proposent d'en restreindre l'accès

 

Le chapitre logements sociaux de l'accord de gouvernement flamand a déjà fait couler beaucoup d'encre. En Flandre, pour accéder à un logement social, il existait déjà une condition de connaissance minimale du néerlandais. Le gouvernement flamand a également introduit un critère d'ancrage local : il faut avoir vécu minimum cinq ans d'affilée dans une commune sur les dix dernières années pour pouvoir y prétendre à un logement social. Mais le ministre flamand des affaires intérieurs, propose d'ajouter une nouvelle condition pour limiter l'occupation d'un logement social : Bart Somers évoque désormais l'idée de limiter leur accès dans le temps. Au bout de 9 ans, quoiqu’il arrive, les personnes – du moins celles disponibles pour le marché du travail devront quitter le logement qui leur était alloué.

 

Une limitation supposée inciter à améliorer sa situation financière

 

L'idée de Bart somers serait de faire en sorte que les bénéficiaires trouvent un emploi dans ce laps de temps. Emploi dont le revenu doit permettre de louer ou d'acheter un bien sur le marché privé, de ne plus avoir besoin donc du logement social en question et au bout de neuf ans, d'en priver les bénéficiaires. La VRT cite cet exemple d'une mère célibtaire trois enfants, avec un petit revenu. Elle occupe un logement social depuis 5 ans. Si la proposition du ministre Somers entrait en application, cet femme devrait quitter son logement dans quatre ans. Cette limitation dans le temps doit donc servir d'incitant à trouver un emploi ou améliorer sa siutation financière selon le ministre Open VLD.

Le logement social ne peut plus être un avantage à vie 

a également déclaré Egbert Lachaert, président de l'OpenVLD. "Après 9 ans, il faut pouvoir retourner dans le marché immobilier normal" ajoute-t-il.

 

Une offre complètement dépassée par la demande

 

Les listes d'attente ne désemplissent pas. Les chiffres cités par le ministre Bart Somers et les médias flamands ces derniers jours sont on ne peut plus clairs. Il y a en flandre 174 000 logements sociaux mais il y a aussi 170 000 ménages en attente d'un logement social, une situation plus que problématique qui ne fait pas vraiment exception en Belgique. A Bruxelles, il y un parc d'un peu moins de 40 000 logements sociaux. Pour 49 000 candidats en attente. En Wallonie il y a 105 000 logements publics et 40 000 personnes sur liste d'attente.

 

Même problème, différentes solutions

 

Pour résoudre le problème à Bruxelles et en Wallonie, les régions travaillent essentiellement sur l'offre de logement en construisant et en incitant à la mise en location de logements privés à des conditions préférentielles, via des Agences immobilères sociales par exemple. En flandre, en parallèle de la construction de logements, Bart Somers veut donc aussi réduire la demande en durcissant les conditions d'accès. Il a fait son calcul : l'offre augmente bien trop lentement pour résoudre rapidement le problème. La Flandre construit 2600 nouveaux logements par an. Même en multipliant ce rythme de croissance par quatre, il faudrait près de 20 ans pour offrir un logement social à tous les candidats sur liste d'attente. Raison pour laquelle il amène cette proposition.

 

Le logements sociaux, un privilège ?

 

Les représentants flamands des locataires parlent d'une solution de façade qui masque mal l'erreur historique de la Flandre d'avoir désinvesti dans son logement social. Cette proposition renforcerait en plus l'idée que l'accès au logement social est un privilège. Pour les spécialistes cela témoigne d'une méconnaissance des publics bénéficiaires de logements sociaux. L'opposition est furieuse et même au sein du gouvernement flamand, les partenaires de l'open VLD se montrent frileux. La NVA estime que dans les faits cette proposition n'apporte pas grand chose puisqu'à partir de 2023 les nouvelles règles prévoient déjà de réexaminer les conditions d'accès au logement social après neuf ans. Et donc si le revenu du ménage a augmenté, il doit de toute façon se diriger vers le marché immobilier classique. Le CD&V, plus au centre, a vivement critiqué l'idée en assénant que la meilleure solution restait la construction de nouveaux logements.

 

Articles recommandés pour vous