"La grosse difficulté chez nous, ce n’est pas que les mesures ne sont pas assez dures mais plutôt qu’elles ne sont pas assez suivies" estime Marius Gilbert, épidémiologiste à l’ULB.

© Tous droits réservés

04 oct. 2020 à 23:52 - mise à jour 05 oct. 2020 à 20:52Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

2000 nouveaux cas par jour en moyenne et 20 décès enregistrés en 24 heures, cela n’était plus arrivé depuis plusieurs mois. La stabilisation espérée n’est clairement pas d’actualité. Au contraire, on constate à nouveau une nette augmentation du nombre de cas, et ce dans toutes les provinces et dans tous les groupes d’âge : voilà en substance le message passé par Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19.

Pour analyser la situation, Frédérique Jacobs, Chef du service d’infectiologie à l’hôpital Erasme, et Marius Gilbert, épidémiologiste à l’ULB, étaient les invités de Questions en Prime.

"Nous n’avons pas beaucoup de moyens de lutter contre le virus. Il n’y a pas de traitement véritablement et nous n’avons pas encore de vaccin ; la population doit comprendre que les mesures sanitaires et les gestes barrières sont essentiels", explique Frédérique Jacobs.

Pour Marius Gilbert, il ne faut pas céder à la peur ou à une anxiété excessive mais il s’agit de rester vigilant. "Si les statistiques que nous connaissons en ce moment restent stables, je signe des deux mains. Les chiffres sont significatifs mais ils sont gérables. Tout l’enjeu est de maintenir le taux de transmission au niveau actuel, de façon qu’il n’augmente pas ou du moins, le moins possible".

Faut-il durcir les mesures actuelles ?

Au vu des chiffres, le nouveau ministre de la santé, Frank Vandenbroucke, recommandait ce week-end, de limiter la bulle de contact à seulement trois personnes. Pour Marius Gilbert, il ne faut pas prendre ce discours au pied de la lettre, mais bien en comprendre le sens.

"La grosse difficulté chez nous, ce n’est pas que les mesures ne sont pas assez dures, mais plutôt qu’elles ne sont pas assez suivies. Si les chiffres continuent à augmenter, il faudra inévitablement mettre en place des règles plus fortes. La grande priorité politique est que la population s’approprie les mesures et les applique dans la vie quotidienne".

Trop de contaminations chez les étudiants

Les contaminations sont en nette augmentation chez les jeunes. Pourtant, à entendre le recteur de l’UCL, Vincent Blondel, "les étudiants portent le masque au cours. Tout porte donc à penser que ces contaminations se déroulent hors des sessions de cours… Il ne serait a priori pas utile de fermer les auditoires".

Frédérique Jacobs insiste tout de même sur un message à faire passer aux jeunes : "Si la mortalité est faible dans cette tranche d’âge là, il n’empêche que les jeunes peuvent aussi tomber malades et souffrir de séquelles comme la perte de goût et d’odorat, et ce pendant plusieurs semaines. D’autres pathologies peuvent aussi être associées. Le véritable problème, c’est évidemment que ces jeunes rentrent dans leurs familles le week-end, et qu’ils peuvent dès lors infecter leurs proches. D’ailleurs, ce sont principalement dans les foyers familiaux que l’on constate le plus grand volume de contaminations."

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus