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La justice climatique : priorité face au réchauffement global

"What do we want ? Climate Justice ! When do we want it ? Now !" Vous avez peut-être déjà entendu ce slogan, souvent scandé au cours des marches pour le climat. La "justice climatique", c’est un concept simple qui tourne autour de deux points :

  1. Ce sont souvent les plus pauvres qui sont les premiers touchés par les changements climatiques : par les catastrophes mais aussi le manque d’eau ou de nourriture, etc.
  2. Les personnes les touchées sont les moins responsables des changements climatiques

La preuve en chiffres : la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’a produit que 10% des émissions de gaz à effet de serre, alors que les 10% les plus riches sont eux responsables de 52% des émissions.

Concernant les victimes, on pense bien sûr d’abord aux pays du Sud, mais ça concerne en réalité les communautés les plus modestes de tous les pays. Par exemple à Verviers, aux inondations de juillet dernier, les maisons les plus impactées étaient évidemment celles proches de l’eau. Des quartiers où résident majoritairement des personnes avec des revenus plus faibles (en rouge sur la carte ci-dessous), alors que les habitants plus aisés vivent plutôt sur les hauteurs.

Répartition des revenus moyens à Verviers.
Répartition des revenus moyens à Verviers. Stabel + Centre Jacky Morael

Et c’était aussi pareil à New York, en septembre 2021 pendant la tempête Ida, où les victimes étaient souvent plus pauvres parce qu’elles sont restées coincées dans leur appartement au sous-sol des immeubles.

En résumé : moins on a d’argent, plus on habite dans des zones exposées et moins on a de possibilités d’évacuer. Et rajoutons aussi que dans les pays du Sud, les populations dépendent souvent de leur production agricole pour manger, dont les rendements sont de moins en moins prévisibles…

Les pertes et les préjudices

Pour faire face à l’injustice climatique, il n’y a qu’une seule voie possible : la solidarité. "Quand une catastrophe naturelle survient dans un pays, il peut y avoir des mécanismes de solidarité qui vont exister. Mais il n’y a pas de mécanisme international qui régit tout ça, et la solidarité peut être à géométrie très variable. Il n’y a pas de règle vraiment en la matière, constate Sarah Frères, journaliste pour le magazine Imagine"Et donc en termes de solidarité internationale et de justice climatique, qui est un sujet dont on parle de plus en plus, on a ce qu’on appelle les pertes et les préjudices. Ce sont les disparitions qui sont liées à la crise climatique. Les pertes et les préjudices peuvent être liés à des événements climatiques extrêmes comme ceux qu’on a connus en Belgique l’été dernier (les inondations de juillet 2021, NDLR), mais aussi à des événements climatiques beaucoup plus lents comme l’érosion des côtes ou la dégradation des sols."

Face aux catastrophes naturelles, la solidarité peut être à géométrie très variable.

La reconnaissance des pertes et préjudices subis par les populations s’impose comme la troisième priorité, après l’atténuation et l’adaptation, de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais se pose surtout la question du dédommagement. "Comment on va financer tout ça ?, s’interroge Sarah Frères. Parce que les pays du Sud font maintenant bloc pour formuler une demande commune d’un mécanisme de compensation financière. Leur demande va-t-elle être entendue par les gouvernements des pays les plus riches ? Pour l’instant, seules l’Ecosse et la Wallonie sont les premiers à avoir dit qu’ils étaient d’accord pour mettre un mécanisme de compensation financière en place. Les autres vont-ils suivre ou pas ?"

Une question de survie

Comme le publiait déjà le CNCD-11.11.11 en 2015, des spécialistes réfléchissent depuis des années à la manière de concrétiser ce mécanisme d’aide international. L’organisation explique qu’il pourra, par exemple, s’appuyer sur des initiatives régionales d’assurance climat qui existent déjà (par exemple dans les Caraïbes ou en Afrique) ou sur des initiatives de micro-assurance qui viseront par exemple à assurer des petits paysans d’un complément financier en cas de récolte abîmée par les aléas climatiques.

Si les pays riches craignent que la reconnaissance d’un financement pour les pertes et préjudices ouvre une boîte de pandore, les pays du Sud n’ont pas le choix que de continuer à batailler. Pour eux, comme l’affirme le CNCD-11.11.11, c’est une question de survie.

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