Sur un air de cinéma

"La longue route de sable" de Pasolini, plongée dans l’exposition Pasolini de Chantal Vey à la Cinematek

23 févr. 2022 à 12:09Temps de lecture2 min
Par Pascale Vanlerberghe

Et si, le temps d’un été, nous traversions l’Italie en compagnie du cinéaste et poète, Pier Paolo Pasolini et de la photographe actuelle, Chantal Vey. La Cinémathèque royale de Belgique prévoit une vaste exposition et rétrospective cinématographique, consacrée à Pier Paolo Pasolini en mars 2022. Un rendez-vous entre arts plastiques et cinéma. Ce qu’aurait aimé Pasolini.

Le 5 mars 2022, nous célébrerons le centenaire de la naissance du cinéaste italien, Pier Paolo Pasolini, poète, dramaturge et pédagogue dont la pensée visionnaire résonne encore aujourd’hui.

Avec humanité, il a réussi à traduire dans une œuvre cinématographique de grande ampleur, le quotidien du peuple italien, en n’hésitant pas à choquer les politiques de son temps.

Chantal Vey, Pier Paolo Pasolini Iconografia_16A, Roma, 2019
Chantal Vey, Pier Paolo Pasolini Iconografia_16A, Roma, 2019 © Chantal Vey

L’artiste photographe française Chantal Vey, vivant et travaillant à Bruxelles a repris "la route empruntée" ou "l’itinéraire emprunté" par Pasolini lors d’un voyage d’été de 1959 au volant de sa Millecento, mais à rebours. Celui qu’il décrit dans son essai, "La Longue route de sable", et qui coïncide avec le film "Comizi d’Amore", un film sorti en 1964 dont on parle moins dans la filmographie de Pasolini, et qui se déroule comme un reportage d’enquête où Pasolini tend son micro aux Italiens et italiennes de tous milieux sociaux pour les faire parler de normes et libertés sexuelles. Un conformisme que Pasolini aimait secouer.

Chantal Vey a repris cet itinéraire, seule au volant de sa camionnette, revisitant les lieux qu’il décrivait, soixante ans auparavant.

Cette exploration du territoire italien a amené Chantal Vey à parcourir des milliers de kilomètres, à collecter des photographies, des vidéographies, des sons, des mots… Comme pour Pasolini, cette quête a une valeur poétique, bien plus qu’un témoignage documentaire.

Nous en parlerons avec la curatrice de l’exposition, Maëlle Delaplanche.

Sur un air de cinéma

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" Ischia, juillet.

Je sors de l’hôtel. Il pleut encore un peu. Je suis seul. Seul, et j’emmène avec moi mes deux yeux, plus ingénus et heureux que je le croyais. Seul : moi et Ischia. Moi et des milliers de choses, et des milliers de gens. Tout est nouveau.

La nuit tombe. Tout Casamicciola est sur le port. Natifs et vacanciers se confondent. C’est la grande fête des longs jours d’été… "…

Extrait de La longue route de sable – Pier Paolo Pasolini. (Éditions Arlea)

Romancier, poète, cinéaste, Pasolini a passé la société Italienne à la loupe, l’a mise en mots et en images, dans toute sa rugosité. Avec toujours ce mélange d’archaïsme et de grâce mystérieuse qui définit son œuvre jusqu’à sa fin tragique, à l’âge de 53 ans.

La musique, elle aussi, suivra un itinéraire : celui des bandes-son des films de Pasolini choisies avec goût par l’artiste, et signées J.S Bach, Vivaldi, et Ennio Morricone, son ami.

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