Monde

La faim extrême a augmenté de 123% dans dix des pays les plus fragiles face au réchauffement climatique

Le chef humanitaire de l’ONU, Martin Griffiths, a averti le 5 septembre 2022 que la Somalie était "à la porte de la famine" après avoir été frappée par quatre saisons des pluies ratées qui ont provoqué une sécheresse dévastatrice.

© YASUYOSHI CHIBA / AFP

16 sept. 2022 à 04:20Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Théa Jacquet

Dix des pays les plus vulnérables face aux risques climatiques, à savoir la Somalie, Haïti, Djibouti, le Kenya, le Niger, l’Afghanistan, le Guatemala, Madagascar, le Burkina Faso et le Zimbabwe, ont été frappés maintes fois par des phénomènes météorologiques extrêmes ces vingt dernières années, révèle ce rapport d’Oxfam intitulé "La faim dans un monde qui se réchauffe".

Aujourd’hui, dans ces pays, 48 millions de personnes souffrent gravement de la faim contre 21 millions en 2016, ce qui représente une augmentation de 123%. Parmi elles, 18 millions sont au bord de la famine.

Ce sont surtout les femmes et les petits agriculteurs qui sont les plus durement touchés par le réchauffement climatique et la faim qui en découle, dénonce Oxfam.

"Les changements climatiques ne sont pas une bombe à retardement"

"Les changements climatiques ne sont pas une bombe à retardement, ils explosent déjà sous nos yeux. Sécheresses, cyclones et inondations ont quintuplé ces cinquante dernières années et sont de plus en plus fréquents et de plus en plus mortels", déclare Gabriela Bucher, directrice générale d’Oxfam International

"Les chocs climatiques répétés sont en passe de donner le coup de grâce à des millions de personnes qui ont déjà été sévèrement touchées par les conflits en cours, le creusement des inégalités et les crises économiques", poursuit Bucher.

Celle-ci rappelle aux pays industrialisés leur responsabilité historique. "À l’origine de seulement 0,13% des émissions mondiales de carbone, les dix pays les plus sensibles aux risques climatiques font partie de ceux qui sont les moins bien préparés pour faire face au réchauffement planétaire", selon Oxfam.

Les profits des entreprises fossiles pointés

Les pays du G20, en revanche, qui contrôlent 80% de l’économie mondiale sont responsables de plus de 75% des émissions de carbone, constate l’organisme. Bucher appelle à des changements politiques nécessaires afin de gérer la double crise du climat et de la faim.

Les profits générés par les entreprises fossiles en moins de dix-huit jours suffiraient à financer la totalité des appels humanitaires lancés par l’ONU pour 2022.

En effet, "un impôt de seulement 1% sur les profits annuels de ces entreprises générerait 10 milliards de dollars (environ 10 milliards d’euros), soit de quoi couvrir la plupart des déficits de financement de ces appels liés à l’insécurité alimentaire lancés, par l’ONU", conclut sa directrice générale.

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