Belgique

La Chambre approuve en plénière la loi de programmation militaire

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La Chambre a approuvé jeudi en séance plénière la loi de programmation militaire. Celle-ci traduit le Plan STAR au niveau capacitaire et garantit la cohérence des investissements et l'équilibre entre personnel et matériel, selon la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder.

Le gouvernement avait approuvé fin juin l'ensemble du plan STAR (pour "Sécurité&Service, Technologie, Ambition, Résilience") pour la Défense et l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) qui comprend plus de 10 milliards d'euros d'investissements - notamment l'achat d'hélicoptères, de drones et de blindés supplémentaires.

Ce plan confirme aussi l'objectif de porter les effectifs civils et militaires du département à 29.000 personnes au 1er janvier 2030 - contre 27.600 environ actuellement et de faire croître le budget de la Défense à sept milliards d'euros (constants de 2022) en 2030, contre 4,8 milliards cette année.

La LPM prévoit de nombreux achats d'équipements, comme quinze hélicoptères utilitaires légers (LUH) et de huit à dix hélicoptères lourds (HTH) pour remplacer les actuels Agusta A109 - une dizaine encore en service - et les quatre NH90 de transport tactique (TTH), de quatre nouveaux hélicoptères de recherche et de sauvetage (SAR), de cinq avions de soutien aux forces spéciales, de trois avions de transport légers, de deux drones MQ-9B SkyGuardian supplémentaires pour porter leur nombre à six.

Est toutefois exclue la commande d'avions de combat F-35 supplémentaires au-delà des 34 appareils qui seront livrés entre 2023 et 2030 pour remplacer les F-16 vieillissants et celle d'une troisième frégate anti-sous-marine pour la Marine. Les deux navires à construire aux Pays-Bas seront par contre dotés d'une capacité de défense pour contrer les missiles balistiques. La Marine devrait aussi obtenir une plate-forme de pose des mines - une capacité dont elle est actuellement dépourvue. 

Le plan STAR et la LPM envisagent aussi l'acquisition de deux batteries de missiles anti-aériens, l'une à courte portée (SAM SR) et l'autre à longue portée (SAM LR) ainsi que de systèmes C-UAS de détection, d'identification et de neutralisation de petits drones.

La composante Terre verra le retour de la cavalerie avec la livraison des blindés à roues Jaguar du programme français CaMo (Capacité Motorisée) qui équiperont deux bataillons, dont le 1/3 Lanciers de Marche-en-Famenne. Un nouveau bataillon de reconnaissance belgo-luxembourgeois devrait voir le jour d'ici 2028, aux côtés de quatre bataillons d'infanterie existants.

Les "kakis" seront aussi dotés d'une capacité anti-aérienne à très courte portée (en jargon SHORAD pour "Very Short Range Air Defence") et de C-UAS, ainsi que de nouveaux véhicules blindés d'aide à l'engagement (VBAE) dans le cadre d'un programme mené avec la France sous l'égide de l'Organisation conjointe de Coopération en matière d'ARmement (OcCAR). 

Quant à la composante médicale, elle sera dotée d'un second bataillon médical et conservera son nouvel hôpital de campagne dit de "rôle 2" dans la terminologie de l'Otan.

1,55% du PIB

La trajectoire de croissance du budget de la Défense approuvée prévoit de consacrer en 2030 1,55% du Produit intérieur brut (PIB) à l'effort de défense - un concept plus large que le seul budget du ministère. L'Otan réclame à ses Etats-membres de tendre vers les 2% d'ici 2024, là ou la Belgique se situe, selon les derniers chiffres de l'Otan, en antépénultième place cette année, à 1,18%. 

A l'insistance du Premier ministre Alexander De Croo, la coalition Vivaldi a pris l'engagement, sous conditions, d'atteindre les 2% en 2035.

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