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La ferme-théâtre de Martinrou à Fleurus se meurt dans l'indifférence

Ferme-théâtre de Martinrou, Fleurus
18 août 2020 à 04:43Temps de lecture2 min
Par Christine Borowiak

Plus les mois passent, plus les tensions deviennent importantes dans le secteur de la culture. Les opérateurs se disent oubliés des aides gouvernementales, et les petites structures commencent à craquer, voire sont menacées de disparition. C’est notamment le cas de la Ferme-théâtre de Martinrou, à Fleurus : elle pourrait fermer définitivement ses portes d’ici la fin de l’année. Un comble alors qu’elle était rentable avant la crise.

Des stages se déroulent pourtant durant tout l’été ici, mais c’est bien la seule activité qui fonctionne encore : La location des salles pour les évènements et mariages est à l’arrêt, les ateliers et le théâtre sont en suspens. Patrick Mincke, le directeur : "On a une place très importante dans le maillage culturel de la zone. Au niveau des stages, des ateliers, et du théâtre bien sûr, les gens de la région viennent ici parce qu’on a une offre diversifiée et qui fonctionne. On a été très rentables pendant des années, et c’est ça qui va causer notre perte aujourd’hui : c’est que comme on était rentables, on n’a pas été subventionnés." Et en effet, 60.000 euros de subventions par an, avec un loyer de 48.000 euros et quasi 7 employés à payer, ce n’est pas gras. "Nous aurions dû recevoir, lors de l’établissement de notre contrat programme de 2017, 220.000 euros de subsides. La ministre de la Culture de l’époque (Alda Greoli) en a décidé autrement". Lors du confinement, l’asbl a bien reçu une aide de la Fédération Wallonie Bruxelles. " 14.000 euros pour mars-avril, et… 1500 euros pour mai-juin !".

La rentrée qui sera déterminante. Quid des ateliers d’expression et créativité, très prisés habituellement ? Elisabeth Radar, en charge de ce secteur s’interroge : " Nous accueillons chaque année environ 300 personnes pour nos ateliers. Mais ici, j’ai beaucoup de questions sur la façon dont ça va se passer ! Si les conditions sont les mêmes que pour la partie "théâtre", on sera dans la panade !".

La question se pose en effet pour la salle de théâtre de 260 places. Avec les mesures de distanciation en vigueur, ce sera beaucoup moins : entre 70 et 80 spectateurs maximum. Patrick Mincke lance un appel à l’aide : "là, il va falloir nous aider plus ! Si non, c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles qui prendra la décision de nous regarder mourir. On mourra en faisant du bruit, mais on mourra, c’est sûr. C’est une question de mois ! On ne peut pas jouer les spectacles de la saison prochaine, payer les artistes, l’équipe, etc.… En ayant aussi peu de monde dans la salle. Donc, on devra mettre la clé sous le paillasson."

La voix se voile brusquement, l’émotion pointe. Le directeur conclura : "On se battra jusqu’à la dernière seconde, et on mourra debout".

 

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