Guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine entraîne-t-elle un sentiment anti-russe en Belgique ?

La guerre en Ukraine entraîne-t-elle un sentiment anti-russe en Belgique ? Photo d'illustration
12 mars 2022 à 17:06 - mise à jour 12 mars 2022 à 19:14Temps de lecture2 min
Par Wahoub Fayoum, avec Benjamin Carlier

Plusieurs milliers de Russes et de russophones habitent en Belgique. Avec l’invasion russe et le déclenchement de la guerre en Ukraine, cette communauté se dit aujourd’hui victime d’amalgame et de russophobie.

Beaucoup de membres de cette communauté ne soutiennent pas la guerre en Ukraine. Pourtant, chez nous certaines personnes se sont fait insulter ou intimider ces derniers jours. C’est le cas d’Ilena. Cette jeune Russe de 25 ans est installée en Belgique depuis deux ans. Elle est venue y rejoindre son compagnon tout près de Charleroi.

Un sentiment de peur

Très active sur les réseaux sociaux, elle a reçu dernièrement des messages et commentaires agressifs et haineux. "La plupart des messages disent que je dois mourir, explique-t-elle, juste parce que je suis russe. Ils disent que je dois être condamnée pour cela alors que je n’ai rien fait de mal."

Elle est choquée, elle ne peut pas envoyer d’argent ni de cadeaux à sa famille en Russie, et cela aussi la rend très triste, même en colère.

La jeune femme a peur de ne plus être engagée nulle part à cause de son accent et de ses origines. D’ailleurs, elle ne se sent plus en sécurité aujourd’hui dans notre pays. "Pour moi, c’est très triste que dans un pays démocratique comme la Belgique, je ne me sente pas en sécurité pour le moment. C’est pour cela que je dois cacher mon visage et mon nom. C’est parce que j’ai peur."

"Une amie russe à moi était au restaurant à Anvers avec des mais russes, et ils parlaient russe ensemble, raconte-t-elle. Des hommes ukrainiens sont venus, et ils ont commencé à devenir agressifs. Et donc oui j’ai peur".

L’incompréhension

La situation est moins dramatique pour Helena Bourenina, mère de famille installée depuis plus de 20 ans chez nous. Elle n’a pas encore subi d’attaque personnelle jusqu’à présent. Mais son fils, à moitié Ukrainien pourtant, doit lui régulièrement se justifier à l’école. "Je me suis sentie attaquée en voyant toutes les discriminations qui sont sur les réseaux sociaux, tout ce que je peux lire comme commentaires haineux, pas envers Poutine, ce qui serait logique, mais envers les Russes. Et ça, c’est quelque chose qui m’a réellement mise en colère", dit-elle.

Helena Bourenina ne comprend pas ce sentiment de haine qui se développe à l’égard de la population russe un peu partout en Europe car, elle comme beaucoup de ses compatriotes en Belgique, s’opposent à cette guerre.

Patrick Charlier, directeur d’Unia, organe indépendant qui lutte contre la discrimination, confirme cette tendance inquiétante. "On a des informations par des collègues qui sont en contact eux-mêmes avec la communauté russe ou russophone, qui nous relaient des préoccupations, mais les plaintes n’arrivent pas jusque chez nous encore, explique-t-il, estimant qu’Unia doit encore être peu connu par les membres de cette communauté. "Dans les cas les plus graves, si on parle de coups et blessures par exemple, on peut venir en aide et en soutien aux victimes."

Sur le même sujet, au JT de 19h30 (12/3/2022) :

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