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La Conversation

La Conversation avec Christina Pluhar

10 déc. 2021 à 03:01Temps de lecture2 min
Par Camille De Rijck

Ce 16 décembre, Christina Pluhar et son ensemble L'Arpeggiata se produiront à Flagey au profit de Viva for Life dans un programme strictement napolitain, écho de leur dernier disque paru chez Warner. 

Comme les mesures du gouvernement interdisent les concerts de plus de 200 personnes, les musiciens se couperont littéralement en deux, vu qu'ils se produiront deux fois, à 18h30 et à 21h. (Le concert est dès à présent sold out mais sera diffusé sur Musiq3 le mercredi 22 décembre à 20h.) C'est dans cette séquence de grande incertitude que nous avons rencontré la musicienne, qui fonda son ensemble il y a vingt ans, à une époque où les femmes chefs d'orchestre étaient aussi rares qu'un sanglot dans une tarentelle. 

C'est dans la Autriche verdoyante - celle des cartes postales - que naît Christina Pluhar. Là où elle grandit, loin des villes, la musique baroque est chose inouïe. Captivée par ces sonorités venues d'un autre temps, elle s'inscrit au conservatoire de La Haie où elle bénéficie de l'enseignements de Papes de la discipline. La ville suisse est, à l'époque, comme aujourd'hui, l'une des places fortes de la musique ancienne. 

Devenue luthiste, théorbiste, harpiste, Christina Pluhar connaît pendant une décennie la vie des musiciens free-lance, bondissant de concert en concert, d'ensemble l'autre, jouant sous la direction de Jordi Savall, de Marc Minkowski, de Giovanni Antonini de Gabriel Garrido. Elle observe, étudie, scrute. Et puis un jour, elle fonde l'Arpeggiata.

À la fin des années 90, il pousse des ensembles baroques partout. Trois musiciens qui se rencontrent et jouent dans un festival lancent leur ensemble, comme ça, pour voir. Ce n'est pas forcément sérieux, mais l'expérience fait loi. Christina Pluhar, elle, est déterminée. Les valeurs esthétiques qui sous-tendent son geste restent indescriptibles. Les plus valeureux tentent une analyse, en soutenant par exemple qu'elle ose la rencontre entre les sonorités des musiques anciennes et populaires. D'austères musicologues froncent même les sourcils. Mais le succès est au rendez-vous. 

Surtout, Christina Pluhar, sait s'entourer de natures. Les chanteurs aves lesquels elle travaille sont de petits laboratoires humains, dans les crânes desquels se déroulent des révolutions esthétiques. Lucilla Galeazzi, Marco Beasley, Philippe Jaroussky et Céline Scheen comptent parmi ses compagnons d'armes, instruments indociles de la recherche joyeuse, bondissante et vive de Christina Pluhar. 

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