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La ligne de train Tournai - Mouscron ou la course contre la montre d'Infrabel : 96 jours et 32 millions d'euros pour tout refaire

Le train à remplacement de traverses écarte le rail et, grâce à sa roue crantée, l’enlève et la remplace par un équivalent en béton. Ses utilisateurs peuvent ainsi traiter plus d’un kilomètre de traverses par jour.

© P.B.

11 sept. 2021 à 05:30Temps de lecture2 min
Par Pierre Buchkremer

Le trafic ferroviaire est totalement interrompu entre Tournai et Mouscron jusqu'au 6 décembre. La raison ? Le besoin d'un rafraîchissement généralisé des infrastructures, des voies à la caténaire en passant par la signalisation.

Trois mois, c'est à la fois très long et très court. Très long pour les usagers de la ligne Tournai-Mouscron, contraints d'embarquer dans des bus de remplacements jusqu'à la Saint-Nicolas. Très court, à l'inverse, pour les 150 personnes à l'œuvre pour remettre à neuf une ligne longue de 16 km (et six autres dès le 8 novembre entre Tournai et Lille-Flandres) et vieillissante à plus d'un titre. "Les effectifs travaillent sur ce tronçon de ligne 24h sur 24 dans sept disciplines différentes. L'ampleur du travail est telle que le mot 'prouesse' n'est pas exagéré", expose Frédéric Sacré, porte-parole d'Infrabel, le gestionnaire de réseau national.

Les porosités présentes dans le rail peuvent provoquer des brisures. La sécurité n'était plus garantie

La partie visible du travail concerne le remplacement des rails, vieux de trente ans. "Les porosités présentes dans le rail peuvent provoquer des brisures en cas d'écart de température. La sécurité n'était plus garantie", explique François Leroy, ingénieur responsable des voies. L'état du chemin de fer avait déjà conduit la limitation de vitesse pour certaines portions, passant de 140 à 100 km/h. "Ces conséquences sur la vitesse limite autorisée allaient rapidement se généraliser sur l'ensemble de la ligne", précise Frédéric Sacré.

L'investissement total s'élève à 32 millions d'euros, ce qui fait de ce projet l'un des chantiers les plus importants de l'histoire récente du rail belge.

Parmi les principaux ouvrages amorcés, notons :

  • Le renouvellement de 9 aiguillages et de 76 km de rail, avec le remplacement de 31.500 traverses en bois par des équivalents en béton ;
  • Une modernisation de la signalisation ferroviaire, avec l'introduction d'un système de contrôle permanent de la vitesse des trains. "Si le conducteur est distrait et qu’il roule à 145 km/h, le système va le ramener à 140 km/h. De même, si on lui enjoint de réduire sa vitesse à 60 km/h et qu’il ne le fait pas, le même système va le freiner graduellement", illustre le représentant d'Infrabel ;
  • La construction de chapes d’étanchéité pour sécuriser 5 ponts. "C’est l’équivalent de la toiture d’une maison, il s’agit de faire en sorte que l’eau ne mette pas en péril ces ouvrages", explique Laurent Leoskool, ingénieur responsable de cette section.

 

Le gestionnaire Infrabel a donc privilégié l'option de la coupure complète, a contrario des renouvellements traditionnels opérés voie par voie. "C'était ça ou on était parti pour 3 ans !", concluent François Leroy et Frédéric Sacré.

Duplex dans notre journal du 30 août :

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