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La chouette cueillette à Plainevaux : une autocueillette qui marche à la confiance

Romain s'est lancé dans l'autocueillette au mois de juillet, pour montrer à ses enfants "d'où ça vient"
28 août 2020 à 09:20 - mise à jour 28 août 2020 à 09:202 min
Par Barbara Schaal

C’est un projet sans pesticide et sans intermédiaire qui vient de voir le jour à Plainevaux (Neupré). La chouette cueillette est un potager en autocueillette. Les clients payent un abonnement annuel et viennent cueillir les légumes qu’ils consomment. Un système guidé par des motivations écologiques et basé sur la confiance.

320 euros pour un an de légumes

A La chouette cueillette, c’est un parterre de choux qui accueille le cueilleur-client. Un camaïeu de bleus et de verts. " Des choux de Bruxelles, du chou vert, du chou chinois, du chou romanesco… ", énumère Pierre Xhayeteux, maraîcher, à l’origine du projet. Un peu plus loin, sous la serre, où flotte une forte odeur de basilic, les légumes d’été, plus fragiles : tomates, courgettes, poivrons, aubergines.

C’est sur un vaste terrain qui appartient à sa famille, dans une zone convoitée par les investisseurs et à proximité de maisons très cossues, que Pierre Xhayeteux veille sur ses légumes. Pour cette première année, 3000 mètres carrés sont cultivés, mais le maraîcher compte bien s’étendre petit à petit.

" Quand il y a des pertes, tout le monde assume ces pertes, quand il y a de l’abondance, tout le monde en profite. "

Le principe de cette autocueillette : chaque abonné adulte paye une cotisation annuelle de 320 euros. Ensuite, il vient autant de fois qu’il le souhaite, une ou plusieurs fois par semaine, récolter les légumes qu’il consommera, en quantité raisonnable. " Il n’y a pas vraiment de limite ", explique Pierre Xhayeteux. " Quand il y a des pertes dans les cultures, tout le monde assume ces pertes-là et quand il y a de l’abondance, tout le monde en profite. " Autre signe distinctif de La chouette cueillette : aucun pesticide n’est utilisé dans les cultures, même si la production n’est pas estampillée du label Bio.

"Les enfants voient d'où ça vient"

Sécateur à la main, Romain, un abonné a déjà son panier bien rempli. Au menu du souper familial : " potage à la courgette et au céleri ". Pour ce père de deux enfants d’un et trois ans, consommer " frais est bio " est une priorité, ce qui coûterait " très cher en magasin ". Parfois, cet infirmier à domicile se colle seul à la cueillette, sur ses temps de pause. D’autres fois, la virée au potager est le prétexte d’une excursion en famille. " Au moins, les enfants voient d’où ça vient ".

 

 

Pierre Xhayeteux a installé son autocueillette sur un terrain familial
Pierre Xhayeteux a installé son autocueillette sur un terrain familial RTBF

Pas de transport, pas de stockage, pas de sacs en plastique

Comme beaucoup, ce sont des motivations écologiques qui ont attiré Stéphane ici. " On ne peut pas faire circuit plus court ", estime cet habitant de la commune voisine. " Il n’y a pas de transport, pas de stockage, pas de sacs en plastique ". Stéphane a donc délaissé les supermarchés et accepté de chambouler un peu ses habitudes. " On était habitués à faire nos menus et à acheter les aliments en fonction de ces menus. Aujourd’hui, on voit ce qui est disponible et on adapte les menus en fonction. "

Succès fou et liste d’attente

Pour Pierre Xhayeteux, cette première saison de cueillette n’a pas été de tout repos. Entre la sécheresse et des problèmes d’approvisionnements en semences, les obstacles n’ont pas manqué. Pourtant, vu le succès que rencontre ce concept, il compte bien persévérer.

Pour l’instant, la Chouette cueillette n’est plus en mesure d’accueillir de nouveaux abonnés et la liste d’attente s’allonge de semaine en semaine, mais Le maraîcher compte bien, dans les mois à venir, augmenter ses capacités de production.

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