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La dernière campagne betteravière est la pire des 10 dernières années

Récolte des betteraves

La campagne betteravière 2021-2022, qui vient de s’achever. Elle affiche le pire rendement des 10 dernières années se désole mercredi la Confédération des betteraviers belges (CBB) qui va jusqu’à s’inquiéter pour l’avenir de cette culture pourtant bien implantée en Belgique.

Selon la CBB, le rendement de la campagne 2021-2022 a atteint environ 85 tonnes de betteraves par hectare avec des taux de sucre plus faibles que les années précédentes. Des rendements décevants qui s’expliquent en grande partie par les conditions météorologiques humides et plutôt froides de la période avril septembre.

Quel avenir pour la culture de la betterave en Belgique ?

La CBB constate que depuis la fin des quotas en 2017, la rentabilité et l’attractivité de la culture betteravière se sont effondrées. "Cela dure depuis cinq ans maintenant. Année après année, le revenu des betteraviers s’est détérioré et certains n’ont pas d’autre choix que d’abandonner ou diminuer leurs hectares de betteraves. Nous en arrivons à nous demander si la culture de la betterave sucrière et la production de sucre bénéficient encore d’un soutien suffisant dans notre pays", s’inquiète l’organisation de producteurs.

Si d’un côté, la Confédération des betteraviers belges tire la sonnette d’alarme, elle réaffirme dans le même temps l’importance de cette culture dans notre pays. "Certes, cette culture est moins intéressante que par le passé d’un point de vue revenu, mais c’est une culture importante d’un point de vue agronomique. Elle résiste bien à la chaleur et donc au réchauffement climatique, elle est également importante dans la rotation des cultures" détaille Peter Haegeman, secrétaire général de la CBB.

Répercuter l’augmentation des coûts de production

Pour la CBB, "l’Europe doit oser reconnaître que l’abandon des quotas en 2017 était une erreur" car "pas moins de deux milliards d’euros en valeur sont transférés annuellement vers les industries utilisatrices de sucre et la distribution, sans qu’il y ait eu une diminution des prix payés par les consommateurs. Le maillon le plus faible de la chaîne de valeur, l’agriculture, s’en trouve encore davantage fragilisé".

Les betteraviers belges jugent que les producteurs de sucre ont "également une responsabilité écrasante" car ils "refusent de prendre en compte les coûts de production toujours plus élevés des agriculteurs (engrais, énergie, produits phytosanitaires, etc.) dans le paiement de la betterave sucrière".

Si un "vrai dialogue n’est plus possible", la CBB demande au gouvernement d’intervenir et de s’inspirer de législations d’autres pays, comme la France, visant à rétablir l’équilibre des relations commerciales entre producteurs et grande distribution à travers toute la chaîne.

"Aujourd’hui, les agriculteurs doivent décider de l’opportunité et de la quantité de betteraves à semer en vue de la campagne 2022-2023. Il est grand temps que l’industrie sucrière et les pouvoirs publics montrent qu’il y a encore un avenir pour cette culture. Sinon, l’intérêt pour celle-ci s’effritera encore davantage, avec toutes les conséquences que cela entraînera, non seulement pour les planteurs, mais aussi pour les fabricants de sucre eux-mêmes", conclut la CBB.

Pesticides dans les betteraves: sujet JT 14/01/2022

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