Biodiversité

La faune du désert américain est de plus en plus menacée par le changement climatique

La faune du désert américain est de plus en plus menacée par le changement climatique.

© JeffGoulden/Getty Images

15 nov. 2022 à 07:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec ETX

Si vous vous promenez au beau milieu du désert du Nevada, vous apercevrez peut-être un lézard, une tortue du désert ou une salamandre tigrée. Mais cette faune qui évolue dans les régions arides et désertiques de l'ouest des États-Unis est elle aussi menacée par le changement climatique, alerte une étude.

Jusqu'à 87% des espèces vouées à disparaître !

On connaît de mieux en mieux, grâce à la littérature scientifique, les risques qui pèsent sur les espèces animales qui évoluent dans des écosystèmes altérés par la crise climatique, que ce soient les forêts, les montagnes ou les océans. Mais les dangers qui menacent la faune des régions désertiques sont moins étudiés, soulignent des chercheurs américains du Western Ecological Research Center, qui viennent de publier une étude dans The Journal of Wildlife Management.

Les auteurs des travaux ont réalisé des recherches sur une vingtaine d'espèces d'amphibiens et de reptiles évoluant dans les déserts d'Amérique du Nord (560024 km² dans 13 écorégions). Selon les résultats obtenus, 76% de la zone géographique passée au crible pourrait subir une perte de 20% ou plus des espèces de reptiles et d'amphibiens. Toutefois, cette estimation est valable uniquement dans le scénario le plus optimiste, soit une diminution des émissions à partir de 2020 jusqu'à des émissions quasi nulles en 2100. À l'inverse, jusqu'à 87% des espèces actuellement présentes pourraient disparaître dans certaines zones dans le cadre du scénario climatique le plus pessimiste.

Les amphibiens seront les plus touchés

La plupart des zones présentant des pertes élevées étaient concentrées dans l'écorégion du plateau de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, le plateau Edwards au Texas et les Tablelands du sud-ouest au Nouveau-Mexique et au Texas. Ces menaces s'expliquent principalement par la disparition des habitats de ces espèces, avec une perte moyenne estimée à 34% dans le scénario le plus sombre. 

Les espèces les plus vulnérables sont celles qui ne peuvent pas parcourir de longues distances.

Les amphibiens sont les animaux qui devraient connaître les déclins les plus importants, avec des pertes moyennes de 47% et de 61% dans l'ensemble de la zone d'étude selon les scénarios climatiques. Cela concerne des espèces telles que la grenouille-taureau, la rainette des canyons, la grenouille léopard des plaines, le crapaud à taches rouges ou encore la salamandre tigrée de l'ouest. 

"Les régions désertiques sont souvent négligées dans les travaux de conservation mais de nombreuses espèces risquent d'être confrontées à une perte d'habitat dramatique si nous n'anticipons pas et ne planifions pas l'avenir", avertit dans un communiqué Richard D. Inman, chercheur-doctorant et co-auteur de l'étude.

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