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La brasserie Caulier à Péruwelz investit et fait de l’eau une priorité

Vincent Caulier et son directeur financier parlent stratégie dans leur nouvelle salle d’embouteillage.

© A. Montero

18 mai 2022 à 08:42Temps de lecture2 min
Par Arnaud Montero

À Péruwelz, la brasserie Caulier annonce vouloir investir 15 millions d’euros pour pouvoir doubler sa capacité de production. L’installation d’une nouvelle salle de brassage et d’une nouvelle unité d’embouteillage est en cours.

Il faut dire que ses bières ont le vent en poupe (La Paix Dieu, la Bon Secours et la Stuut). Tout en peaufinant sa stratégie commerciale, la famille Caulier, à l’instar d’autres brasseries belges, se pose aussi la question de son impact sur l’environnement. Et ce n'est pas qu'une question d'image de marque, assure son patron. Explication.

Couper le robinet

Pour faire une bière de spécialité, il faut de l’eau. Beaucoup d’eau. Pour produire un litre de bière, la brasserie Caulier a besoin actuellement de sept litres. "C’est trop", confirme son directeur Vincent Caulier. "Pour le moment, on puise notre eau dans notre nappe phréatique. Elle ne nous coûte pas trop cher. Mais on sait tous que l’eau est une ressource super importante qui va devenir de plus en plus rare. Notre objectif à court terme est de passer de sept litres à quatre litres pour un litre de bière produit."

Indispensable dans le processus de brassage, l’eau est aussi utilisée entre autres pour nettoyer les cuves et les bouteilles. "L’automatisation du nettoyage nous permet de diminuer notre consommation. Mais on veut aller plus loin. On s’attend à ce que la technologie et les pratiques évoluent. Il est fort possible qu’on puisse encore plus diminuer la consommation d’eau dans les prochaines à venir".

Testé et approuvé par Delirium

La brasserie Caulier est loin d’être la seule brasserie belge sensible à la consommation d’eau. Un exemple parmi d’autres: en quinze ans, la brasserie Delirium est passée de huit litres et demi à 3,2 litres d’eau pour un litre de bière produit. Son nouvel objectif est de passer sous la barre des trois litres.

Pour faire mieux encore, il faudrait un circuit d’eau infini en réutilisant l'eau "usée" pour en faire de la bière. "Pour cela, il faudrait convaincre le consommateur et surtout changer la législation wallonne", concède Vincent Caulier.

Atteindre la neutralité carbone

Diminuer de moitié ses émissions de CO2, c’est l’autre cheval de bataille environnemental de la brasserie Caulier. "Notre nouvelle salle de brassage va nous permettre de récolter l’énergie lors de l’ébullition. En temps normal, cette énergie est perdue. On va pouvoir la réutiliser pour chauffer nos chambres chaudes toute l’année." "On ne parle pas ici de finance ou d’économie", précise le patron. "On parle de l’impact que l’entreprise va avoir sur la communauté et son environnement. La grande force des entreprises familiales, c’est de pouvoir réfléchir sur le long terme. On ne cherche pas la croissance pour la croissance."

Très présente dans l’Horeca, la brasserie Caulier distribue aussi ses produits dans certains supermarchés. Un succès et une diversification qui permet à cette entreprise familiale de penser sereinement son activité et se projeter dans l'avenir.

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