Régions Brabant wallon

La firme biopharmaceutique UCB va investir jusqu’à 1 milliard d’euros dans son campus de Braine-l’Alleud

Le nouveau bâtiment "Inflexio" du campus brainois d’UCB devrait être opérationnel en 2024. Il servira d’usine de biotechnologie multiproduits à grande échelle.

© RTBF jch

Jusqu’à 1 milliard d’euros en 10 ans ! C’est le montant important que la société biopharmaceutique UCB va investir dans son campus de Braine-l’Alleud.

Objectif de la multinationale belge : développer et produire des traitements innovants en immunologie et en neurologie, pour traiter notamment la maladie de Parkinson, l’épilepsie ou la polyarthrite.

De nouveaux bâtiments sont déjà en construction, dont une usine de biotechnologie. Les projets brainois de la firme se veulent également durables et pourvoyeurs d’emplois.

Innover et développer

Acheté en 1964, le site UCB de Braine-l’Alleud est opérationnel depuis 1971. Il compte une cinquantaine de bâtiments répartis sur une surface de 55 ha. Actuellement, il occupe pratiquement 2500 personnes, dont environ 2100 sous contrat. Le site, qui évolue en campus, compte une cinquantaine de nationalités différentes. "Nous allons développer et moderniser ce campus", explique Jacques Marbehant, responsable des opérations industrielles chez UCB. "Nous allons produire des anticorps monoclonaux, c’est-à-dire des produits issus de la biotechnologie. Ceci traduit l’évolution d’UCB (Union chimique belge) qui est passée de la production de base chimique à des procédés de haute technologie dans le secteur biotechnologique. Nous voulons investir jusqu’à un milliard d’euros à Braine-l’Alleud dans les 10 prochaines années. UCB est inscrite dans des cycles longs. Il est évident que nous sommes attentifs à la conjoncture économique (difficile) que nous connaissons. Mais nos guidances intègrent ces différents éléments de conjoncture. Notre entreprise est une succes-story parce qu’il y a cette innovation, cet entreprenariat qui a renouvelé constamment sa science et ses infrastructures. D’ici 10 ans, si ces évolutions se portent bien, nous pourrons facilement employer 10% de travailleurs en plus".

Usine biotech

Après avoir commencé à investir, il y a 10 ans, dans sa première usine ("BioPilot") dotée de capacités de chimie, de fabrication et de contrôle pour les agents biologiques, UCB poursuit son évolution avec divers projets. Parmi ceux-ci : la construction d’une usine de biotechnologie multiproduits à grande échelle. Le bâtiment (baptisé "Inflexio") aura coûté environ 300 millions d’euros et sera opérationnel en 2024. Quelque 150 personnes devraient y travailler. Il fournira les installations nécessaires pour lancer et commercialiser les médicaments que la société a actuellement en développement clinique ou a récemment proposés.

Thérapie génique

L’entreprise veut aussi développer ses recherches et ses traitements en matière de thérapie génique. Cette évolution consiste à modifier la maladie plutôt qu’à traiter les symptômes. A terme, elle vise la guérison de certains patients. C’est dans cette optique que le campus brainois accueillera bientôt de nouvelles installations de thérapie génique d’une valeur de 200 millions d’euros. 100 personnes devraient occuper le nouveau bâtiment que l’on baptisera "Genesis". Pour faire face à la concurrence, UCB soutient l’initiative "Talent Now", de BioWin, qui a pour but de soutenir les talents de l’industrie biotech belge. L’inauguration du bâtiment "Genesis" est prévue pour 2024. "Depuis 10 ans, nous transformons le site et nous allons continuer. Nous avons d’autres défis à relever et nous allons de l’avant, y compris au niveau énergétique", précise Jacques Marbehant.

Un campus "vert"

A l’heure où citoyens et entreprises surveillent de près leurs compteurs électriques, UCB se doit de renforcer le volet durabilité de ses différents sites (8600 collaborateurs répartis dans près de 40 pays). A Braine-l’Alleud, depuis 2015, la firme travaille sur une série de projets permettant de réduire la consommation d’eau et d’énergie. Elle veut accélérer le mouvement pour réduire ses émissions de CO2, réduire son volume de déchets et atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2030. Parmi ces stratégies : une unité de traitement des eaux usées (réexploitables à environ 70%), la biométhanisation, la géothermie, la cogénération et l’installation de panneaux solaires, en partenariat avec la commune (la plus grande "ferme" de panneaux solaires de Wallonie, prévue d’ici l’été 2023).

CNE prudente mais optimiste

Notons enfin que la CNE, syndicat majoritaire sur le site brainois, se montre plutôt confiante suite aux annonces de la direction. "Certes, nous restons prudents car il y a eu des transformations douloureuses pour le personnel, il y a quelques années. Mais le secteur est solide. Et la direction sait s'adapter et se tourner vers l'avenir. On ne craint pas non plus de délocalisation", explique le permanent CNE Michel Barbuto. Les représentants des travailleurs veilleront notamment à ce que les coûts réels des projets restent dans les clous. On pense notamment à l'augmentation du prix de matériaux de construction.  
Les projets d’UCB Braine sont soutenus par la Région wallonne et la BEI, la Banque européenne d’investissement.
 

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