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Week-end Première

La crise sanitaire accentue la mémorisation de nos rêves

Le sommeil occupe un tiers de nos vies. On rêve pendant une partie considérable de nos nuits. La crise sanitaire aurait même envahi nos nuits et nos rêves. Explications avec le scientifique Pasquale Nardone.

Le sommeil et les rêves restent encore bien mystérieux et les chercheurs étudient encore abondamment leur raison d'être et leur fonctionnement. Pourquoi dormons-nous ? Pourquoi rêvons-nous ? Et pourquoi oublions-nous nos rêves ? 

Le sommeil a une durée moyenne de 7 à 8 heures. Des rythmes différents, que l’on peut mesurer par électroencéphalogramme, se succèdent au cours de la nuit, qu’on divise en périodes : la somnolence, puis le sommeil léger, le sommeil profond, et enfin le sommeil paradoxal.

Lors de ce dernier, l’activité du cerveau se réenclenche soudainement, on observe des mouvements rapides des yeux (rapid eye movement – REM), le rythme cardiaque réaugmente. Et lorsqu’on réveille les personnes pendant cette période-là, elles disent être en plein rêve.

Ces cycles de périodes se succèdent 3 à 5 fois par nuit, on rêve donc de 3 à 5 fois par nuit. Mais au réveil, tout est oublié.

Un sommeil altéré…

Une étude qui a porté sur 19.355 personnes adultes, dans 14 pays, a été publiée par Eirin Fränkl, chercheur à l’Institut de recherche sur la Conscience et le Rêve, à Vienne. On les a questionnées sur la qualité de leur sommeil et sur la fréquence à laquelle elles se rappellent leurs rêves. Les personnes à basse mémoire se souviennent de 3 rêves par semaine, d’autres de 3 à 10 rêves par semaine, et sont classées dans 'haute mémorisation'.

L’analyse a été faite avant le confinement et après le confinement, dans les 14 pays. Les chercheurs ont constaté que, depuis la crise sanitaire, la qualité du sommeil avait changé. Le stress dû au confinement, l’isolement social ont amené certaines personnes à être mentalement déstabilisées, provoquant une altération de la qualité de leur sommeil.

… et une augmentation des rêves

En même temps, les femmes ont augmenté de 50% la fréquence à laquelle elles se souviennent de leurs rêves. Les hommes, de 40%.

Cela dépend aussi de l’âge : les moins de 25 ans ont vu ce chiffre augmenter de 40%, les personnes âgées de plus de 65 ans, de 30%.

Cela dépend enfin du pays : les Finlandais et les Anglais ont plus de souvenirs de leurs rêves que les Chinois et les Hongkongais.

Plus on rêve, moins bien on dort ?

On sait qu’il y a un lien entre la qualité du rêve, la mémorisation de ce rêve et le stress post-traumatique. Lorsqu’on subit une traumatisation, la situation de stress entraîne plus de cauchemars. Et effectivement, avec le confinement, le nombre de cauchemars a augmenté.

Les chercheurs mettent donc en relation le comportement émotionnel pendant la journée et l’altération de la qualité du sommeil pendant la nuit, ainsi que la mémorisation potentielle des rêves, au réveil.

L’hypothèse qui est émise, et qui doit encore être confirmée, est que la charge émotionnelle liée à l’isolement et au confinement provoque un stress chez ces personnes et que ce stress dégrade la qualité de leur sommeil. Et l’une de ces dégradations consiste à se souvenir de ses rêves au lieu de les oublier…
 

Pasquale ramène sa science, écoutez ici

Week-end 1ère - Pasquale ramène sa science

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