Table d'écoute

La 2ème Sonate pour piano opus 61 de Chostakovitch, quelle est la plus belle version ?

Dmitri Shostakovich

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28 févr. 2022 à 10:24Temps de lecture2 min
Par Pierre Solot

Cette nouvelle Table d’écoute est consacrée à la 2ème Sonate pour piano opus 61 du compositeur russe Dimitri Chostakovitch. Cinq versions différentes de cette Sonate en si mineur seront commentées par trois pianistes, Sergio Tiempo, Stéphane Ginsburgh et Alexander Gurning.

Sur la Table, cette 2ème Sonate pour piano de Dimitri Chostakovitch. Ce n’est pas l’œuvre la plus célèbre du compositeur russe. Les mauvaises langues diront que ce n’est pas non plus son œuvre la plus réussie.

C’est une œuvre, écrite en 1943, dans le contexte particulier de l’URSS. On pourrait bien entendu dire beaucoup de chose sur Chostakovitch en URSS à cette époque. Peut-être d’abord préciser que Chostakovitch était lui-même pianiste, il avait été choisi par le régime pour présenter le 1er Concours Chopin à Varsovie en 1927, il avait 18 ans seulement.

À l’époque de la 2ème Sonate, Chostakovitch a déjà subi les foudres de Staline, et ce depuis 1936 et son opéra Lady Mac Beth. Il est désigné comme " ennemi du peuple " par l’Union des compositeurs, il se rachètera l’année suivante avec sa 5ème Symphonie, plus en accord avec les diktats musicaux, culturels du régime.

La guerre arrive, en 1941 pour l’URSS avec l’arrivée des troupes d’Hitler. Chostakovitch écrit dans la foulée sa 7ème Symphonie, la Symphonie Leningrad, qui fera de lui une star, jusqu’au Etats-Unis où cette Symphonie est jouée plus de 60 fois entre 1942 et 1943. C’est aussi le début de cette écriture si particulière à Chostakovitch, celle d’un compositeur qui doit louvoyer entre ses aspirations expressives, ses convictions politiques et la censure effroyable du régime de Staline. Il en résulte une musique qui permet différents niveaux d’écoute, où la raillerie, la condamnation peut frôler la glorification des armées soviétiques sans que l’on soit certain de l’un ou de l’autre.

Et puis le 2 octobre 1942, Leonid Nikolaïev meurt à Tachkent, il avait été le professeur de piano de Chostakovitch qui se remet donc au piano pour écrire cette 2ème Sonate qu’il va lui dédier. Divisée en 3 mouvements, il semble que Chostakovitch ait bien peiné à l’écrire si l’on se penche sur le brouillon de l’œuvre perclus de ratures, d’essais, de corrections, ce qui était plutôt rare dans le chef du compositeur.

Le résultat final dégage un 1er mouvement plutôt inquiet, un 2ème mouvement particulièrement froid, malgré le rythme de valse. C’est un mouvement dépouillé, austère même et le Final est lui construit comme un Thème et Variations, un thème monodique, joué à la main droite seulement, varié donc et mené jusqu’à la mort sombre de cette Sonate.

 

Découvrez les versions en lice et la version gagnante de la Table d'écoute

Vous avez envie de vous prêter au jeu de l’écoute à l’aveugle ? Ecoutez la Table d’écoute ci-dessous et confrontez vos impressions avec celle de nos trois invités.

Envie de connaître les résultats de la Table ? Rendez-vous sur le blog de la Table d’écoute.

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